mercredi 12 novembre 2014

Pour une écologie, mais celle du bon sens ! (2ème partie : l’écologie raisonnable)



Il n’est pas plus raisonnable de rejeter la protection de l’homme et de l’environnement nécessaire à sa survie que de se lancer dans un écologisme qui tourne à une idéologie plus ou moins sourde au bon sens. La prise de conscience des dangers que peut contenir l’évolution technologique est un rempart nécessaire aux excès de la recherche du profit et aux dérives d’une science qui ne s’interroge plus sur la direction où elle mène l’humanité mais s’y laisse entraîner sans garde-fou.

L’homme se bat contre la nature depuis des millénaires. Les éruptions volcaniques, les tsunamis, les cyclones, les typhons, les tempêtes, les orages, les tremblements de terre, les inondations, les sécheresses, les épidémies, etc. font toujours beaucoup plus de morts que les progrès de la technologie et de la science. La nature est hostile par définition. Le meilleur exemple est sans doute Fukushima où l’écologisme oublie facilement les 25.000 à 30.000 morts dus au tsunami pour focaliser l’attention du monde sur la radioactivité répandue sur l’environnement. Sans nier l’impact néfaste sur l’environnement proche, sans nier les problèmes techniques de gestion des réacteurs atteints et ceux de santé publique que cela pose, il n’y a aucune statistique reconnue sérieuse qui peut imputer des morts par cancer indubitablement dus à cette facette de la catastrophe. 

Le jeu du catastrophisme est habituel chez les Verts en ce qui concerne le nucléaire. La notion de relativité du danger devient alors étrangère aux raisonnements du bon sens. La question habituelle qu’ils posent aux défenseurs du nucléaire est toujours : « Pouvez-vous nous assurer qu’il n’y aura jamais plus aucun accident nucléaire ? ». La réponse de tout être sensé est évidemment « non », le risque zéro n’existe nulle part dans les activités humaines. Leur conclusion pour le nucléaire est alors son arrêt. On confond ainsi les centaines de milliers de morts des armes nucléaires à Nagasaki et Hiroshima avec la centaine de cancers de la thyroïde chez les enfants dont 97% ont été guéris, et les 30 morts recensés après Tchernobyl, la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire. 

On oublie ainsi que la plus grande catastrophe industrielle n’a pas été nucléaire mais chimique. Elle a eu lieu en 1984 à Bhopal avec plusieurs milliers de morts et plus de 300 000 malades, dont beaucoup, handicapés, vivent toujours dans des conditions déplorables. L’auteur, l’Union Carbide, a échappé à la justice mais des milliers d’indiens manifestent encore aujourd’hui pour réclamer une indemnisation décente, limitée jusqu’ici à quelques centaines d’euros et pas pour tous. Quelles voix écologistes s’élèvent pour défendre ces malheureux et demander l’arrêt de l’industrie chimique ? 

L’arrêt de l’industrie chimique serait aussi idiot que celui du nucléaire. Par contre l’industrie chimique a fait beaucoup plus de dégâts sur la vie et la santé que l’industrie nucléaire, la directive Seveso, qui fait suite à cette catastrophe chimique en Italie, est là pour nous le rappeler. Il faut donc faire appel au bons sens et non à une idéologie manipulée par des lobbies et des profits pour pratiquer une écologie saine comme le veulent les puristes de l’écologie dont les motivations sont infiniment respectables. Quand on a pris conscience que le règne végétal est lié pour une grande part à la pollinisation par les abeilles, il est clair que leur disparition rapide menace l’humanité et qu’il est important de demander des comptes à ceux qui en sont la cause quand la science permet de les cibler. 

Faire apprendre ou conforter les enfants dans le respect de règles élémentaires d’hygiène (on se douche, on se lave les mains et les dents, on ne crache pas par terre), et de respect de l’environnement (on ne jette pas des papiers et des contenants n’importe où) ne sont qu’une question de bon sens et d’écologie saine. Les entraîner à assainir les plages et les rivières pour les assainir est une tâche utile pour leur faire comprendre le pourquoi des règles inculquées. C’est encore de l’écologie utile. Lutter pour que les rivières ne soient pas polluées par les industries qui y rejettent leurs produits, lutter pour que les plages ne soient pas recouvertes d’algues vertes par les rejets de l’agriculture, fait partie d’une démarche écologique dont personne ne peut nier l’intérêt. 

Se préoccuper de manger une nourriture saine et ajustée aux dépenses physiques est une attitude protectrice, elle n’implique pas par contre, comme seule solution, de ne manger que bio ou d’être végétarien. Si la culture bio se traduit par le rejet de tout adjuvant chimique, on tombe dans le rejet pur et simple du progrès. Si elle privilégie les éléments naturels tant qu’ils prouvent leur efficacité, mais ne rejette pas les autres s’ils se montrent plus efficaces et non nuisibles à l’homme, alors le bon sens trouve un bon compromis. Les laboratoires de recherche nous démontrent par exemple que les engrais ont fait des progrès énormes par augmentation de leur efficacité et par diminution des nuisances pour l’homme. Doit-on renier le progrès ? Faut-il diminuer le rendement à l’hectare et, nourrissant moins d’hommes, demander la castration des hommes pour limiter la population mondiale ou les laisser mourir de faim ? 

Le fer de lance de l’écologisme aujourd’hui est placé sur le réchauffement climatique et son impact sur l’énergie. J’ai mis en garde sur les directives du Giec dans le précédent article. Il faut donc regarder comment on peut utiliser intelligemment la science et la technologie pour gérer au mieux les besoins énergétiques de la planète et de la France en particulier. Ce sera l’objet du prochain article. 

Quel est plus le grand danger de l’écologisme ? 

Le développement durable de notre connerie ! 

Quel est le plus grand apport de l’écologie ? 

Développer le bon sens de notre survie ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon