vendredi 16 mars 2018

Hausse de la CSG : 4,5 milliards - Eoliennes : 5,9 milliards



L’État va engranger 4,5 milliards de hausse de la CSG, mais cela ne suffit pas à payer 10 vols aller-retour d’Edouard Philippe au Japon dans le cadre des mesures d’austérité. De qui se moque-t-on ? Hier, 15 mars 2018, les retraités ont manifesté pacifiquement et modestement avec 30.000 personnes dans la rue. Ce n’est évidemment pas avec ça qu’ils vont faire changer les choses, quand un million de personnes réclamant seulement un référendum n’ont pas eu l’oreille du pouvoir. Pourtant cette mesure est grave pour trois raisons. 

La première raison est que la parole de l’État est bafouée puisqu’il a mis en place un système de cotisation sur les actifs afin de payer les retraites en cours en assurant que ce système permettra au même actif, devenu retraité, de voir sa retraite payée par les actifs suivants. Il n’a jamais été question de dire à ces anciens actifs que leur retraite serait amputée pour payer les actifs suivants, ce qui est exactement l’inverse du processus mis en place et une tromperie. Le fait que même la « retraite Sécu » soit amputée en plus des mutuelles montre que cette mesure touche les plus faibles, elle est fondamentalement injuste. On voit même des retraites de 1200 euros assujetties à payer cette hausse sous prétexte qu’ils font partie des privilégiés. D’ailleurs l’indexation des retraites à l’inflation a déjà été stoppée et le pouvoir d’achat des retraités est en baisse depuis plusieurs années. D’une façon générale il n’y a aucune raison valable qui justifie d’amputer, pour quelque raison que ce soit et surtout pas par comparaison avec d’autres pays, le montant de la retraite. L’indexation doit être appliquée et le montant net doit être le montant brut, pour la raison de maintien du pouvoir d’achat. Le retraité est une personne totalement dépendante. Les seules taxes et impôts auxquels le retraité doit être soumis se nomment : impôt sur le revenu, TVA, taxe foncière, taxe d’habitation, taxe TV. En dehors de cela on ne donne pas d’une main pour retirer de l’autre.

La deuxième raison est que cette taxe est basée sur un honteux mensonge, celui de nous faire croire que c’est un geste de solidarité. D’abord prendre de l’argent à Paul pour le donner à Pierre n’a jamais rempli plus la marmite de l’argent en circulation. Deuxièmement la faible hausse du pouvoir d’achat des actifs sera vite reprise par les hausses des services publics, du timbre, des péages, des cigarettes, du forfait journalier à l’hôpital, de l’électricité, des mutuelles, des assurances, et des hausses à suivre des impôts locaux et régionaux, etc. Les seuls vrais gagnants sont les entreprises qui évitent une augmentation de salaire en évitant par exemple de suivre l’inflation. En fait il s’agit à terme d’une baisse des salaires, baisse qui ne tient qu’au financement de la cotisation sociale du salarié par la CSG, décision pouvant être éphémère. J’ai montré par ailleurs que le PIB/habitant, assez corrélé au pouvoir d’achat, et le taux d’emploi ne croissaient pas avec la baisse des salaires pour l’entreprise, bien au contraire. L’impact sur l’économie sera donc nul, voire négatif, les profits seront ceux des entreprises exportatrices, et les multinationales, championnes de l’évasion fiscale qui ponctionnent finalement l’argent des consommateurs. C’est la raison pour laquelle la politique du ruissellement est un miroir aux alouettes. 

La troisième raison est que la solidarité n’est pas compatible avec le sauvetage de la gabegie financière. On ne ponctionne pas 4,5 milliards dans la poche des retraités, quand on dépense 5,9 milliards pour les éoliennes en 2018 (chiffrage CRE). Ceci pourrait se justifier pour trois raisons : elles produisent un kWh moins cher, la Cour des Comptes a montré le contraire. Notre consommation électrique croît, il faut un surplus d’énergie : faux, RTE donne des chiffres de stabilité de la consommation depuis plusieurs années. En fait la croissance molle de l’économie, qui demanderait une production électrique supérieure, est compensée par les économies d’énergie. Ceci permettra un arrêt des énergies pilotables, énergies thermiques, nucléaires et hydrauliques : faux. Il est impossible de stopper la production hydraulique qui fournit de plus l’électricité la moins chère. L’examen des productions d’électricité de 3 pays (France, Allemagne, Belgique) qui mettent en œuvre des énergies renouvelables (EnRia) montre que 1 kWh d’électricité renouvelable demande en moyenne 1 kWh d’énergie pilotable, essentiellement thermique en Allemagne, pour pallier leur intermittence.

Même le Danemark, le leader en la matière, n’y échappe pas et compense l’intermittence des EnRia par de l’hydroélectricité importée de Norvège. En France l’énergie nucléaire fournit bon an mal an 73% à 76% de la production mais est très mal adaptée aux variations rapides de charge, lesquelles ont un impact sur le rendement énergétique des réacteurs et sur leur sécurité liée à la fréquence des cycles thermiques. En conséquence la quantité d’énergie pilotable thermique, et partiellement nucléaire, doit croître avec celle des EnRia et de la même quantité de kWh produite. Vouloir arrêter ou diminuer la production thermique polluante si on augmente le parc éolien est une absurdité physique. Elle l’est d’autant plus si l’on veut arrêter des centrales nucléaires, elles demanderont une compensation thermique, ou un mixte éolien-thermique. De plus la presque totalité des productions des EnRia sont exportées à un prix qui ne couvre pas les coûts, la France étant globalement exportatrice entre 6% et 11% de sa production électrique. Ni le fait de diminuer les productions polluantes, CO2 compris, ne peut être atteint, ni celui d’avoir des exportations rentables. Par-contre nous allons disposer de kWh supplémentaires, plus chers, plus polluants, ayant leurs nuisances propres (infrasons), et de qualité inférieure dans une technologie dont la baisse des coûts ne peut être que dans le gigantisme (cf. éolienne de 20 MW, 250m de haut à construire près de Cherbourg). L’Espagne, pour diminuer la pollution a choisi les centrales thermiques à gaz en cycle combiné, moins polluantes et de meilleure efficacité énergétique. Ce serait incontestablement plus intelligent, quand on ne veut pas investir dans le nucléaire, de remplacer nos vieilles centrales thermiques au charbon pour diminuer la pollution et baisser le coût du kWh. 

Mais il y a encore une autre raison au caractère déraisonnable de ces dépenses pour lesquelles on demande finalement aux retraités de participer, c’est la perte d’indépendance. Les productions danoise et allemande d’éoliennes ne résistent à la pression chinoise que grâce à des droits de douane, ce qui est contraire au traité de libre circulation des produits, mais quand il le faut on s’assoie dessus celui-ci, surtout lorsque cela concerne l’Allemagne. Mais par ailleurs nous restons dépendants des terres rares, indispensables à la fabrication des éoliennes et des panneaux solaires, comme des batteries électriques d’ailleurs, métaux en grande majorité produits par la Chine. Si celle-ci le veut, elle peut donc bloquer la fabrication européenne et imposer ses propres éoliennes et panneaux solaires, car elle se place en premier producteur mondial dans ces domaines et se prépare à en inonder l’Afrique grâce aux milliards prévus pour le réchauffement climatique (cf. COP21).

Il s’agit donc d’une arnaque contre une catégorie de citoyens dont on sait que les nuisances dans une protestation de rue sont faibles. Toutefois elle représente une grande partie de l’électorat et encore plus des votants. Le rendez-vous des prochaines élections pourrait bien voir à ce moment un vote de protestation contre une décision inique qui n’est que l’application des directives économiques de l’UE.

Enfin je terminerai mon propos par un constat sur la lente dérive d’un pays qui se meurt. Une telle disposition est révélatrice du peu de cas que Macron fait du peuple par ses réponses lapidaires « J’assume », mais aussi de la lente vampirisation de l’argent des citoyens pour le « big business », cette caste qui veut diriger le monde à sa façon et à son profit. Rien ne doit résister à cette machine destructrice des nations, de la démocratie et du bien-vivre du peuple. Les Italiens, après les Grecs, s’apprêtent à vivre un cauchemar, où l’emploi les fuit, la pauvreté les gagne, l’immigration les submerge, et leur économie s’effondre. Comme la Grèce, l’Italie se dirige vers une perte totale de la gestion économique et financière de ce pays, reprise par le trio UE-BCE-FMI imposant une politique d’austérité et de dépouillement de son patrimoine. Nous amorçons petit-à-petit ce virage que la majeure partie de la population voit se dérouler sans comprendre encore que Macron n’est qu’une marionnette qui ne bouge que dans le sens des marionnettistes du trio USA-EU-Germany, eux-mêmes serviteurs d’une nébuleuse financière, que l’on nomme le Nouvel Ordre Mondial. Tant que cette prise de conscience ne sera pas faite, le peuple français paiera pour eux. 

Il serait temps que les partis politiques d’opposition en prennent conscience mais aussi que ceux, en particulier qui veulent sortir de l’UE ou de l’euro, mettent le doigt sur des exemples patents de gabegie financière qui servent ce NOM au détriment du peuple. En l’occurrence dans cet article les 5,6 milliards de coût des éoliennes ne sont pas rien par rapport aux 9 milliards nets que nous récupèrerions en sortant de l’UE. J’attends toujours qu’on le dise. Le dogme du réchauffement climatique glace toujours les réflexions pragmatiques à ce sujet. L’écologie est un luxe nécessaire à une évolution positive de l’humanité, mais elle ne doit pas occulter les attitudes de bon sens, sinon c’est un dogme qui devient l’écologisme, lequel finit par aller à l’inverse du but recherché.
 
Les assujettis à la hausse de la CSG sont triplement cocus. 

Ils le sont tout d’abord parce que rien ne changera.

Ils le sont parce qu’ils paient pour la gabegie. 

Ils le sont parce que les vrais profiteurs

Empochent et se fichent bien d’eux !


Claude Trouvé 
16/03/18