lundi 17 novembre 2014

Quand la guerre froide monte en température ! (1ère partie)



Les nouvelles importantes pour la stabilité du monde arrivent à une cadence qui doit alerter l’opinion publique alors que nous baignons avec les affaire Rémi Fraisse et Jean-Pierre Jouyet (car c’est bien lui qui est en cause pour l’instant) dans les relents d’une décomposition du pouvoir UMPS. Le mensonge par omission de Bernard Cazeneuve pendant 48 heures, le mensonge avoué de Jouyet et le maintien de ce menteur à l’un des plus hauts postes de l’Etat ont tous les trois des odeurs malsaines. Mais tout cela est un rideau de fumée nauséabonde que nos médias inféodés (comme Pujadas à 500.000 €/an et Chazal à 800.000 €/an) relaient à plaisir. Des évènements d’une ampleur considérable se déroulent pourtant depuis cet été.

Le prix du pétrole subit une rapide baisse de 30%, soit de 110$/baril à 80$, depuis juin. Pourquoi ? C’est là que le bât blesse, les raisons économiques que l’on peut évoquer sont les suivantes :

  • La diminution de consommation liée à la crise, mais ceci ne date pas de l’été 2014
  • La production supplémentaire en excès de pétrole de schiste des USA, mais là aussi ce n’est pas nouveau.
  • Le retour partiel sur les marchés de la production de l’Iran.
  • L’augmentation récente de production de l’Arabie Saoudite.
  • Livraison pirate à bas coût de pétrole syrien et irakien par l’EI.
Toutes ces raisons ne sont pas de nature à provoquer une telle brutale chute des cours depuis juin. Par ailleurs alors que la demande diminue, il est étrange que l’Arabie Saoudite augmente sa production. Il faut donc aller chercher l’explication ailleurs.

Une telle baisse impacte beaucoup les économies des pays clients comme nous mais surtout celles des pays producteurs où cette recette représente une grande partie des exportations. Pour nous le prix à la pompe va baisser et profiter aussi à toutes les entreprises consommatrices de pétrole comme les transporteurs par exemple. Cela peut être bénéfique pour la consommation des ménages et s’ajouter au bénéfice de la baisse de l’euro pour les entreprises. Les rentrées fiscales de l’État sur le carburant (42,84 centimes pour un litre de gazole et 60,69 centimes pour un litre d'essence sans plomb 95 et 98 sauf pour la Corse et le Poitou-Charente), prélevées au litre ne seront pas affectées mais diminueront le pourcentage de gain à10% pour les consommateurs. Mais l’impact majeur sera sur les pays producteurs comme le Venezuela, l’Iran et la Russie. L’Arabie Saoudite et les pays du golf le seront aussi mais cela ne peut expliquer un surcroît de production qui a tendance à faire encore baisser les prix.

Il faut alors se rappeler que les États-Unis ont fait tomber l’économie de l’URSS en 1986 de cette manière. Celle-ci va devoir assumer de lourdes pertes financières majorées par l’embargo économique et financier qu’on lui fait subir. Même si le Canada et les États-Unis eux-mêmes sont touchés par la baisse du pétrole qui rend moins rentable l’extraction des gaz de schistes dont le point d’équilibre est à 115$/baril, l’impact sera moindre pour les États-Unis puisqu’ils vont vers l’autosuffisance pétrolière et pas encore vers l’exportation de ce type de pétrole. Il se répercutera sur la compétitivité par l’augmentation relative induite sur les produits exportés. Pour l’Arabie Saoudite, il ne peut y avoir d’explication raisonnable que dans une raison géopolitique.

L’explication se trouve dans le deal probable avec les Etats-Unis pour affaiblir l’URSS ennemi géopolitique à abattre pour les États-Unis et concurrent important, aux ressources pétrolières équivalentes, à mettre à genoux pour l’Arabie Saoudite. Nous sommes en pleine guerre froide d’asphyxie de l’ennemi et le départ précipité de Poutine lors du G20 en Australie est le geste de mauvaise humeur d’une Russie désignée comme ennemi numéro un par les alliés occidentaux et les puissances pétrolières à sa solde. L’Ukraine devenu symbole de la reconstitution de l’URSS alors que c’est l’UE qui veut la faire basculer dans son camp est une opération bien montée qui ne dupe pas les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), ni l’Iran. Nous sommes donc à un tournant de la guerre froide délibérément ouverte depuis l’attaque de la Syrie de Bachar el-Assad et perpétrée par l’Ukraine. La Russie, éjectée de l’Europe, doit complètement revoir sa stratégie économique, financière et monétaire. Elle se tourne vers la Chine et le yuan.
L’importance de ces évènements, où l’affrontement direct et armé sent déjà le soufre, mérite que nous en reparlions dans le prochain article. La mise out de la Russie n’est que le pas préalable nécessaire pour affaiblir le pays qui menace véritablement l’hégémonie américaine… la Chine !


Les guerres naissent lorsqu’un pays a des vues hégémoniques

Qui menacent la survie de ceux qui les subissent !


Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon