dimanche 5 mars 2017

Pile ou face 2017 : souveraineté ou dépendance

Dans quelques semaines les français vont jouer à pile ou face, enfin ceux qui auront décidé de voter et autrement que blanc ou nul. J’en profite pour dire que voter blanc ne sert à rien puisque ces votes seront comptabilisés à part pour la première fois mais ne participeront pas au décompte ni au taux d’abstention ni aux pourcentages entre les candidats. Celui-ci sera toujours basé sur le nombre total de bulletins exprimés pour les candidats. Donc pour ceux qui n’ont pas fait leur choix et il semble qu’ils soient plus nombreux encore que d’habitude, ils leur faut se munir d’une pièce avant toute décision sur un nom de candidat. Sur le côté pile ils noteront « souveraineté-liberté » et sur le côté face « dépendance-insouciance ». Le résultat du jet les orientera vers un nombre de candidats dont l’importance du choix deviendra secondaire au 1er tour et au second s’il y a deux candidats de la même face.

En écrivant ces lignes je pensais à deux fables de La Fontaine bien connues, le loup et le chien, et la cigale et la fourmi. La cigale c’est le côté face où l’on se dit que l’Etat est là pour nous aider en cas de besoin et si ce n’est lui c’est donc son frère l’UE. C’est celui où l’on se dit que la France est trop petite pour se défendre seule et que le parapluie de l’OTAN garantit du gros temps. C’est celui où l’on se dit que le multiculturalisme est un enrichissement, tout au moins sur le plan culturel, et un apport à une démographie vieillissante. C’est celui où l’on pense que l’union fait toujours la force. C’est celui où l’on pense que vivre de subventions reste plus sûr que de risquer de subir les intempéries. C’est celui où l’on pense qu’ouvrir nos frontières ne peut amener qu’un vent frais porteur des mille senteurs de l’Orient. C’est celui où l’on pense que l’Allemagne et les États-Unis sont nos garants d’un solide avenir. C’est celui où l’on pense que nous n’avons qu’à bien voter et qu’on va s’occuper de tout pour nous. On peut alors se régaler de jeux télévisés, de jeux sur tablette et smartphone, de SMS et de tweets à profusion, de séries américaines à base de meurtres, des unes des médias qui nous régalent de l’instantané du monde entier choisi pour nous conforter dans le sentiment de sécurité que tout est sous contrôle pour notre plus grand bien. On nous cache même tout ce qui pourrait écorner notre sérénité. 

Le côté pile c’est celui de la catastrophe annoncée. Tout va aller à l’envers. Nous allons nous rabougrir dans nos frontières, ne pouvant plus supporter personne autre que les « souchiens ». Notre monnaie va faire triste mine devant l’euromark et le dollar. Notre dette va nous sauter à la figure avec une injonction de rembourser sur l’heure. L’intérêt de nos emprunts va exploser nous conduisant rapidement à la faillite. C’est celui où nous allons être rapidement colonisé par l’ennemi russe. C’est celui où le consommateur appauvri va conduire notre croissance vers la récession et une hausse des prix qui nous obligera à transporter nos francs avec une brouette. C’est celui où nous allons tourner en rond dans notre petit réduit hexagonal en proie rapidement à la guerre civile. C’est celui où notre petite voix de sixième puissance du monde va s’éteindre rapidement et devenir inaudible. Les grandes fortunes et les cerveaux vont nous fuir comme la peste. C’est celui où l’UE va nous faire payer cher notre trahison. C’est celui où les Etats-Unis refuseront toute coopération militaire si nous sortons de l’OTAN. C’est celui où ce sera la fin des grands projets aéronautiques et spatiaux internationaux. C’est celui où nos étudiants seront rejetés d’Erasmus. C’est celui où le chômage à la grecque nous attend et où la pauvreté va dépasser les moyens des associations de secours. Le côté pile c’est la galère.

Si l’on en croit ces descriptions largement divulguées par tous les moyens dont disposent les 9 magnats des médias qui œuvrent sans relâche à nous ouvrir les yeux sur le bon chemin à suivre et à nous masquer les bas-côtés qui nous feraient malencontreusement tomber du côté pile, face contre terre et déjà à moitié morts. La cigale dans son vol voit loin et nous éclaire de ses lumières qui viennent de ceux qui s’y connaissent le mieux en matière d’argent, les banquiers. Il est vrai que la fourmi se déplace à ras de terre et sa vision est limitée. Elle sait pourtant deux choses, où est sa nourriture et où il faut la stocker pour aujourd’hui et pour demain. Elle sait aussi que la fourmilière n’existe plus sans sa reine et qu’il faut chasser tous les intrus de son territoire de prospection de nourriture. Il lui faut un territoire, des soldats, des travailleurs, une organisation et une reine. Les fourmis réussissent presque partout dans le monde quand les cigales ne chantent que dans peu d’endroits. N’y-a-t-il pas là matière à penser ? 

Doit-on toujours penser que la liberté dont jouit le loup se paye par la faim et que le chien ne peut avoir que de bons maîtres qui lui donnent à manger sans compter ? Non, nous sommes les chiens et nous avons justement de mauvais maîtres qui ont tendance à ne nous donner que les os à ronger. Si nous aboyons trop, ils nous envoient à la niche. Non, la sortie de l’UE et de l’OTAN n’entraîne pas les catastrophes annoncées, le Brexit commence à le démonter avec brio et le Royaume-Uni nous ravit notre 5ème place dans l’économie mondiale. Même la Banque d’Angleterre qui avait prédit la catastrophe reconnait qu’il n’en est rien bien au contraire. Non, la dévaluation ne nous fera pas succomber puisque le réajustement par rapport au dollar sera faible et surtout sur l’euromark. Non, notre dette d’Etat ne va pas exploser car 99% de celle-ci est explicitement libellée en monnaie du pays et non en euro. Non, la dévaluation ne va pas diminuer drastiquement notre pouvoir d’achat. Nous sommes passés d’un euro à 1,5226 $ le 28 avril 2016 à 1,0517 le 2 mai 2017, et nous n’avons rien vu. Bien sûr les produits importés seront plus chers surtout si on leur affecte des droits de douane plus élevés mais, mis à part le pétrole et l’habillement, ils ne font pas partie des besoins vitaux. Il faudra peut-être privilégier les produits de saison cultivés chez nous, et cela pour le plus grand bien de nos agriculteurs. La France est auto-suffisante en alimentation. Quant au pétrole, l’impact du dollar est très faible par rapport aux taxes et même par rapport aux fluctuations du marché.

Non, l’intérêt de nos emprunts ne va pas exploser. La France emprunte actuellement à 10 ans à 0,958%, le Royaume-Uni à 1,233% (l’écart entre nos deux pays ne cesse de se réduire depuis le début de l’année), l’Espagne à 1,599%, l’Italie à 2,132%, et la Grèce à 7,045%. Nous n’en sommes pas au niveau de mise sous tutelle de la Grèce, et voir remonter notre taux à celui actuel du Royaume-Uni augmenterait notre charge annuelle de remboursement d’emprunts de 2,2 millions d’euros sur les 800 millions empruntés. Non, notre croissance ne va pas s’écrouler et va remonter après un an ou deux dès que l’écart entre les importations et les exportations retrouvera son équilibre. Le chômage diminuera au contraire par le retour de fabrications et l’éclosion d’entreprises pour se substituer aux produits importés. Non, le pays ne se fermera pas sur lui-même mais il contrôlera son immigration et les mouvements de capitaux. Ainsi notre patrimoine ne sera pas livré aux investisseurs étrangers sans que nous ne puissions en décider. Non, la Russie n’est pas notre ennemie mais était, avant Trump, celui des États-Unis. Non, l’Allemagne ne nous veut pas que du bien c’est le principal prédateur de l’argent des pays du sud dont les économies s’écroulent les unes après les autres. L’excédent énorme de sa balance commerciale en atteste et son déficit chez nous. Non, l’OTAN ne nous protège pas contre un ennemi qui n’existe plus. Il nous envoie au contraire faire des combats qui ne sont pas les nôtres. 

Il n’y a pas un côté pile noirci par la fumée des catastrophes prédites et un côté face brillante du soleil de nos réussites depuis plus de quarante ans. Ne soyez pas dupes, le côté « farce » a prouvé qu’il était gris foncé par une France en recul, le côté pile n’est noirci que de discours décourageants. On ne peut plus penser que l’Espoir est dans une UE qui est en train de sombrer sous les coups des dissensions justifiées par des intérêts divergents. Sachez que du côté face il y a tous ceux qui ne renient pas l’UE et l’OTAN, donc qui prônent la continuité de la descente aux enfers, de Hamon à Fillon. Du côté pile il y a les autres, écoutez-les et choisissez.
 
C’est le jeu à pile ou face qui attend tous les indécis. 

Ce ne peut être un choix livré au hasard.

Les médias mettent en circulation 

Des pièces sans côté pile

Ne jouez pas avec !


Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon