mercredi 29 mars 2017

Rendre la France aux français, c’est quoi ?

Cette élection présidentielle voit plusieurs candidats accepter comme acquis le fait que la France ne soit plus en mesure de faire face seule au monde d’aujourd’hui et qu’elle doit définitivement se ranger derrière le parapluie économique, social et financier de l’UE, et le parapluie militaire de l’OTAN. Cette question ne doit même plus faire l’objet d’un débat comme si le traité de Maastricht nous avait apporté la prospérité et que le refus par les français de la Constitution européenne n’était qu’un phénomène d’urticaire que le Parlement avait pommadé et rangé dans les placards de la République. Non les français n’ont pas oublié qu’on leur a volé le référendum sur la Constitution. Ce fut le plus grand déni de la démocratie sous la Vème République et un emprisonnement forcé de la France dans l’UE sous les conditions que Bruxelles allaient nous imposer ad libitum.

Le mot France, étymologiquement le peuple des hommes libres, n’a plus de sens si ce pays se laisse enchaîner contre son gré. L’UE nous a été vendu bien emballée dans des promesses de vie meilleure et assortie de prédictions maniant la peur, le spectre de la guerre, la petitesse de notre pays dans le concert mondial. La monnaie unique nous a été imposée comme le symbole de l’union des peuples, en fait la monnaie qui arrange les multinationales. En fait nous payons cher le plaisir de ne pas changer de monnaie en passant la frontière, nous les fonctionnaires, les artisans, les TPE, les PME et les rentiers. La libre circulation des hommes a fait entrer une main-d’œuvre sous-payée qui a permis de faire pression sur les salaires pour augmenter la compétitivité des entreprises alors que l’euromark était le responsable de notre manque de compétitivité dans une économie mal adaptée à l’export hormis les secteurs du luxe, de l’aéronautique, du spatial et du nucléaire. Le résultat est l’augmentation du chômage et un solde du commerce extérieur largement négatif alors que l’Allemagne s’enrichit à nos dépens et à ceux de tous les pays du sud. C’est 300 milliards d’euros qui séparent les soldes du commerce extérieur entre les deux pays. 

Seules les multinationales tirent leur épingle du jeu, et quelques entreprises exportatrices innovantes dans des créneaux porteurs. Une usine disparaît par jour ouvrable, un agriculteur se suicide par jour. Le nombre d’agriculteurs est en chute libre et la France se paupérise. Par contre les multinationales prospèrent en pratiquant de plus une « optimisation » de leurs impôts par des investissements à l’étranger dans des pays à faible fiscalité, et des transferts d’argent dans les paradis fiscaux. Environ 60 milliards échappent ainsi au fisc français. Le chômage se stabilise péniblement grâce à des radiations accrues, des transferts de la catégorie A des demandeurs d’emploi, catégorie médiatisée, dans les autres catégories, des mises en formation et des emplois aidés. Les mises en formation n’ont d’ailleurs qu’un faible taux de retour à l’emploi.

La fiscalité ne s’allège pas sur les consommateurs et l’assiette de l’impôt sur le revenu ne cesse de se rétrécir entraînant une surimposition des classes moyennes. La politique économique française est directement issue de celle de Bruxelles où la Commission Européenne en est l’instigatrice même si les chefs de gouvernement l’ont approuvée. Le monde des multinationales et des banquiers impose sa vision du monde essentiellement tournée vers le profit des actionnaires. N’oublions pas que la BCE, comme la Fed, est une réunion de banquiers, de connivence avec la technocratie bruxelloise, et que le pays qui impose son choix aux autres c’est l’Allemagne. Il a fallu une ruée migratoire initiée par Angela Merkel pour que certains pays se rebiffent. La France n’est plus libre d’accueillir comme elle l’entend, de gérer son budget, de choisir sa politique économique et sociale qui sont codifiées dans les Grandes Orientations de la Politique Européenne. L’exemple-type est la loi travail qui n’est que la traduction d’une directive européenne. 

Le peuple français ne choisit même plus ses ennemis. L’ennemi numéro un désigné par les USA est la Russie, le numéro deux est Bachar el Assad mais on dit combattre Daech. Il ne choisit pas plus ses amis. L’Arabie Saoudite et le Qatar sont dans une coalition avec nous, coalition sous la houlette des USA et de l’OATN. La France est volée aux français par l’étranger, et cet étranger est de l’autre côté de l’Atlantique. Il y a jusqu’au démantèlement de notre pays qui nous est imposé. L’Europe doit ressembler aux Etats-Unis avec un patchwork de régions ressemblant aux Etats américains. La régionalisation n’est même pas une idée lumineuse de nos gouvernants, c’est l’application de la volonté de diviser pour régner dans une Europe fédérale très manipulable avec des zones géographiques restreintes dont le pouvoir décisionnaire sur leur avenir sera diminué d’autant que leur population et leur poids économique. L’UE fédérale des régions pourra en toute quiétude appliquer le TAFTA et constituer une petite armée qu’elle paiera et qui sera intégrée dans l’OTAN aux mains des USA.

Cette évolution de la création des régions est soutenue par l’UE. Elle encourage l’Écosse, la Catalogne, les Flandres, la Corse, la Bretagne, le pays basque, l’Alsace, etc. à demander leur indépendance et à rentrer dans le giron de l’UE. La création des grandes régions françaises aux pouvoirs étendus est le mouvement inverse qui a demandé des siècles pour faire disparaitre les seigneuries, les baronnies et les duchés et les réunir dans une France intérieurement apaisée dans des frontières naturelles qui lui ont assuré de survivre jusqu’à nos jours. Il faut prendre conscience que cette évolution fait courir un grand danger à la France dont on nous fait croire qu’elle n’est plus capable de survivre seule, comme si la Suisse la Norvège et l’Islande étaient en perdition, et comme si la plupart des pays du monde n’étaient pas capable de se gérer seuls. 

Mais si la France échappe aux français c’est que la parole ne lui est plus donnée qu’à l’occasion de vote des municipales, des législatives et de la Présidentielle. L’ensemble des politiciens sont dans la main de Bruxelles et se contentent de gérer leur électorat en proposant des amendements aux lois issues de Bruxelles. Le pouvoir délégué du peuple soumet donc celui-ci indirectement à l’UE. Les politiciens ne sont plus la courroie de transmission du peuple vers le pouvoir mais la transmission du pouvoir de l’UE vers le peuple. L’UE honnit le référendum, la France ne le pratique plus depuis que les français ont voté non. L’UE est une dictature, c’est donc le déni de la démocratie. Le peuple doit être privé de référendum. Il est impératif de réagir et de rétablir le référendum d’initiative populaire avec des conditions qui lui permette d’exister, ce qui n’est pas le cas actuellement. Sarkozy a eu le culot de féliciter la Suisse pour ses « votations », alors qu’il a nié le référendum qu’il avait dû initier pour respecter la Constitution.
 
Un peuple muselé ne peut espérer la liberté. 

Elle ne peut être que conditionnelle

Et attribuée par le pouvoir, 

Que l’Argent donne

Aux puissants !


Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon