dimanche 16 novembre 2014

Science et politique, un duo nécessaire mais en divorce !



La communauté scientifique qui œuvre au sein de l’Agence spatiale Européenne vient de réussir un exploit formidable et très « médiatisable » avec cette sonde-robot Rosetta qui, pendant dix ans, a orienté sa trajectoire pour se rapprocher, après 6 milliards de km parcourus, de la comète Tchouri qui se déplaçait à 55000 km/h en ricochant d’une orbite à une autre. Cette flèche téléguidée a finalement atteint son objectif de 4km de diamètre à 500 millions de kilomètres de la terre et son robot Philae a envoyé toutes les mesures attendues ou presque. Fabuleux ! Pour une fois les médias ont rempli complètement leur rôle en faisant comprendre au grand public la grandeur de l’exploit et son utilité.

Patatras ! Le Président tout en saluant l’exploit l’a rangé dans les réussites de l’Union Européenne ! Non c’est un hymne au génie humain et à la communauté scientifique qui depuis des siècles réunit instinctivement ses efforts bien au-delà des frontières. Elle sait que le progrès n’avance qu’ainsi. Dans le spatial on voit que français, allemands, américains et russes conjuguent leurs efforts et la science fait plus pour la paix que tous les politiques. Le grand bravo pour Rosetta est mérité mais la découverte du Boson de Higgs, cette particule virtuelle, invisible si l’on ne reconstitue pas les conditions du Big-Bang à l’origine présumée de l’univers, a eu infiniment moins de retentissements que les victoires de l’équipe de France de football au Brésil. C’est pourtant une avancée d’une importance capitale dans la compréhension de la matière qui vient conforter une théorie physico-mathématique qui en avait prévu l’existence !

La science progresse par des associations intergouvernementales de circonstances qui n’ont souvent rien à voir avec les constructions politiques qui associent les pays entre eux. Le Boson de Higgs a été découvert dans le LHC (Large Hadron Collider), cet anneau d’accélération des particules de presque 27 km de long situé à cheval sur la France et la Suisse avec des chercheurs venant du monde entier. Découvert le 4 juillet 2012, il a été confirmé par le CERN le 15 mars 2013.
 
A Cadarache en France, on travaille sur la fusion nucléaire (fusion d’isotopes de l’Hydrogène, beaucoup plus énergétique que la fission des atomes d’Uranium) dans le projet ITER, réacteur thermonucléaire, qui réunit de nombreux pays dans le monde dont le Japon. L’enjeu est considérable et sa maîtrise devrait donner une énergie quasi inépuisable. La science travaille sur un temps long puisque j’ai participé à une étude sur la fusion en 1960 ! De même la recherche sur l’énergie nucléaire par la fission continue dans le monde quelles que soient les orientations politiques des pays auxquels appartiennent les chercheurs même si les crédits de recherche de chaque pays vont jouer sur le nombre de chercheurs et les bénéfices nationaux à en retirer pour chacun.

 Si l’on peut toujours craindre les errements d’un docteur Folamour, les scientifiques ont en général une conscience morale, une probité intellectuelle, bien plus grande que la majorité des politiques à qui ils livrent leurs découvertes ou avancées technologiques. L’usage que ces derniers en font peut être bénéfique pour l’humanité ou désastreux. Ils ont plutôt tendance désormais, sous la pression des lobbies et de groupes de pression associés, à prendre de mauvaises décisions comme pour les Énergies renouvelables. Le pire est que la politique souvent ne protège pas la science.

Le survol de nos centrales par des drones, commandés vraisemblablement par des émules de Green Peace, est un très mauvais signe donné à des puissances étrangères ou des terroristes hostiles. Même s’il n’est pas pratiquement possible de déclencher ainsi un accident nucléaire, l’atteinte des transformateurs et des éléments de distribution de l’électricité produite sur les réseaux est possible. La simultanéité d’attaques peut engendrer la déconnexion de tous les réseaux électriques français et, par l’inter connectivité, le réseau européen. La position antinucléaire du gouvernement, qui n’agit pas pour faire cesser les agressions écologiques, a sa part de responsabilité dans ces actions aux conséquences incalculables.

Ce divorce entre la science et la politique, conduit à voir les scientifiques français diminuer en nombre pendant que les politiques professionnels et les fonctionnaires de haut niveau envahissent notre Administration nationale et territoriale. Le nombre d’élèves en classes scientifiques a diminué de moitié en vingt ans et on manque tellement de professeurs de mathématiques que l’on diminue le niveau de recrutement et on fait appel aux retraités de l’enseignement. Les gros bataillons vont vers les sciences humaines, le droit et les sciences politiques pour former les bureaucrates et les fonctionnaires dont la France regorge déjà avec le plus haut taux de fonctionnaires et de politiques professionnels, dits élus de la nation.

Mais revenons au boson de Higgs, découverte fondamentale grâce au LHC. Elle est le résultat de l’acharnement des physiciens pendant 48 ans et a permis de comprendre ce qu’était la masse des corps, en réveillant pendant un temps extrêmement court cette particule endormie dans le vide, vide qui n’est pas le néant comme le pressentait déjà Pascal, mais le vide quantique. Elle a permis de comprendre pourquoi on pouvait avoir des particules sans masse comme les photons de lumière et d’autres à des masses constantes (électrons, protons, neutrons, etc.). L’étude de l’infiniment petit se rapproche de celle de l’infiniment grand de l’exploration de l’univers. Les deux permettent de remonter à son origine par l’observation et le calcul.

La constance des lois physiques de l’univers permet de remonter le temps jusqu’au big-bang que l’on a trop vite qualifié d’origine de l’univers situé à 13,8 milliards d’années en arrière. En effet les lois physiques ne sont plus valables lorsque l’on s’approche tout près du dit big-bang, elles buttent sur ce que l’on appelle le mur de Planck. Derrière lui, c’est l’inconnu. Ceci nous ramène à la politique, celle du «  le changement c’est maintenant ». Du mandat déjà déroulé de François Hollande, mis à part la pente savonneuse de la décroissance, on ne peut retenir que le changement des lois sociétales. En passant au-delà du mur construit pendant des millénaires pour asseoir les fondements d’une société où le couple était hétérosexuel pour fonder une famille, cellule de base de la société, nous plongeons dans l’inconnu comme au-delà du mur de Planck. En érigeant la LGBT comme symbole de la modernité, en affichant en spectacle médiatique et politique une minorité, on la propulse au rang virtuel de majorité qui peut dicter sa loi sans savoir elle-même vers quels écueils elle pousse l’humanité… Au nom du progrès ?

 Science et conscience s’opposent à politique et immoralité

 C’est sur la constance des lois physiques que la science progresse.

C’est sur les changements hasardeux, les fausses promesses non tenues, 

Que les politiques manipulent des peuples pour assurer leurs lendemains. 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon