vendredi 28 avril 2017

Pourquoi faut-il sortir de l’UE ? (1ère partie)

La véritable question sous-jacente pour laquelle les partis européistes sont clairs, c’est-à-dire on reste, est abordée par les autres partis avec des précautions telles que l’on ne sait plus au bout du compte s’il s’agit d’un petit ou d’un grand réaménagement des traités, de la sortie de l’euro, de la sortie éventuelle de l’UE sous référendum ou d’une véritable proposition de sortie en cas de victoire à la présidentielle. Tout le monde politique ou presque donne l’impression de manier une patate chaude et de manquer de volonté ou bien même de ne pas être convaincu. Même Emmanuel Macron, qui  s’empresse, après l’affirmation de sa volonté de rester dans l’UE, de tempérer aussitôt en parlant de réaménagements nécessaires sans s’étendre plus sur le sujet. Il s’ensuit une grande confusion dans les esprits des électeurs qui ne savent même plus si on peut ou non sortir de l’euro en tapant le poing sur la table. On ne sait plus quel est le lien entre le traité de Schengen et l’UE, sans parler de celui de l’OTAN avec la même UE.

Mais cette réticence, à aborder froidement et calmement ce sujet, crée un sentiment de peur chez l’électeur, lequel pense que si l’on cache c’est que la sortie de l’UE serait réellement catastrophique. Du coup le « un tien vaut mieux que deux tu l’auras » reprend tout son sens et on ne fait même plus le bilan des 20 dernières années dans l’UE et des 16 dans l’euro. Je crois qu’il faut tout-de-même regarder quelques chiffres qui sont soigneusement évités. En 1985 le nombre de demandeurs d’emploi de la catégorie A s’élevait à 2.249.000, en mars 2017 il est de 3.508.100, soit 1.259.100 de plus ou +35,9%. Evidemment la population a augmenté puisque en mars 1985 nous étions 56,45 millions d’habitants et que nous serions 64,8 aujourd’hui, soit 8,35 millions de plus soit 14,8% de plus qu’en 1985. En conclusion déduction faite de l’évolution démographique, depuis Maastricht le chômage, ressenti par la population, a réellement augmenté de 21,1%. 

Voilà qui vient remettre à leurs places les belles promesses de l’UE du plein emploi. Mais il ne s’agit que de la catégorie A et, toutes catégories confondues le nombre est de 6,2335 millions en mars 2017. Sur les 9 derniers mois, nous avons encore repris 44.400 demandeurs de plus toutes catégories confondues. La courbe du chômage ne s’inverse pas comme le montre le graphique ci-contre. Nous sommes sur un palier mais les radiations sont importantes et nous avons des contrats aidés et des formations qui augmentent et ne sont que des cautères sur des jambes de bois car le marché du travail ne peut pas éponger les demandeurs avec une croissance faible.

A ce propos, l’UE nous a-t-elle permis d’augmenter notre croissance ? L’INSEE vient de publier ce graphique de l’évolution du produit intérieur brut sur les vingt dernières années. On constate visuellement que le taux de croissance trimestriel passe de 1% à 0,3% en 20 ans soit une baisse de 0,7% ou 3,6% ramené à l’année. Là encore l’UE ne nous a rien apporté de bon. Mais regardons ces chiffres de plus près en s’intéressant cette fois au PIB/habitant car entre début 1997 et 2017, la population a augmenté passant de 59,75 millions à 64,8 soit +8,45% ou +0,42% par an. Si le PIB augmente de 0,3% par trimestre soit 1,2% par an, l’augmentation du PIB/habitant, qui est corrélé à notre pouvoir d’achat, n’est plus que de 0,8%. Ceci est à comparer au 4%/an en 1997 où le PIB/habitant augmentait donc de 3,6%/an. 

L’UE ne nous a pas protégés puisque le continent européen est comparativement en recul mondial. C’est l’OCDE qui nous fournit ces chiffres intéressants entre 2010 et 2016 sur le PIB/habitant. L’augmentation du PIB/habitant de l’OCDE est globalement de 8,3% entre ces deux années, de 5,7% pour l’UE et de 4,0% pour la zone euro. On voit bien que l’UE est en retard et que l’euro n’est pas un avantage. On note que la France fait 3,4% ce qui la place désormais en-dessous de la moyenne de la zone euro. Mais l’euro profite à l’Allemagne dont le PIB/habitant progresse de 6,9% tout en étant en-dessous de la moyenne de l’OCDE. L’Allemagne qui a subi le choc de la réunification non seulement progresse plus vite mais sont PIB/habitant est 14,7% au-dessus du nôtre. Elle engrange 248 Mds dans sa balance des paiements quand nous en perdons 47. Mais la situation est bien pire en Italie et en Grèce. Le PIB/habitant en Italie a perdu 3,5% en six ans et est 21,6% inférieur à celui de  l’Allemagne, sa dette publique flambe. La situation n’est pas meilleure au Portugal où le PIB/habitant a baissé de 0,9% et est à inférieur de 36,6% à celui de l’Allemagne. C’est pire encore en Grèce où le PIB/habitant a diminué de 15,8% et où il est de 44,5% inférieur à celui de l’Allemagne.

On trouverait aussi des disparités écrasantes entre l’Allemagne et l’Espagne, l’Italie, la Grèce et même la France en ce qui concerne le taux de chômage. L’UE devait rapprocher les économies des pays et nous apporter la prospérité. Il n’en est rien. Les pays du sud s’appauvrissent au profit de quelques pays du nord dont principalement l’Allemagne, et les écarts s’aggravent. L’UE elle-même dans sa globalité est moins performante que la moyenne des autres pays de l’OCDE. Elle n’apporte pas la prospérité et elle ne sert qu’à des transferts d’argent du sud vers le nord. L’euro est clairement un carcan monétaire pour les pays à moindre compétitivité. Cela ne va pas pouvoir durer bien longtemps. De plus on ne peut pas nous raconter qu’il n’y a pas de vie possible en dehors de l’UE, la Norvège, la Suisse et l’Islande en témoignent. Le PIB/habitant de la Norvège est supérieur de 38,8% à celui de l’Allemagne, celui de la Suisse de 25,6%, celui de l’Islande de 7,8% et il a cru de 20% en 6 ans. Il va falloir cesser l’argument de la difficulté de comparaison en raison de la petitesse de ces trois pays. L’Australie a eu en 6 ans une croissance de son PIB/habitant de 7,5% et il est supérieur de 5,5% à celui de l’Allemagne. 

Il n’y a économiquement aucune raison factuelle

Qui prône ne faveur de l’Union européenne. 

Elle ne fait que creuser les disparités

Et appauvrir les pays du sud. 

Les vrais gagnants c’est…

L’oligarchie financière 

Qui la couvre !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon