jeudi 25 janvier 2018

Économie : Au lieu des discours regardons les chiffres (6ème partie)



Avant de continuer à explorer les chiffres, il est temps de faire un premier bilan. Nous avons vu dans les articles précédents que la politique du "ruissellement" était un postulat, l’un des maillons d’une doxa instillée et martelée dans les esprits de nos concitoyens. Selon lui, les bénéfices des entreprises doivent automatiquement enrichir l’État, réduire le chômage et donc assurer un meilleur niveau de vie. J’ai développé les arguments montrant que cette automaticité était loin d’être prouvée alors que cette politique est appliquée au moins depuis le mandat de Sarkozy. La comparaison entre les deux quinquennats, de celui-ci et de Hollande, a montré dans le premier article que depuis 2007 la croissance s’est dégradée relativement et dans l’absolu, et qu’en 2016 celle-ci a été moins forte que dans l’UE. La croissance de la France de 2016 finit plus mal que celle de l’Allemagne et même de la zone euro. Le fait que d’autres pays du Sud aient fait moins bien que nous n’est pas une excuse, car force est de constater que le quinquennat Hollande a été économiquement catastrophique pour notre pays. Que gardera l’histoire, peut-être cet aveu, presque posthume, rappelé dans l’image ci-dessus.

Dans le deuxième article au lieu de faire ce constat sur les années, 2007-2011-2016, les comparaisons entre les pays européens ont porté sur les variations cumulées du PIB sur les deux périodes 2007-2011et 2012-2016. Les conclusions sont globalement les mêmes sur la comparaison des deux quinquennats mais permettent de confirmer que les pays ayant une croissance forte se trouvent dans des petits pays de l’Est ou Baltes, mais aussi Malte et le Luxembourg de la liste officieuse des paradis fiscaux. Le fait que la zone euro réussisse moins bien que l’UE, elle-même très en retard par rapport à des pays hors UE comme l’Islande et la Turquie, montre que ni l’UE, ni la zone euro, ne donnent un avantage économique. Mais le meilleur résultat global des pays européens ayant gardé leur monnaie nationale montre que la flexibilité de la monnaie est un atout essentiel de réussite d’un pays. Le seul pays qui y échappe est l’Irlande dont on sait qu’il bénéficie d’une autorisation européenne d’accueil des sociétés étrangères par incitation financière.

On a pu constater que l’utilisation de l’indicateur PIB/habitant était préférable à la croissance calculée sur le PIB. Il révèle ainsi que la France, malgré une légère croissance, a vu décroître son PIB/habitant et que la politique migratoire allemande s’est traduite par une variation nulle de celui-ci dans la deuxième période alors que sa croissance cumulée a été très supérieure à la nôtre. Contrairement à cette croyance que l’on cherche à nous inculquer, l’immigration n’enrichit pas le peuple d’accueil sauf à dose contrôlée assurant l’emploi et à condition d’être sans impact sur les charges sociales par habitant. L’immigration fait pression sur les salaires et enrichit les grandes entreprises mais appauvrit le peuple. 

Le troisième article s’est intéressé à l’impact de la politique socio-économique sur le chômage pour constater que cet indicateur nous est très défavorable. La France se signale par son mauvais résultat sur la période 2011-2016 avec 2% d’augmentation/UE et 1,1%/zone euro, ce qui est cohérent avec la baisse de sa croissance de -1,2% et surtout de son PIB/habitant de -3,7%. Mais la comparaison entre les pays européens a montré que la croissance ne se traduit pas immanquablement par une baisse du chômage, ce qui prouve que l’argent peut aller ailleurs que dans l’embauche. L’utilisation de l’indicateur du taux d’emploi, qui inclut les emplois à temps partiel contrairement au chômage qui ne prend que les temps pleins, ne nous est pas plus favorable au contraire. Nous avons fait moins bien que l’UE et la zone euro. Dans certains pays il y a une mouvance, dans un sens ou dans l’autre, entre le temps partiel et le temps plein. Lorsque les deux vont dans le même sens c’est un signe très positif ou très négatif. La France, et surtout l’Italie présentent ce signe de dégradation économique, le Royaume-Uni au contraire un signe de santé. L’étude du lien entre le taux de croissance et le chômage sur les deux périodes a donné un résultat surprenant. Si dans la première période 2007-2011, le taux de chômage décroit avec une variation positive du taux de croissance, ce qui paraît logique, la tendance est inverse dans la période 2012-2016 de reprise de la croissance. Il apparaît que, mis à part les pays nouvellement entrés dans l’UE ou en perdition comme la Grèce qui donnent cette tendance, la croissance dans la période 2012-2016 ne produit plus de l’emploi, l’argent passe donc ailleurs, dans les caisses de l’État ou des entreprises, et peut-être dans la spéculation.

Dans le quatrième article l’examen du taux de privation, indice de pauvreté, montre que la France fait encore moins bien dans la diminution de ce taux que l’UE et même que la zone euro dans la période 2012-2016, alors que ce n’était pas vrai dans la période précédente. C’est une raison de plus, de constater que la période Hollande a été mauvaise sur tous les plans, malgré des facteurs exogènes beaucoup plus favorables, et de regretter qu’elle soit globalement reconduite et exagérée par Macron. Mais cette étude de comparaison entre les deux périodes fait le même constat que pour le chômage. Dans la première période le taux de privation décroît avec l’augmentation de la croissance, mais dans la seconde période cette tendance de diminution du taux de privation avec le gain de croissance n’existe plus, car le lien entre croissance et taux de privation n’est plus prouvé. Les pays utilisent différemment la croissance vis-à-vis du taux de privation. Par contre sur cette période 2012-2016, il existe un lien fort entre le PIB/habitant et le taux de privation dans le sens logique de diminution de ce taux avec le gain de croissance. Ceci montre l’intérêt de cet indicateur qui tient compte des variations de population. La France, compte-tenu de sa perte de PIB/habitant, ne fait pas mieux que l’UE, mais fait mieux que la zone euro et surtout que l’Allemagne et la Belgique. Pour l’Allemagne l’explication tient dans l’arrivée du flux migratoire et confirme le fait que l’immigration se fait au détriment de la richesse à répartir. 

Le cinquième article s’attaque au postulat selon lequel l’augmentation du coût total de la main-d’œuvre est défavorable à la création de richesse, sous-entendu celle à répartir sur les habitants. Enfin c’est le message que l’on veut nous faire passer, mais dans l’esprit de ceux qui tirent profit de la diminution du coût de la main-d’œuvre, il s’agit de croissance sans précision sur sa destination. Malheureusement pour ces derniers, et finalement pour nous puisque nous croyons au postulat, il apparaît sur la période 2012-2016 et l’ensemble des pays de l’UE, que 1% de coût de main-d’œuvre en plus génère 0,5% de plus du PIB/habitant ! La politique de réduction des coûts de main-d’œuvre par intervention de l’Etat va dans le mauvais sens pour le PIB/habitant qui intéresse le monde des consommateurs. Certains vont dire que, dans un monde concurrentiel, il est plus facile pour un pays d’augmenter les salaires quand ceux-ci sont bas que l’inverse. Nenni, il n’y a pas de lien prouvé entre les deux. Dans les bas salaires, les Pays Baltes les ont énormément augmentés, tandis que les Grecs et Chypriotes les ont énormément diminués. Salaires et variation des salaires sont de choses différentes évoluant séparément.

Un autre argumentaire est de dire qu’il y a les salaires et les charges qui y sont associées, la France aurait été le pays ayant souffert de ces dernières. On retrouve bien ce lien étroit entre salaires et coût total de main-d’œuvre, mais durant cette période 2012-2016, mais la France a moins fait progresser le coût de main-d’œuvre par rapport au salaire que l’ensemble des pays de l’UE et même que ceux de la zone euro, pourtant ceci n’a pas empêché notre croissance de perdre plus qu’eux. Si les coûts de main-d’œuvre français sont de 7,3% plus élevés que ceux de l’Allemagne, ils le sont moins que la Suède dont l’économie marche mieux que la nôtre. Il est faux de dire que la réussite de notre pays nécessite que les salaires et les coûts de main-d’œuvre doivent être la cible d’une pression soi-disant créatrice de richesse. Il est donc erroné de penser que l’utilisation de notre argent, pour subventionner les entreprises ou pour les inciter à ne pas augmenter les salaires, va relancer notre économie. Elle peut croître en raison de facteurs exogènes favorables actuellement, mais notre argent pourrait être mieux utilisé ailleurs dans la santé, la sécurité, la justice, les infrastructures, la simplification du code du travail, etc. que dans les mesures financières pour les entreprises.

La différence de compétitivité de notre pays est essentiellement due au double handicap de l’impossibilité de jouer sur la monnaie, comme en Suisse et au Royaume-Uni, qui nous handicape sur le marché de la zone dollar entre autres, et de la libre circulation des capitaux, qui viennent mettre à mal notre tissu de petites et moyennes entreprises sur le marché intérieur. Par son entrée dans la zone euro et le Traité de Fonctionnement de l’Union Européenne, la France est empêchée d’agir pour ses propres intérêts. La dévaluation de la monnaie, le contingentement des importations ou la gestion de droits de douane, la gestion des capitaux étrangers entrant, nous sont interdits par l’UE. Or la France fait moins bien que l’ensemble des pays de l’UE et même de la zone euro. La conclusion qui s’impose… Sortons de l’UE ! Ceux qui vous disent le contraire vous mentent, les chiffres sont là pour le prouver. Un pays peut bien vivre en dehors de l’euro et pas seulement la Suisse. Le Brexit devrait ouvrir les yeux sur un pays qui s’était relancé sur la période 2012-2016, au contraire de la France, et qui, malgré cela, veut sortir de l’UE. Français, fermez vos oreilles aux discours du mondialisme heureux… pour les grandes fortunes, ils ne veulent que votre argent. Les sollicitudes pour le peuple affichées à Davos sont autant d’attrape-nigauds.

Il y a les discours, les chiffres et les chiffres que l’on nous cache. En décembre 2017 le chômage a reculé de -0,1% et de -0,5% en un an. Il s’agit de la catégorie A, mais sur l’ensemble des catégories c’est +0,1% et +0,8%. Pour ceux qui croient encore que la politique actuelle fera sensiblement diminuer le chômage, alors que celui-ci avait baissé de -0,3% dans l’UE et dans la zone euro et qu’il a au contraire augmenté de +0,2% en France durant le troisième trimestre 2017 selon Eurostat, je vous invite à lire le prochain article sur l’étude comparée sur le taux de chômage et sur ses liens avec les données économiques.


A une période difficile sous Sarkozy a suivi 

Une période très favorable sous Hollande

Sans que le peuple français en profite. 

Avec Macron et les mêmes recettes

Ça va changer ? Non, à moins que 

Les moutons étouffent le loup

Déguisé en chaperon rouge !

Claude Trouvé 
25/01/18