mardi 6 mars 2018

La grande braderie des services publics, SNCF en tête



Après les autoroutes, l’aviation civile, les aéroports, les sociétés stratégiques, les cars Intercités, la police autoroutière, Macron s’attaque à la SNCF. Quand je dis Macron, je devrais plutôt dire l’UE car tout cela résulte des orientations économiques de la politique européenne, orientations que les Etats sont sommés de mettre en œuvre. Ce n’est d’ailleurs pas le soi-disant couple franco-allemand qui va s’y opposer. Le business allemand sera trop content de s’emparer du réseau ferroviaire français, le plus développé d’Europe, et de finir par nous vendre la version allemande des TGV, Alsthom étant passé sous la coupe de Siemens. La politique globale de gestion du transport marchandises et passagers, qui comprend les voies terrestres, fluviales, maritimes et aériennes, est en train d’être définitivement mise par terre sans que les usagers voient une amélioration sensible dans l’avenir. La privatisation a un premier intérêt, c’est de permettre l’enrichissement des plus grosses sociétés, avant de promettre que la gestion privée permettra non seulement cela, mais aussi la baisse des prix et l’amélioration de la qualité du service. Notez que si le premier est une certitude, le second fait partie des promesses qui n’engage que celui qui les écoute.
 
Croyez-vous que les diverses entreprises privées, qui vont se faire concurrence sur terre, dans le ciel, et même maritimes ou sur des voies d’eau, vont s’inquiéter d’un plan global d’organisation optimale entre tous ces moyens de transport ou plutôt de s’emparer de plus en plus de parts de marché ? Tuer la concurrence, d’où qu’elle vienne ou bien conclure des accords de trusts dominant le marché, reste la loi que génère celle du profit. La libre circulation des capitaux des traités de l’UE permet tout, même à des acteurs hors de l’UE, et le but de ceux-ci n’est pas le bien-être du peuple. La conception libérale de l’économie, qui a la vertu de promouvoir les meilleurs acteurs économiques, s’arrête là où commence le besoin de planification entre différents moyens dont le but est le même sur un territoire donné, à savoir les services publics, qui peuvent être plus coûteux ponctuellement mais dont le but premier est la qualité du service pour tous. L’introduction de la notion de productivité et de compétitivité dans certains cas, par exemple entre le routier, le ferroviaire et l’aérien, sont salutaires si tous font partie du service public. Elle devient néfaste quand elle se fait au détriment du service rendu à tous ceux qui contribuent par leur travail actuel ou passé à l’économie du pays et aux rentrées fiscales. 

La notion de service public, fait appel à celle d’égalité de tous devant le service que lui doit la nation. Regardons ce qui se passe en France. Le réseau autoroutier engraisse des sociétés privées qui finissent par imposer leur tarif de péage, même négocié, car il n’y a pas plusieurs autoroutes concurrentes qui relient les mêmes villes. Les quelques autoroutes non payantes survivent, et sont bien entretenues par les régions. N’est-ce pas là le principal ? Ceci n’empêche pas l’État d’apporter son obole au nom de l’amélioration des infrastructures imbriquées. A contrario la décision de confier la police autoroutière au privé renforce une politique du chiffre, que l’État pratiquait déjà pour maximiser ses profits, et non pas dans le seul but de contrôler une conduite raisonnable des usagers. La décision d’aller vers les 80 km/h sur les routes secondaires, alors que d’autres pays augmentent cette vitesse n’est pas basée sur une certitude réellement efficace de baisse des morts, en dehors du fait qu’à vitesse zéro on a zéro mort. Par contre cela complique la vie économique du pays en ralentissant les transports, donc en augmentant les coûts finaux répercutés sur les consommateurs. Par ailleurs cela aiguille les transports vers le réseau autoroutier déjà chargé et généralement payant.

Prenons le cas du transport aérien. La privatisation des aéroports se traduit par une montée des coûts de ce mode de transport par les taxes d'aéroport. On n’a pas, sauf à Paris, plusieurs aéroports dans la même ville. Cette situation de monopole ne peut que vivre au détriment de l’usager. Le gain immédiat de vente d’un bien public se fait au détriment de l’avenir comme pour les autoroutes. L’ouverture de nombreux aéroports sans une planification globale, tenant compte des différents moyens de transport et de l’éloignement plus ou moins grand des villes par rapport aux grands nœuds de communication, conduit à des situations comme Notre-Dame des Landes, ou à une concurrence malsaine aérien-ferroviaire entre une entreprise ferroviaire publique et des compagnies aériennes privées. 

Macron n’a rien trouvé de mieux que de favoriser l’émergence de transports par car entre les grandes cités. A première vue, les citoyens ont applaudi, car la mesure était présentée comme le transport low-cost pour les jeunes (car les trajets sont longs) ou pour le peuple du bas. En réalité ceci vient en concurrence du réseau ferroviaire et ne favorise que les habitants des grandes villes. Par ailleurs, lorsque l’on veut diminuer le nombre de morts et la pollution sur les routes, ce n’est pas en y mettant des autocars en plus que l’on va aller dans le bon sens. Les accidents de car sont très meurtriers. On pourrait par contre inciter la SNCF et les régions à développer des transports routiers adaptés aux fréquences et aux capacités nécessaires à une qualité de service au meilleur coût.

Si les dépenses inutiles et la mauvaise gestion sont à proscrire, la volonté d’avoir à tout prix un service public rentable n’a pas de sens en soi. Le peuple paie des impôts pour ce service public. Presser la SNCF à faire des bénéfices, ce qu’elle vient de réaliser, pour finalement la vendre à des sociétés privées qui, par ailleurs, ne prendront pas la dette telle qu’elle, n’est pas chercher le bien du peuple mais celui des grands lobbies privés. Dire que la privatisation de la SNCF améliorera la qualité du service et le prix du transport, c’est avouer que la SNCF est mal gérée. Qui choisit ceux qui la dirige ? Quelle compétence a encore Bercy ? A quoi sert la Cour des Comptes ? De toute évidence on prépare tout simplement le terrain pour les compagnies privées et on comprend que les régimes spéciaux soient dans le collimateur et dans l’urgence. Le cas des retraites suivra. On peut prévoir que le passage au privé va se traduire grosso modo, par un assainissement profitable pour les nouvelles embauches et pour la dette que l’État va reprendre presque totalement à son compte avec les retraites des anciens. C’est beaucoup de dépenses à prévoir pour lesquelles l’UE consentira une case spéciale qui n’entrera pas dans le calcul du PIB, comme pour les dépenses militaires françaises considérées faites pour l’UE. 

Au passage on note que petit à petit les tâches de l’État disparaissent, celles des régions augmentent. Ceci n’est pas le fruit du hasard. La prise de contrôle de l’UE par les grands lobbies, sur fond de banques judéo-américaines, nous conduit vers une Europe fédérale, morcelée en régions plus manipulables et dépendantes, et une disparition des États. La France, l’Italie, l’Espagne, sont sur la sellette. Pour la Grèce c’est en cours. La gestion du flux migratoire par l’UE, et le peu d’aide donné à l’Italie entre autres, va aboutir à la destruction possible de l’Italie en tant que telle. La chute économique de ce pays, la politique d’austérité, l’envahissement migratoire accroissant le chômage et la sécurité, et l’opposition ancestrale entre le Nord et le Sud peuvent avoir raison de l’unité italienne encore récente.

Si vous prenez la peine de regarder les dessous des décisions prises aussi chez nous, vous comprendrez mieux vers quoi on nous mène lentement mais sûrement… vers le servage, la concurrence entre la robotisation et le travail humain avec ses conséquences sur les salaires et le chômage, et l’abandon progressif des improductifs. Au profit de qui ? De la grande nébuleuse du Nouvel Ordre Mondial dont les tentacules se trouvent dans le 1% des plus riches fortunes françaises. Si l’on ajoute à cela que, petit à petit, les allemands trustent tous les postes clés de l’UE et de la BCE, que l’Allemagne s’appuie sur les États-Unis, on peut prévoir que la démocratie n’aura bientôt plus de réalité que sa dépouille. A moins que le peuple ouvre les yeux et que, lassé de la pollution de l’UE, il ouvre ses poumons au grand large comme est en train de le faire le Royaume-Uni.


Toutes les décisions prises par Macron sont téléguidées 

Par l’UE dans laquelle l’Allemagne et les Etats-Unis

Tiennent les rênes, l’argent et la puissance. 

Sans argent et sans armée autonome

La France n’existe plus et se vend 

Sans fin à l’Argent des puissants

Comme… au Moyen-Age !


Claude Trouvé 
06/03/18