samedi 1 avril 2017

Asselineau, symbole de l’escroquerie démocratique


Parmi les "petits" candidats, dont j’exclurais Dupont-Aignan et son mouvement "Debout la France" car par son mandat de député celui-ci a eu de nombreuses occasions de se faire entendre, un candidat retient particulièrement l’attention, François Asselineau. La comparaison avec Dupont-Aignan est d’ailleurs intéressante. Il y a des points communs puisque ces deux candidats ont été exclus du premier débat sur TF1 et ils sont tous deux demandeurs d’une sortie de l’euro. Sur le débat démocratique, ils s’insurgent tous les deux sur la loi Urvoas qui les prive de temps d’antenne en raison du principe d’équité qui privilégie les "gros" candidats par rapport aux petits sous prétexte de leur plus grande représentativité aux dernières élections ou dans les sondages. Cette loi a pour effet de freiner toute émergence d’un nouveau candidat et de conforter les situations électorales acquises. C’est une loi d’inégalité parfaitement anti-démocratique. La réaction des deux candidats a d’ailleurs été différente, Dupont-Aignan attaque TF1 en quittant son journal télévisé pour marquer son courroux, Asselineau s’insurge et demande aux candidats retenus de se désister. Evidemment, après une petite phrase pour déplorer l’absence des autres, le débat sur TF1 a bien lieu, ce qui montre bien que les participants se réjouissent de disposer d’une tribune entre eux.

Si Dupont-Aignan, par son siège de député et par des actions voulues voyantes, a attiré régulièrement les médias depuis le début du quinquennat, François Asselineau n’a pratiquement pas pu disposer des médias mainstream, presse, radios et télévisions. Pourtant les médias périphériques et locaux lui ont permis d’exister, et surtout une grande utilisation des réseaux sociaux qui en ont fait l’une des personnalités politiques les plus regardées. Son mouvement politique, l’Union Populaire Républicaine, est né pour le cinquantième anniversaire du Traité de Rome le 25 mars 2007. Très confidentiel au départ, il est issu de la volonté de repartir sur les bases du Conseil National de la Résistance de De Gaulle qui avait créé un consensus national réunissant des représentants de tous les partis politiques parmi lesquels le parti communiste avait une part très importante. Très confidentiel au départ, ce mouvement qui affichait le Frexit comme acte premier avait peu de chances d’être entendu à l’époque où bien sûr la sortie de l’euro était honnie. La candidature de François Asselineau à la présidentielle de 2012 avait buté sur les parrainages avec 17 déposés et ce n’est qu’aux élections suivantes que le mouvement réussissait à approcher les 1% avec une couverture très partielle du territoire. 

Mais ce parti émergeait aux dernières élections européennes sans que cela lui donne accès par la suite aux médias principaux. Resté dans l’ombre d’une certaine confidentialité à portée locale, le mouvement a progressé et trouvé devant lui les portes des médias de plus en plus closes, médias acquis à plus de 90% à une UE et un euro protecteur, chéris par les propriétaires de ces médias. Son éclosion n’a été reconnue finalement que par son arrivée dans les 11 candidats officialisés au grand étonnement réel ou plutôt feint des grands médias. Depuis François Asselineau commence à être connu du grand public sans avoir la chance de faire partie des publications des sondages tant son score est annoncé faible. Il y a de toute évidence non concordance avec la croissance du nombre d’adhérents qui dépasse les 22.300 avec 70% de plus depuis le 1er mars.

Si l’on y ajoute une présence de son site sur Youtube avec 10 millions de vues soit 8 fois plus que celui de Macron, ainsi qu’un pourcentage de progression des « j’aime » sur Facebook plus importante que Fillon en un mois, il est probable que ce candidat fera parler de lui de plus en plus au fur et à mesure que les médias l’accueilleront. Il a pour lui l’avantage de la nouveauté, tout-au-moins aux yeux de la majorité de nos concitoyens. Il apparaît, comme Macron, pour la première fois dans les candidats officiels à la Présidentielle. Mais il se différencie de lui par le fait que son mouvement s’est structuré depuis 10 ans et a affronté des élections au contraire de celui de Macron et a donc une base plus solide et fiable. Ces deux hommes ont eu un poste d’inspecteur des Finances, même si la différence d’âge fait que l’expérience n’a pu être acquise dans ce poste par Macron qui a préféré la Banque Rothschild. L’inspecteur Asselineau a une longue carrière dans différents cabinets ministériels et participé à de nombreux voyages à l‘étranger auprès de ses Ministres. 

L’homme n’est donc pas un nouveau venu dans les allées du pouvoir. Sa vision de 2007 s’y est forgée et n’a pas varié aujourd’hui. L’homme se présente comme au-dessus des partis, attitude que devrait avoir d’ailleurs le futur Président, attitude constitutionnelle perdue depuis longtemps. Son expression est claire et ses interviews ne présentent pas les faux-fuyants habituels des candidats. Son désir de réconciliation nationale lui sert à repousser les extrémistes comme Marine Le Pen et Mélenchon même si ceux-ci présentent des aspects de non-conformisme au Système des Hamon, Macron et Fillon. Sa vision d’une France non repliée sur elle-même et se servant de la francophonie pour lui donner un espace de rayonnement, comme le Royaume-Uni se sert des restes du Commonwealth, lui donne un contre-feu à l’accusation de protectionnisme isolationniste. Ceci lui permet de gommer son image de droite et il y ajoute des volets sociaux avec le SMIC à 1300 et le minimum vieillesse à 900 ou 1000 pour tous.

Du côté des recettes on peut noter le souci d’un retour à une structure administrative française rejetant les régions et les regroupements forcés de communes dont il espère des économies substantielles et l’évitement d’un risque de régionalisation de l’UE aboutissant à la suppression des nations. Par contre le fait de ne pas sortir sans un référendum du Traité de Schengen n’apporte pas une réponse cohérente au flux migratoire qui met l’Allemagne en difficulté et la Chancelière. Sur ce point François Asselineau est discret et a semblé éviter le sujet. On est en droit de se demander si cette position de rassemblement rejetant l’extrémisme, qui lui permet en termes politiques de ratisser large, n’est pas une manière de ne pas répondre à ce que le Président devra faire en face de la montée d’une population musulmane due à l’immigration et à la fécondité supérieure. On ne peut pas penser que la réduction promise du chômage suffira à régler ce problème de nombre mais aussi d’assimilation. 

Le renforcement du budget de la Défense et des forces de sécurité intérieure ne dit pas quel sera son attitude devant les attentats terroristes. Or ceci fait partie des tâches constitutionnelles du futur Président, même si l’arrêt prévu des guerres inutiles au Moyen-Orient par la sortie de l’OTAN sont de nature à diminuer la menace. Sa discrétion sur ce sujet est identique sur un autre sujet de la plus grande importance, à savoir l’approvisionnement énergétique et la production électrique en particulier puisqu’il y va de l’indépendance de la France. Le rejet de ces sujets vers les référendums n’est-il pas seulement soit une défausse d’un futur chef de l’État ou une manière d’occulter des clivages possibles nuisant à son image de rassembleur ?

Par son expérience, la clarté de son projet Frexit, son attitude de rassembleur, François Asselineau va peser dans l’élection présidentielle bien au-delà des sondages qui montrent d’ailleurs leur incapacité volontaire ou non de donner une image même instantanée de l’opinion publique. Il a devant lui une masse d’abstentionnistes de 30% du corps électoral et de 20% d’indécis. Sa nouveauté, son souci d’informer dans un type de discours totalement différents de celui des grands candidats, peuvent déclencher un phénomène de masse identique à celui qui a porté Donald Trump et le Brexit même si les visions politiques américaines, anglaises et françaises sont différentes.

Rien n’est joué pour ces élections présidentielles 

Sauf qu’il s’agit en 2017 d’une élection vitale

Pour l’avenir de notre pays France 

Et la plus importante depuis

Les tournants de 1974, 

Et de Maastricht !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon