mardi 14 mars 2017

Une campagne indigne qui cache les vrais enjeux

Cette campagne tourne au ridicule, les costumes de Fillon en sont un point d’orgue qui montre le mépris des politiques et des médias devant des citoyens inquiets par l’insécurité et la précarité grandissantes. La plupart de nos candidats tiennent des discours d’une hauteur à peine digne d’un Premier Ministre en égrenant des catalogues de mesures dont la plupart, comme toujours, ne seront jamais mises en œuvre. Qu’en est-il du vote des étrangers promis par Hollande par exemple ? C’est pourtant un sujet très sérieux qui touche à l’indépendance de la France. Doit-elle ou non laisser à l’étranger le soin de modifier le parcours historique de notre pays ? Le débat n’a jamais eu lieu parce que les attentats ne créaient pas un climat favorable dans l’opinion pour faire passer cette promesse électorale. Un point c’est tout. Est-ce cela faire de la politique ? Les débats de fond doivent-ils passer derrière les catalogues de mesures d’application des grands axes d’une politique régalienne ? Est-ce normal que l’évolution des catalogues soit seulement régie par la captation des voix ? Le futur Président doit-il être lié par un catalogue qu’il ne sera peut-être pas en capacité de mettre en œuvre, ou bien par des promesses faites aux français sur les grandes orientations de son quinquennat ?

Tout cela se passe dans un climat de désinformation des médias orientés par une neuvaine de patrons de presse, tous plus ou moins reliés au Medef et au-delà avec Bruxelles et la City. Les sondages sont eux-mêmes reliés, à toute une floraison de personnages influents frayant avec les politiciens européistes et mondialistes, et aux grandes entreprises. Oui les sondages nous manipulent et ne sont ni plus ni moins que des supports de publicité pour des candidats qui sont redevables aux puissances de l’argent dès qu’ils sont élus. Si nous n’êtes pas encore convaincus d’être honteusement et en permanence manipulés, je vous conseille de consacrer deux dizaines de minutes à écouter la vidéo ci-dessous. Vous ne perdrez pas votre temps.

La France est bridée par trois principaux traités qui cadrent sa politique économique, sociétale, monétaire, diplomatique et militaire. Ils concernent l’UE, l’euro et l’OTAN. 80% de ce qui va toucher de près ou de loin l’ensemble des français en est issu. Le dernier exemple en date est la loi Macron-El Khomeri qui n’est que l’application d’une directive européenne transmise au gouvernement français. Ce dernier est d’ailleurs passible d’amendes s’il ne respecte pas les directives européennes. Ce cadre imposé aux Etats ne fait d’ailleurs que se resserrer et trace la route vers un fédéralisme européen. C’est ce sentiment de carcan et les réactions différentes à des problèmes communs, comme l’immigration massive, qui font monter un nationalisme affublé en plus du vocable de populisme auquel on donne intentionnellement une signification négative. Un candidat à la Présidence, contraint par la Constitution à être le garant de l’Indépendance de la France, doit donc s’exprimer clairement devant les français sur ce point. Est-il ou non, comme ses prédécesseurs, le fossoyeur de cette indépendance… pour le plus grand bien des français qui lui ont fait confiance ? Si oui, il doit proposer une modification de la Constitution modulant celle-ci en introduisant une phrase du style : « sauf si par référendum le peuple français l’autorise à modifier cet article 5 de la constitution. » D’ailleurs nous n’aurions jamais dû nous prêter au référendum du traité de Maastricht puisqu’il était en contradiction avec notre Constitution. 

« Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. »

Ce choix primordial ne retient pas le préambule de la plupart des programmes des candidats. Ce n’est qu’en les lisant que l’on découvre la réponse ou même que l’on hésite sur ce qu’il faut en penser. Quand Benoît Hamon dit : "Je propose aux Etats membres de la zone euro un traité budgétaire qui prévoit la mise en place d’une Assemblée démocratique représentative, qui serait principalement l’émanation des parlements nationaux", la réponse sous-jacente est : « j’ai choisi de rester dans l’euro, donc dans l’UE, mais de donner à la zone euro un fonctionnement parlementaire intégré ». En dehors du fait que l’on ne comprend pas bien quelle sera l’articulation avec le Parlement européen de Strasbourg, il omet de dire que cela nécessitera l’unanimité des Etats membres de l’UE qui sont en train de se détacher des directives de l’UE à propos de l’invasion migratoire, et, pour ceux hors zone euro, de s’inquiéter de la formation d’un Etat dans l’Union. Enfin quelle serait la représentativité des différents pays dans la nouvelle Assemblée ? Une proportionnalité stricte ou la dégressivité proportionnelle comme au Parlement européen ? Les petits pays comme le Luxembourg seront très pointilleux sur ce point. La probabilité d’arriver à faire accepter ceci est évidemment très faible.

Il en va de même lorsque Benoît Hamon indique qu'il veut "mettre l'austérité en minorité". C’est une règle de base de l’Union européenne que tous les changements des traités exigent l’unanimité. Certes, comme on l’a vu lors du TSCG en 2011-12, il est possible de contourner les récalcitrants en faisant un traité de droit international à côté des traités européens existants. C’est probablement à ce genre de dispositifs que pense B. Hamon. Il n’est donc pas impossible qu’une majorité d’États décident que tout le dispositif ordo-libéral en faveur de l’austérité, compris dans les Traités et encore renforcé avec le TSCG de 2011-12, soit mis en sommeil. Mais l’ensemble des directives envoyées aux États sont contenus dans un document qui cadre la politique d’austérité, la croissance, les réformes territoriales, la politique migratoire, etc. Ce sont les « Grandes Orientations de Politique Économique » (GOPE) fixées par la Commission européenne aux 28 États membres de l’Union européenne pour 2014-2015 qui ont été publiées discrètement le 2 juin dernier pour les 12 mois à venir en vertu de l’article 121 du TFUE. Les remettre en cause c’est désavouer la Commission européenne, donc demander son remplacement, c’est engager des discussions longues et clivantes, et c’est à terme faire perdre toute cohérence à l’UE. Pratiquement les charcutages des traités de l’UE conduisent inéluctablement à son explosion dans de longues convulsions nuisibles à tous.

Déjà des discussions s’engagent entre les membres fondateurs à nos frontières pour construire une zone européenne resserrée avec notamment l’Italie, l’Allemagne, la France, et son paradis fiscal, le Luxembourg, zone à laquelle pourraient se joindre les pays de l’Europe du Sud. Quand on prend conscience que c’est l’euromark qui permet à l’Allemagne de pomper les économies des autres pays, hors ceux dans son orbite d’influence directe, et encore, on voit vers quel horizon nous mènent les gouvernants. Cet horizon est aussi chargé de désillusions que celui que nous vivons, voire pire parce que l’hégémonie allemande y jouera encore mieux. Évidemment rien de transparaît dans les discours de la majorité des candidats. Les candidats ont l’intention de nous concocter un nouvel avenir européen sans nous demander notre avis parce que le référendum est devenu une chose inutile et dangereuse dans leur esprit et dans celui des Maîtres du Monde. Les comportements amoraux pour le moins qui jonchent et vont encore joncher cette campagne ne font qu’obscurcir le jugement populaire qui se réfugie dans la révolte extrême du ras-le-bol, l’apathie génératrice de l’abstention, ou l’attente d’un homme ou femme intègre qui repense à son pays avant de vouloir s’en servir pour lui, sa cour et ses Maîtres.

"Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice !"  George Orwell 

Pourtant la France ne survit qu’en faisant front aux menaces, et sa force est son unité, la République Une et Indivisible. La Corse veut son indépendance, le Grand-Est hume le vent du large. Le régionalisme produit les premiers duchés qui vont découper la France. Nos politiques "dépendantistes", qui votent les sanctions contre la Russie, devraient aussi relire ces propos : 

"La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort. Oui, ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde… C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort !"  François Mitterrand 

C’est le même François Mitterrand qui avouait à son épouse les limites de son pouvoir en avouant : « Je n’ai pas pu échapper aux banquiers ».
 
La France ne peut céder ni au régionalisme ni à l’étranger. 

Sa constitution le lui interdit et nous l’avons violée.

C’est pour cela que la France est à la recherche 

D’un vrai leader appuyé, non sur la Bible,

 Mais sur notre Constitution de 1958 

Et la respecte enfin !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon