vendredi 12 janvier 2018

Fake News : On nous trompe même sur Trump !



Macron nous prépare une nouvelle loi sur le contrôle des fausses informations ou celles susceptibles de nuire à la France. On peut s’étonner de voir arriver une nouvelle loi pour remplacer la précédente qui semble « parfaitement » répondre à l‘objectif visé. Quand je dis parfaitement, je veux dire par là qu’elle permet à l’État de faire un peu n’importe quoi dans ce domaine à condition que la Justice le suive. Or c’est bien là que le bât blesse, car la justice indépendante n’est pas une garantie républicaine intangible. C’est en effet l’Etat qui nomme et paye ces fonctionnaires de la Justice et non un collège de citoyens ou de ses représentants pris au hasard comme on le fait pour les jurés d’Assises. Que dit la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, actualisée par l’ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 entrée en vigueur le 1er janvier 2002, dans son article 27 du chapitre IV ? « La publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler, sera punie d’une amende de 45 000 euros. Les mêmes faits seront punis de 135 000 euros d’amende, lorsque la publication, la diffusion ou la reproduction faite de mauvaise foi sera de nature à ébranler la discipline ou le moral des armées ou à entraver l’effort de guerre de la Nation. »

Comme le dit très justement François Asselineau : « Que demander de plus ? » Il est évident que l’information par internet y est implicitement incluse. Alors durcir les sanctions ? Il n’y a pas matière à une nouvelle loi, une ordonnance suffit. Visiblement le but est de faire peur et de promouvoir par elle une autocensure. La période de deux ans sur laquelle s’appliquerait cette nouvelle loi ne serait appliquée que pendant la période préélectorale. Il est évident que la durée de cette période est à la discrétion de l’Etat, et des élections qui se succèdent peuvent ainsi la rendre permanente de fait. Il apparaît que, d’une part Macron est déjà dans la préparation des élections européennes et donc dans une période préélectorale non officialisée, et que d’autre part il veut éviter le piège dans lequel Hillary Clinton n’a été sauvée (provisoirement) d’un scandale d’Etat que par un appareil d’Etat à la solde d’Obama. Toute révélation vraie ou fausse qui viendrait troubler le déroulement d’une campagne électorale et surtout présidentielle tomberait sous le coup de la loi. Voilà de quoi refroidir ceux qui disposent d’informations gênantes vraies ou fausses et permettre aux grands relais médiatiques de jouer à plein comme ils l’ont fait pour Hillary aux Etats-Unis sans succès d’où la stupéfaction engendrée, et pour Macron en France avec le succès que l’on connaît. 

L’État veut conforter son droit de distinguer lui-même le vrai du faux… comme ce fut le cas en URSS, et comme cela se passe pour le réchauffement climatique où la controverse n’est encore sanctionnée que par sa décrédibilisation et celle de ses partisans, mais où elle est muselée par ailleurs dans les médias. Les mots Fake News ont finalement un domaine d’action plus étendu que les fausses nouvelles. On peut y inclure le matraquage médiatique et politique de la doxa qui empêche le déroulement normal d’un processus démocratique. On peut y mettre par exemple la déstabilisation de François Fillon, coupable certes, mais pour lequel le processus judiciaire a tourné à vitesse accélérée et a été accompagné par un battage médiatique qui a même déstabilisé le candidat dans sa défense. Cela a-t-il été le cas pour François Bayrou ? Non et pourtant il s’agissait du Ministre de la Justice et colistier de Macron dans la Présidentielle.
Quand Macron dit qu'il n'y aura plus un seul SDF dans la rue fin 2017 et qu'il considère que ceci est résolu en janvier 2018 parce que toutes les dispositions sont prises, il est évident qu’il ne s’est pas promené Porte de la Chapelle. Il s’agit d’une Fake News. Mais même avant d’être élu, il a menti sur sa scolarité et ses travaux de philosophe. Il a même menti lorsqu’il a affirmé à Paris-Match qu’il « échangeait » des idées avec l’intellectuel tunisien Abdelwahab Meddeb, lequel était mort depuis deux ans. N’a-t-il pas donné le change quand il a dit être socialiste ? Quand il a affirmé que la France jouerait équitablement son rôle européen dans l’accueil des migrants et qu’il tient désormais un autre langage d’immigration choisie à son gré, n’est-il pas un diffuseur de mensonges ? Peu importe que l’on soit d’accord ou non, il a trompé une partie de son peuple… celui des gens de rien que l’on croise dans les gares.

Mais dans le rôle du matraquage médiatique, le cas de Trump est exemplaire. Voilà un Président qui a subi un déchaînement médiatique non seulement tout au long de sa campagne mais qui ne le lâche plus depuis son investiture. Il est la cible non seulement aux États-Unis mais dans le monde occidental et particulièrement dans la partie francophone de l’Europe. Mon propos n’est pas de faire de Trump, un homme apprécié des français, mais de montrer que le matraquage est en soi une Fake News parce qu’elle rend inaudible toute autre information comme ce fut le cas dans les républiques totalitaires de l’URSS et de la Chine. Trump est ce qu’il est, on l’aime ou on le déteste, il est clivant comme il l’a été dans son pays. Mais les attaques tout azimut dont il est l’objet auraient déjà dû soulever un mouvement populaire de grande ampleur si une partie très importante du peuple ne le soutenait pas toujours.  

Les attaques médiatiques orchestrées par l’intelligentsia urbaine de la côte Est, démocrate et en partie républicaine, n’atteignent pas l’électorat de Trump composé majoritairement de citoyens de l’Amérique profonde et des grandes villes à l’économie exsangue. Ils ont compris que celle-ci les prend aussi pour des gens de rien, et ne croient plus les horreurs déversées sur leur Président. Celui-ci leur parle un langage direct qu’ils comprennent et qui heurte les oreilles sensibles de l’élite occidentale en particulier gauchisante. Ces propos ne sont évidemment pas corrects diplomatiquement mais ils traduisent sa pensée sans ambiguïté. A titre d’exemple on nous sert avec le dégoût médiatique qui convient ses propos sur l’immigration où il préfère les norvégiens aux migrants venant d’Haïti, « ce pays de merde ». Horreur crie-t-on ! Il n’a pas dit que ses habitants étaient de la merde, ce qui serait évidemment raciste. Non mais il est vrai que ce pays est dans la merde, c’est une réalité que l’on peut déplorer. On peut tout juste lui reprocher de ne pas associer à son repli migratoire, des mesures pour sortir justement ce pays de la merde en y déversant les milliards qu’il soustrait à l’ONU et à la lutte mondiale pour le climat. 

A titre de comparaison il faudrait se souvenir des propos de Macron sur les gens de rien (de la merde donc) et sur les Comoriens migrants sur Mayotte, propos éminemment racistes. La presse en général évite soigneusement de faire le rapprochement entre Trump et Macron surtout dans cette période où la loi sur l’immigration va pour la première fois bousculer les élus de LREM. Le conditionnement de nos concitoyens marche à fond et les français qui osent encore trouver quelques qualités à Trump s’enfoncent dans leur fauteuil et laissent passer l’orage de propos haineux ou blessants sur ce Président qui n’est pas le nôtre de ceux qui oublient d’ouvrir les yeux sur ce que le nôtre justement nous fait avaler comme couleuvres. Le pire finalement n’est pas la fausse nouvelle quand elle est passée au crible de médias indépendants et de citoyens dotés d’un minimum de sens critique. Le pire c’est le matraquage de « vérités », vérifiables ou non, qui empêchent de développer le sens critique qui est la base d’une démocratie. C’est ce que nous subissons, on nous fait bêler ensemble !
 
Que le lynchage de Trump, le matraquage de la Russie, 

L’incessante litanie sur la jeunesse et l’efficacité

D’un Président qui sait enfiler les mots 

Mais dont on attend toujours

Des résultats tangibles 

Soient l’occasion de

Penser d’abord par 

Nous-mêmes !
 
Claude Trouvé 
12/01/18