mercredi 26 avril 2017

Pourquoi l’abstention respecte les principes fondamentaux de la démocratie



Mes deux derniers articles sur le vote utile et l’abstention ont suscité de nombreux commentaires très gentiment désapprobateurs. Je remercie ces lecteurs pour la qualité de leurs réponses, qualité qui mérite qu’à mon tour je revienne sur le sujet car il est d’une grande importance. Je dois avouer d’abord que j’ai pratiqué jusqu’ici le raisonnement développé par mes contradicteurs, je suis donc très à même de les comprendre mais je dois m’expliquer sur les raisons qui m’ont fait changer d’avis. Je vais reprendre mon raisonnement à l’envers cette fois. D’abord revenons sur l’élection de Chirac face à Le Pen. Le score final avec 80% des voix pour Chirac ne signifiait nullement que c’était une approbation parce qu’au premier tour c’était 80% contre lui. Autrement dit le vote a fini par représenter majoritairement des votes CONTRE et non des votes POUR. Ce type de détournement de la démocratie se perpétue sur les législatives suivantes et envoie une majorité de députés qui représentent non des électeurs qui croient en eux mais aussi des électeurs qui auraient dû se porter sur d’autres représentants. Autrement dit l’Assemblée Nationale ne représente plus la véritable diversité des opinions politiques. C’est ainsi que nos aboutissons à une bipolarisation qui ne permet plus aucune autre contestation et s’installe sur des décennies.

Plus proche de nous regardons le quinquennat de Hollande. Lors de sa campagne le candidat a donné une image de gauche qui lui a ramené les voix jusqu’à l’extrême-gauche alors que visiblement ces dernières étaient très éloignées des propositions du candidat. Le stratagème classique de la diabolisation du FN a fonctionné comme depuis Mitterrand. Donc l’extrême-gauche a voté CONTRE le FN et non POUR Hollande lors du premier tour et CONTRE Sarkozy au deuxième en laissant sous-entendre que celui-ci allait rallier les voix du FN. Après l’élection présidentielle, par le même processus, nous avons eu une vague rose sur tout le territoire et dans les deux assemblées. Il en est résulté dans un premier temps une monarchie qui a perduré presque jusqu’à la fin. Majoritaire au Parlement et dans les territoires, Hollande avait les pleins pouvoirs et pouvait tout imposer même des réformes sociétales qui ont divisé le pays. Mais cette fausse représentation parlementaire, et au sein même du peuple, se termine par la destruction des deux grands partis de gouvernement. Mélenchon a vite repris la guerre contre Hollande. Pire, la division au sein même du parti socialiste a abouti à des primaires qui ont tué ce parti. Le système des primaires, copie des États-Unis, a détruit ses utilisateurs. 

Voilà les situations que créent le vote des personnes qui ne votent pas POUR mais CONTRE. C’est du déviationnisme de la démocratie qui aboutit à des représentativités truquées de la diversité des opinions politiques. On va constater qu’elles amènent désormais toujours à une monarchie qui ne dit pas son nom, un fascisme qui peut tout se permettre, même de restreindre nos libertés de réunion, et d’expression pour le moins. Dans le cas d’Emmanuel Macron nous allons même vers un parti unique, qui va nous faire ressembler à l’URSS puisque nous ne dépendrons que de technocrates non élus de Bruxelles et au service des oligarques. Après mûres réflexions, ce point me parait incontestable. En pratiquant le vote CONTRE nous dénaturons les fondements de la démocratie. Un fort taux d’abstention fragilise autant un gouvernement monarchique qu’une Assemblée avec plus d’opposants car ils sont, par construction, largement minoritaires. Par ailleurs la feuille de route donnée au pays par l’UE rend les Assemblées de plus en plus inopérantes. Les centaines d’amendements ne font que retarder la promulgation des lois, rendent encore plus inefficace leur application, mais ne changent rien aux véritables orientations auxquelles nous soumet l’UE.

Certains peuvent croire encore à la victoire de Marine Le Pen. S’ils sont des vrais partisans, ils sont dans leur rôle et ils voteront POUR afin qu’aucune voix ne lui manque. C’est normal et démocratique. Mais regardons ce qui se passe aux Etats-Unis, l’oligarchie financière s’est fait surprendre par le vote de l’Amérique profonde, qui a voté souvent pour la première fois, et Donald Trump a trompé les sondages. Depuis l’oligarchie financière met tout en œuvre pour paralyser l’action du Président hostile, et même à l’obliger à renoncer à toutes ses promesses sur l’Obamacare, l’OTAN, la Russie, le Moyen-Orient. Si Marine Le Pen gagnait par un cumul de votes CONTRE Emmanuel Macron, la France vivrait la même situation car celui-ci est la marionnette de cette oligarchie qui remonte jusqu’à Washington à travers l’UE. Le peuple qui aura voté pour elle à contre-cœur ne lui apportera pas le soutien nécessaire et l’Assemblée Nationale aura une répartition des députés qui ne correspondra pas au véritable sentiment des français. La France vivra des heures sombres, paralysée par l’UE et se défoulera dans la rue. 

