dimanche 3 novembre 2013

Révolution, démission sonnent à l’unisson !

Les « bonnets rouges » ont pris la rue en nombre et, compte-tenu de l’ampleur de leur mouvement de plus de 15.000 personnes, on peut dire qu’ils ont réussi par le nombre et par le calme relatif de son déroulement, vue l’exaspération de ses participants. Ils ont pris la tête d’une révolution régionale qui pourrait bien envahir la France entière. Mais un autre mot est revenu en boucle, c’est celui de "démission" et qui fait écho aux quolibets prononcés lors du passage du Président de la République sur les Champs-Élysées le 14 juillet. C’était une première depuis la création de la Vème République.

Ces cris du cœur prennent aujourd’hui une autre dimension quand on voit la chute libre de la popularité de François Hollande et de son gouvernement même si Manuel Valls reste très populaire. La mise en cause de la méthode du Président tourne à une note d’incapacité à remplir la fonction présidentielle. Nous faisions partie de ceux qui se basaient sur ses résultats à la présidence du Conseil Régional de Corrèze pour juger de sa compétence à diriger l’économie d’un pays lorsqu’il avait été mis à l’index par les Commissaires aux Comptes de cette région pour creusement de la dette. On peut juger par rapport à la gestion de la Vendée par Philippe De Villiers. Il a poussé son département à la première place du classement des départements, comme le Vendée-Globe et le Puy-du-Fou à la première place mondiale, ce dernier sans subvention de l’État. C’est au pied du mur que l’on voit le maçon et, avec François Hollande, on ne voit qu’un apprenti que son enfumage de l’opinion a poussé au-delà de sa zone de capacité selon le principe de Peter, appelé aussi syndrome de Focus, que certains traduisent en syndrome de « Faux-culs ». 

L’état de grâce n’aura duré qu’un mois, une première, et la tendance baissière ne s’infléchit pas, comme le chômage d’ailleurs. C’est pourquoi le mot « démission » prend une valeur particulièrement importante car il s’appuie sur un sentiment populaire de rejet exprimé dans les sondages. Le Président se trouve donc obligé de considérer que le dos rond est risqué et que « le vrai changement c’est maintenant », mais son impopularité réduit drastiquement ses marges de manœuvre. Toute augmentation de la pression fiscale verra se lever des groupes de pression qui l’obligeront à tergiverser puis à reculer totalement ou partiellement, minant un peu plus son autorité. 

L’embellie ne peut venir de l’Europe car la cause fondamentale du marasme de la Bretagne, et de la France toute entière, porte un nom : l’Euro. Marylise Le Branchu l’a avoué en stigmatisant les salaires turcs dans les abattoirs allemands devant les médias. La position de l’Allemagne dans la zone euro est écrasante et impose des sacrifices insupportables aux pays du sud auxquels la France échappera de moins en moins, vu sa désindustrialisation et son manque de compétitivité. Redonner confiance au pays ne peut se réaliser qu’en changeant de politique économique. 

Pourtant le Président va raisonner probablement en changements politiques ou en attentisme. Ce dernier a bien peu de chances de réussir au-delà d’un gain de temps pour atteindre les municipales ou les européennes au mieux. Le changement de Premier Ministre au profit de l’homme bien placé dans les sondages, Manuel Valls, provoquerait un remaniement incluant les partis du Centre. Elle induirait une crispation dans l’aile gauche du parti socialiste et la réprobation de certains poids lourds socialistes, comme Martine Aubry et Christiane Taubira, ainsi qu’une hostilité accrue de Mélenchon et des communistes qui risquent d’enlever plus de voix que n’apportent les partis du Centre. 

Cette option ne peut tenir longtemps et laisserait un pays encore plus dans le désarroi facilitant l’arrivée de partis extrêmes qui ne peuvent gouverner qu’après une période révolutionnaire. Cette période, que la France a connue avec la Révolution de 1789, a généré la Terreur de sinistre mémoire. Elle pousserait de plus l’Armée à prendre position devant un danger national. La dissolution de l’Assemblée Nationale n’engendrerait pas un changement de politique économique car la redistribution des sièges entre la gauche et la droite traditionnelle ne l’a pas fait changer depuis la création de l’euro. Un raz de marée du FN ne permettrait pas de ramener le calme dans le pays et paralyserait l’appareil d’État. 

La solution peut être l’homme providentiel dont la hauteur de vue et les prises de position passées génèrent l’espoir de changement dans la population. On voit mal comment cet homme pourrait œuvrer dans la position de Premier Ministre. La constitution de la Vème République rend impossible le retour à un René Coty de la IVème. C’est pourquoi le mot « démission », appliqué au Président, prend tout son sens. C’est ce que fit le Général De Gaulle quand la confiance des français lui a été refusée. C’est ce qu’un grand homme d’État doit se résoudre à faire s’il aime son pays plus que lui-même. 

On pourrait alors faire appel à Jean-Pierre Chevènement, socialiste sans ambiguïté, mais dont les positions sur l’économie et sur la politique étrangère sont très différentes de celles prises actuellement. Il fut l’un de ceux qui a défendu le « NON » au traité de Maastricht. On pourrait même envisager, dans un gouvernement de salut public, le retour avec lui de Philippe De Villiers, en réserve de la République, et qui a milité pour les mêmes causes, s’est désolidarisé de l’UMP tout en gardant ses distances par rapport au FN, lequel a repris ses positions sur l’Europe et l’immigration. Les deux hommes s’apprécient et leur probité est intacte aux yeux du peuple. 

Dans la tête des français la Révolution est en marche. 

Avec la Bretagne l’occasion est bonne, et rouge 

Déjà de sang, de tirer votre révérence 

Monsieur le Président ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon


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