lundi 19 mars 2018

Démantèlement des services publics et souveraineté des ploutocrates


Quand Poutine est élu pour la quatrième fois c'est de la dictature, quand Merkel est élue pour la quatrième fois c'est de la démocratie. Mais quand la démocratie devient dictature c’est qu’elle échappe au peuple. Macron s’est fait élire sur une série de promesses mensongères dont l’essentiel est contenu dans une idée maîtresse, celle de la prééminence du monde de la finance des banques et des multinationales. Cette idée maîtresse ne peut être dite telle quelle mais cela passe par un éventail de mesures toutes partielles mais toutes orientées vers le même but, enrichir les riches sans que les spoliés s’en aperçoivent.

Si l’on fait la chasse aux chômeurs non vertueux, si l’on permet de licencier plus facilement, si l’on ponctionne l’argent des retraités, si nous devons payer le courant électrique, le timbre et le passeport plus chers, si la taxe d’habitation n’est toujours pas supprimée, si nous devons rouler comme des escargots, si la gendarmerie est privatisée sur la route, s’il faut mettre les délinquants dehors plutôt qu’en milieu fermé… c’est finalement pour notre bien. La France est enfin en marche vers un bonheur promis, autrement dit nous nous serrons la ceinture pour en bénéficier plus tard grâce à une croissance promise sur parole et ruisselant des profits de nos entreprises. En somme au lieu de mettre notre argent à la banque, nous le mettons dans les entreprises et dans des dépenses d’Etat qui les enrichissent, et nous avons un retour sur investissement… en 2022, une sorte de PEL en somme.

Nous pensons donc tous « printemps » parce qu’il faut que la nature ait le temps de produire son blé d’été, et nous laissons le maître des lieux faire le ménage et épousseter partout les vieilleries qui paralysent la France. Les français, trompés par les deux derniers quinquennats, ont remis ça avec un banquier en pensant que les politiques n’étaient que des menteurs. Ceci prouve que les banquiers ont encore bonne presse ! Pourtant le banquier est par définition un illusionniste, et ce n’est pas moi qui le dit mais la banque Rothschild qui a mis son poulain à la tête de la France parce que justement il apparaissait très doué dans ce rôle. Or cette banque, à qui seuls 9 pays ont pu résister, ne fait pas de mauvais choix. Macron défait petit morceau par petit morceau la force vive et le patrimoine de notre pays profitant d’un effet de vitesse des réformes qui anesthésie toute velléité de contestation organisée… jusqu’à maintenant.
 
Il semble que cette fois la réforme des statuts de la SNCF et la remise en cause du régime spécial de ses salariés alerte la population. La présentation dans le paquet cadeau Macron surfe sur la nécessité de stopper le déficit et de réaliser des investissements sur les infrastructures pour améliorer la sécurité et la qualité du service. Le passage à la concurrence est présenté comme une bonne nouvelle, sous-entendu guerre des prix et tarifs plus avantageux. La première réaction des citoyens était plutôt favorable, mais la ficelle s’est avérée un peu grosse, car un relent de privatisation à venir s’est fait jour. Bruno Lemaire ne cache d’ailleurs pas l’orientation politique générale dans ce sens. L’intention de vendre nos barrages hydroélectriques vient confirmer l’idée de se dégager de tout ce qui était sous le contrôle de l’État, hormis dans le secteur de la Défense. 

Cette orientation n’a pas été présentée clairement aux français par le candidat Macron. Elle est pourtant clairement une orientation politique fondamentale qui a fait l’objet autrefois de joutes politiques intenses. C’est donc une tromperie antidémocratique, une véritable traîtrise. Sur le fond il s’agit de savoir ce qu’est finalement le rôle de l’Etat dans les services fondamentaux qu’il doit à son peuple. Déjà l’État ne gère plus la monnaie, subordonne sa défense et sa politique étrangère à un pays étranger, transcrit 80% de ses lois à partir des directives européennes, et soumet son budget à la validation de l’UE. Même la maîtrise de son énergie subit des influences de groupes de lobbies. Si l’énergie, l’eau, les infrastructures, les réseaux ferrés, les aéroports, les canaux, les ports passent aux mains des privés, la France remet son destin entre les mains d’entités dont la seule réelle motivation est le profit qui passe par le mot « rentabilité ». Celui-ci n’est pas compatible avec la notion de service public dont le rôle n’est pas de couper dans le vif tout ce qui n’est pas rentable mais de respecter l’un des principes fondamentaux de la République, l’égalité pour tous. 

L’affirmation que la privatisation des services publics est forcément un mieux sur le tarif pour l’usager et une amélioration du service est une affirmation gratuite. Les transports ferroviaires britanniques sont plus chers que les nôtres, les péages de nos autoroutes ne cessent d’augmenter au-delà de l’inflation et ma facture d’eau itou. EDF a fait longtemps des bénéfices dans lesquels l’Etat a ponctionné. L’orientation politique sur les EnRia, dans laquelle nous ne sommes pas compétitifs, et qui demandent des investissements d’infrastructure a changé la donne, car ce secteur est déficitaire. Or derrière ce sont les fabricants et les exploitants qui ramassent l’argent, sans parler que les subventions sont payées par l’État. Mais le pire est que les réseaux vitaux de l’économie passent entre des mains privées qui peuvent d’ailleurs ainsi imposer à l’État des dispositions qui leur sont favorables car ils détiennent des moyens de pression considérables. Nous connaissons tous la force des grèves dans les transports ou dans l’énergie par rapport à celle des salariés des perceptions. 

Mais derrière tout cela il y une vision du monde totalement différente, celle des maîtres d’une grande partie de la planète compte tenu de la puissance de leur argent. Moins d’une dizaine de personnages, accompagnés par quelques centaines de multinationales, imposent une nouvelle vision du monde dans laquelle les Etats sont à leur service ou disparaissent. En ce qui nous concerne, ils tiennent l’UE, et l’OTAN les sert avec le monde militaro-industriel américano-juif de ce que l’on nomme l’Etat profond. Les États-Unis regorgent de groupes d’influence cherchant à tirer la couverture à eux mais la direction principale reste le Nouvel Ordre Mondial qui prône une mondialisation où l’argent est roi et auquel personne ne doit plus échapper. Cette ambition passe par la privatisation, idée qui a été exprimée par les « Rothschilds » en 1980. La dépossession des États des dernières bribes de souveraineté passe par cette ultime étape qui va de pair avec un démantèlement en régions autonomes, comme cela se déroule en France. 

Privatisation et morcellement mettent les peuples à merci du pouvoir de l’argent. Si l’on ajoute la robotisation et l’intelligence artificielle, on voit qu’une grande majorité de la race humaine devient inutile et les survivants seront corvéables à merci. Tout ceci se déroule plus ou moins subrepticement sous de faux drapeaux qui masquent les buts réels par des promesses illusoires mais attrayantes du type chirurgical : « vous allez souffrir mais vous irez mieux après », sauf que dans ce cas l’après est toujours après l’après.

Il reste au peuple à comprendre qu’il est leurré

Mais qu’il détient encore un pouvoir.

 C’est le seul que craint encore

La puissance de l’argent, 

Le peuple dans la rue !


Claude Trouvé 
19/03/18