mercredi 15 mars 2017

Ils veulent vous faire gober les GOPE’s

Pardonnez-moi cet anglicisme factice mais le sigle GOPE désigne les Grandes Orientations de la Politique Européenne, et, comme chacun le sait désormais, celles-ci sont directement issues d’une politique concoctée à la sauce des Maîtres de l’Argent d’origine anglo-saxonne. 
J’ai déjà dit dans les précédents articles que l’enjeu de cette élection présidentielle n’était pas la lutte habituelle entre la gauche et la droite traditionnelles, toutes dans le camp des « dépendantistes », celui des médias, de l’UE et des USA, mais entre ceux-ci et un camp disparate mais différent, les « indépendantistes ». L’épouvantail de l’extrême-droite est le moyen commode de cacher cet enjeu sous celui d’un populisme potentiellement fascisant qui dit prôner la résistance à l’UE. C’est la recette éculée de Mitterrand qui lui avait permis d’entraver la droite en laissant les gauchistes et leurs médias répandre le soupçon d’une collusion larvée avec le FN. Cela marche toujours car cela fait des années que ce crédo est sciemment cultivé. En stigmatisant le parti le plus important s’opposant à l’UE, on surfe sur les dérives possibles d’un parti extrême pour, d’une part en limiter son expansion en maniant la peur, mais d’autre part désormais on masque surtout le véritable enjeu cher aux « dépendantistes ». Leur véritable enjeu c’est le maintien dans l’UE coûte que coûte, au plein sens du terme. 

Toutes les comparaisons que l’on peut faire avec les autres continents, entre les pays européens hors de l’UE et les autres, entre les pays de l’UE dans la zone euro et les autres, montrent que notre appartenance à l’UE et à l’euro ne nous est pas bénéfique. Quand notre commerce extérieur est déficitaire de 45 Mds, quand une usine ferme par jour ouvrable, quand chaque jour un agriculteur se suicide, quand le chômage à un niveau aussi élevé ne diminue pas, quand la pauvreté progresse, quand la baisse du pouvoir d’achat atteint les classes moyennes, quand nous sommes en guerre à l’extérieur et à l’intérieur, on ne peut pas dire que l’Union Européenne a donné raison aux européistes qui nous ont convaincus encore pour ratifier le traité de Maastricht. Depuis la méfiance s’est installée et s’est faite jour pour le référendum sur la Constitution Européenne. Il s’en est suivi trois conséquences, on nous l’a imposée par voie parlementaire dans le Traité de Lisbonne, on s’est promis de ne plus nous proposer de référendum, et on a intensifié la propagande de la peur de la sortie de l’euro, à fortiori de l’UE. Toutes deux ont été promues au rang de catastrophe dans l’ensemble du camp gauche-droite des « dépendantistes », slogan catastrophique à répandre  à l’envi.

Ces derniers se présentent dans le désordre le plus complet, traînant avec eux des casseroles de leur vie politique, et dans un charivari de dissensions internes. Mais ils ont entre eux un secret partagé et bien gardé… le carcan des GOPE. L’électeur apeuré, une fois recentré sur les candidats « dépendantistes « , ceux du Système, croit voir s’ouvrir un grand éventail de choix, gauche, centre et droite. Chacun va essayer d’y trouver ce qui lui semble le plus avantageux pour lui-même et à l’occasion pour le pays. Mais tous ignorent que, quel que soit leur choix, les différentes promesses se résumeront finalement à la mise en œuvre d’un document commun contenant les GOPE. Les Grandes Orientations de Politiques Économiques, GOPE, adressées chaque année par la Commission européenne à la France, viennent appuyer et préciser ces politiques économiques sans que le gouvernement français puisse s'y opposer. Il peut traîner les pieds mais il finit par obéir pour cesser de payer les amendes qui lui sont imposées. Le dernier exemple voyant en 2016 est la loi Travail, loi Macron-El Khomeri, simple traduction dans la loi française d’une directive européenne. 

Le 18 mai 2016, la Commission européenne communiquait les Grandes Orientations de politique économique pour la France période 2016-2017. Le fait que des élections présidentielles et législatives se déroulent en France entre le 23 avril et le 18 juin ne constituait pas un « obstacle » à la rédaction et à l'application de ces GOPE 2016-2017. On peut changer de Président il appliquera ce document à la lettre… sauf si nous sortons de l’UE. On est en droit de se poser la question de savoir s’il faut absolument réduire la dette à marche forcée par une politique d’austérité dont on voit les effets en Grèce et en Italie par exemple. Si l’on doit réduire le déficit, on peut se demander si c’est sur les dépenses qu’il faut agir ou sur les recettes. Si l’on doit réduire les dépenses de l’Etat, on peut se demander où. Inutile de réfléchir, les GOPE nous le disent : 

1°) Assurer une correction durable du déficit excessif, en 2017 au plus tard, en prenant les mesures structurelles requises et en consacrant toutes les recettes exceptionnelles à la réduction du déficit et de la dette ; préciser les réductions de dépenses prévues pour les années à venir et accentuer les efforts pour accroître le montant des économies générées par les revues de dépenses, y compris en ce qui concerne les dépenses des collectivités territoriales, d'ici à la fin de l'année 2016 ; renforcer les évaluations indépendantes des politiques publiques afin de recenser des gains d'efficacité dans tous les sous-secteurs des administration publiques. 

On peut se demander s’il faut privilégier une politique de la demande en privilégiant les revenus des salariés ou une politique de l’offre en diminuant les charges des entreprises. On peut se demander si l’on doit, comme au Royaume-Uni, privilégier ou non une politique de flexibilité des contrats de travail, CDD et CDI. Inutile de réfléchir, la réponse est là : 

2°) Veiller à ce que les réductions du coût du travail soient pérennisées et que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec la création d'emplois et la compétitivité ; réformer le droit du travail pour inciter davantage les employeurs à embaucher en contrat à durée indéterminée. 

Mais voyez-vous la facilité plus grande donnée au licenciement de la loi Travail était bien incluse dans les GOPE, orientation précisée par une directive. 

3°) D'ici à la fin de l'année 2016, entreprendre une réforme du système d'assurance-chômage afin d'établir la viabilité budgétaire et d'encourager le retour au travail. 

En langage clair, ceci signifie que le montant des allocations chômage sera réduit et que sa durée de versement sera diminuée. 

4°) Eliminer les obstacles à l'activité dans le secteur des services, en particulier dans les services aux entreprises et les professions réglementées ; prendre des mesures pour simplifier les programmes publics d'innovation et en améliorer l'efficacité ; d'ici à la fin de l'année 2016, approfondir la réforme des critères de taille réglementaires qui freinent la croissance des entreprises et continuer à simplifier les règles administratives, fiscales et comptables en poursuivant le programme de simplification.

C’est tout simplement la fin des professions réglementées (médecins, notaires, pharmaciens, artisans taxis, etc.) qui seront remplacées par les sociétés privées employant des salariés. On voit aussi que l’innovation va être aidée par l’exonération de charges sur les sociétés. Quant à l’approfondissement de la réforme des critères de taille règlementaires, cela sent l’allègement des obligations de l’employeur vers l’employé… C’est le nouveau volet de la loi Travail en préparation ? 

5°) Prendre des mesures visant à réduire les impôts sur la production et le taux nominal de l'impôt sur les sociétés, tout en élargissant la base d'imposition sur la consommation, notamment en ce qui concerne la TVA ; supprimer les dépenses fiscales inefficaces, notamment celles dont le rendement est nul ou faible, et adopter la réforme concernant la retenue à la source de l'impôt sur le revenu des personnes physiques d'ici la fin de l'année 2016.

Vous croyez peut-être que tout ceci était sorti du cerveau de nos brillants ministres ? Désolé mais ils ont le doigt sur la couture du pantalon et leurs successeurs itou ! L’appartenance à l’UE oblige tous les dirigeants des pays européens à suivre les GOPE. Que reste-t-il réellement des programmes des « dépendantistes » ? Un tronc commun bien caché et qui ne se révèlera que lorsque vous aurez voté pour eux. Mais que reste-t-il de la souveraineté de notre pays ? Sommes-nous payés en retour pour cet abandon de la liberté de notre peuple à se gérer comme il l’entend ? Que reste-t-il de notre démocratie ? 

Voter en 2017 c’est d’abord savoir si l’on veut aliéner sa liberté,

Savoir si l’on veut que notre pays soit livré aux technocrates, 

Aux banquiers et aux lobbies qui grenouillent à Bruxelles.

Voter en 2017 c’est comprendre que la loi de l’UE 

S’appliquera de plus en plus implacablement

Sur ceux qui font allégeance et qui briguent 

De porter les lambeaux de notre drapeau !

Voter en 2017 c’est comprendre enfin 

Que l’on continue à nous tromper !
 
Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon