mercredi 24 janvier 2018

Économie : Au lieu des discours regardons les chiffres (5ème partie)


L’une des mesures importantes prises par notre pseudo-pharaon porte sur l’allègement des charges fiscales sur les entreprises qui se plaignent du coût de la main-d’œuvre et ne cessent d’exercer une pression sur les salaires avec une augmentation du SMIC qui ne suit que péniblement l’inflation. Pour donner un peu de pouvoir d’achat aux salariés, leurs cotisations sociales sont allégées « grâce » à une ponction de CSG sur les retraités. Il s’agit donc en fait d’un transfert de niveau de vie signifiant que les non-productifs sont un poids pour la nation. Mais le pouvoir d’achat du consommateur va vite être érodé par l’augmentation des impôts et taxes par ailleurs. On nous préparerait en plus une augmentation plus importante de l’électricité et de la taxe foncière. La prise en compte des dégâts des inondations serait confiée aux communautés locales… donc celles-ci devront trouver l’argent nécessaire. Où ?

Il convient donc de voir quel impact a réellement le coût de la main-d’œuvre sur les deux indicateurs qui intéressent le consommateur, le PIB/habitant et le chômage. Le graphique ci-contre s’intéresse à la période Hollande et exclut l’Irlande qui présente des valeurs extrêmes avec une diminution du coût de la main-d’œuvre de 4,6% mais un PIB/habitant qui croît de 40,8% sur la période 2012-2016 ! Il est évident que cette augmentation n’est pas due principalement à la baisse du coût de la main-d’œuvre mais à une baisse importante de l’impôt sur les sociétés autorisée par l’UE. Elle correspond pour ces sociétés à un afflux vers l’Irlande et à une compétitivité accrue. Car l’enseignement fondamental que nous retirons de ce graphique c’est que l’augmentation du coût de main-d’œuvre n’est pas un frein au PIB/habitant mais au contraire un avantage. Ceci est très net entre la Grèce et Chypre d’une part, et les pays Baltes d’autre part. Mais cela concerne aussi les grands pays comme l’Italie, l’Espagne, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Pologne. La France ne brille d’ailleurs pas par rapport à l’UE et même par rapport à la zone euro. L’augmentation de la richesse produite par habitant passe par la hausse du coût de la main-d’œuvre ! Voilà de quoi clouer le bec au Medef !

Mais on doit se faire une meilleure idée de ce qui revient au salarié dans les différents pays. On constate la diversité des rémunérations d’un pays à l’autre. Il n’y a pas de lien significatif entre salaires et variation de salaires. Ce graphique montre que les variations de salaire ne sont pas liées au niveau des salaires. Les pays à faible niveau de salaire peuvent avoir des augmentations spectaculaires, comme les pays Baltes et de l’Est, ou au contraire des diminutions de salaire drastiques comme la Croatie, Chypre et la Grèce. Mais un fort niveau de salaire n’interdit pas de faire une augmentation de plus de 10% en 5 ans comme en Suisse. Ceci montre qu’il n’y a pas de preuve que le salaire soit un handicap à l’économie globale d’un pays puisque le PIB/habitant de la Suisse est plus de deux fois supérieur à celui de la France, 82.178$ contre 37.728$ en 2016. D’ailleurs le Royaume-Uni avec un PIB/habitant de 17% supérieur au nôtre a réussi une augmentation de salaire plus de deux fois supérieur au nôtre ! 

Que l’on ne vienne plus nous dire que les salaires sont l’alpha et l’oméga de la politique économique d’un pays et que la réussite de notre pays nécessite que les salaires et les coûts de main-d’œuvre doivent être la cible de l’austérité créatrice de richesse. C’est faux, mais on peut penser que la Suisse et le Royaume-Uni sont maîtres de leur monnaie, pas nous. L’Allemagne avec un PIB/habitant supérieur de 9% au nôtre a réussi à augmenter ses salaires d’un pourcentage de 50% supérieur à nous, et elle a, sur cette période, des excédents commerciaux énormes quand nos déficits devenus endémiques pèsent lourdement sur notre richesse nationale. La France n’a qu’un seul handicap, un euro trop fort pour l’état actuel de son économie, comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce et Chypre. Sortons de l’euro et pour cela sortons de l’UE.

Il est dit que les charges sur les entreprises plombent notre compétitivité, est-ce réel par rapport aux autres pays de l’UE ? Le graphique ci-contre montre que globalement le coût total de main-d’œuvre suit les salaires avec 0,9% pour 1% de variation des salaires. Les grands pays dont l’Allemagne, le Royaume-Uni, et l’Italie, mais aussi la Belgique, pays avec lesquels nous commerçons, ont une variation nettement inférieure. Par exemple par rapport à la pratique générale, elle est de -4% inférieure pour la France, de -6,9% pour le Royaume-Uni, mais de -3,5% pour l’Allemagne, de -2,5% pour l’Italie et de + 0,1 pour l’Espagne. Pendant la période 2012-2016, nous avons donc perdu du terrain sur le coût de la main-d’œuvre par rapport au Royaume-Uni mais gagné sur tous les autres pays proches, mais malgré cela notre PIB/habitant a perdu du terrain par rapport à l’Allemagne et même par rapport à la zone euro.

Le coût total de la main-d’œuvre française est effectivement de 7,3% plus élevé qu’en Allemagne, mais l’impact sur le prix des produits est généralement beaucoup plus faible. Toutefois sur des produits agricoles, la main-d’œuvre est importante et nous sommes directement concurrencés par l’Italie et l’Espagne. Le Royaume-Uni peut nous concurrencer mais les marchés en France sont étroits pour lui. En fait l’Allemagne est une concurrente qui joue sur les salaires très bas des pays de l’Est et Baltes, lesquels participent à l’élaboration de leurs produits industriels. Nous avons vu au début de l’article que, de toute évidence, la course à la diminution des salaires n’est pas la voie de salut, mais le contingentement des importations ou la pratique de droits de douane est nécessaire. Ceci nous est interdit tant que nous sommes dans l’UE. Sortons-en ! 

Le PIB/habitant ne peut s’améliorer dans notre appartenance à l’UE et à la zone euro. La baisse des charges et les subventions aux entreprises ne peuvent nous permettre de combler le retard de compétitivité dû à l’euro qui est de 10 à 15%. L’euro nous handicape, d’une part pour les marchés extérieurs sur l’ensemble de l’UE où les coûts de main-d’œuvre sont globalement inférieurs, et d’autre part pour les grands pays de la zone dollar. Mais la concurrence sur notre marché intérieur ne peut être réglée que par un contingentement des importations ou des droits de douane. En conséquence il n’y a pas de salut dans l’UE, les mesures en faveur des entreprises, l’augmentation des taxes et impôts, la pression sur les salaires, ne peuvent redresser notre économie au niveau où elle devrait être. Le mondialisme pèse sur nous sans que nous puissions nous défendre. 

Il nous reste un but à explorer, c’est le chômage dont on nous dit qu’il va baisser. Il peut le faire grâce à des facteurs exogènes qui bénéficient au monde entier, mais la vraie baisse c’est celle acquise par des facteurs endogènes pilotables par la politique étrangère et socio-économique de l’Etat. C’est ce que nous verrons dans le prochain article.
 
Le mondialisme, celui qui a gangréné l’UE, 

Et nous enserre dans un traité, le TFUE,

Lui permet ainsi de nous contrôler 

Pour des puissances de l’argent

Avec la sueur des pauvres !

Claude Trouvé 
24/01/18