La plupart des français n’ont pas encore compris le niveau de la force de cette oligarchie financière qui prône la globalisation et le Nouvel Ordre Mondial. Cette force financière tient désormais la dragée haute aux finances publiques de tous les Etats. Elle contrôle tous les grands organismes qui influent l‘économie mondiale comme le FMI, la Banque Mondiale, l’OMC, la BCE, les banques centrales comme la Fed, etc. Elle a même la main sur le GIEC, prétendument le chantre de la vérité scientifique du réchauffement climatique dont on attend toujours que les modèles mathématiques prévisionnistes collent avec la réalité. Mais en ce qui nous concerne elle nous tient dans sa main d’abord par l’UE. Voter Marine Le Pen à contre-cœur, c’est-à-dire dans un vote CONTRE, ne sert à rien pour ce deuxième tour sinon à faire plaisir aux partisans du FN. La feuille de route de la France est écrite et le dépositaire est Emmanuel Macron.

Pour les législatives, la véritable attitude démocratique consiste à voter POUR ceux qui représentent le mieux nos aspirations et non voter utile pour retrouver une Assemblée Nationale qui représente la carte réelle des opinions politiques. Le véritable combat va se dérouler par le constat que va faire le peuple d’une troisième expérience désastreuse dont cette fois l’origine sera clairement comprise comme celle du carcan de l’UE. Espérons que d’ici là le guerrier Macron ne nous aura pas engagé dans un conflit mondial dont le nucléaire n’est pas exclu. Mais des évènements graves sur l’économie de l’UE se préparent. L’UE vit de tels déséquilibres migratoires, monétaires et financiers que sa mort est programmée et l’euro avec. L’immeuble UE est lézardé mais comme nous en faisons toujours partie nous allons prendre toutes les poutres sur la tête. C’est ce qu’a compris le Royaume-Uni qui se refait une santé dans le BREXIT avec l’essor de son commerce extérieur, la baisse du chômage, un taux de croissance en hausse, et une floraison de traités binationaux qu’elle négocie sans contrainte douanière. 

Ce qui importe c’est que ce constat, que va obligatoirement faire le peuple, soit repris par les partis qui en sont encore à biaiser sur une sortie de l’UE. Mon tempérament optimiste me dit que cette troisième fois avec Macron sera la dernière. Il nous faut tout simplement avaler la pilule jusqu’au krach qui va inéluctablement se produire et l’explosion d’une UE qui n’est que la construction d’une oligarchie financière prenant le peuple pour son serviteur dans le rôle du serf des temps modernes. La sécurité des serfs n’est plus dans l’enceinte du château mais dans l’OTAN. Ceci permet au Prince de percevoir la dîme, de faire sa chasse-à-courre en chevauchant dans les blés prêts à couper et de mobiliser les serfs pour faire la guerre à son voisin. Le renouveau de la France sortira de l’exaspération du peuple qui saura trouver alors celui ou celle qui devra prendre en main son destin de cinquième puissance du monde et non de protectorat des États-Unis. Ce nouveau chef révolutionnaire aura alors suffisamment de voix POUR afin de claquer la porte et ouvrir le pays, avec un large soutien du peuple, à son destin historique tourné vers le monde et non l’espace restreint d’une Europe rabougrie et véritable tour de Babel.

Voilà pourquoi la démocratie demande à tous ceux qui ont envie de voter CONTRE de s’abstenir, c’est redonner au vote démocratique sa véritable raison d’être. La pratique d’un système électoral qui finit par créer des monarques ne respecte plus les fondements de la démocratie et de la République. Je sais que ce constat est choquant tant nous avons pris le parti de voter CONTRE malheureusement. Je sais que ce n’est pas facile à admettre, mais la sortie de l’UE non plus, car nous sommes conditionnés depuis longtemps dans une France qui ne croit plus aux promesses et aux candidats qui les portent. Mais il faut voter selon un nouveau paradigme qui prend en compte les conséquences de nos votes précédents pour tous ceux qui doutent et qui posent leur bulletin dans l’urne la rage au cœur. L’abstention c’est le seul moyen de dire NON à celui qui va gagner sans voter à contre-cœur. Le peuple finira par avoir raison.

Cette élection tranche par rapport à toutes les précédentes. 

Elle remet en cause toutes nos certitudes.

Nous allons vivre des changements 

D’une ampleur insoupçonnée.

En attendant patientons 

Abstenons-nous !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon