mercredi 10 janvier 2018

Consensus mondial sur le réchauffement climatique. Vraiment ?



La doxa politico-médiatique ne cesse de pilonner nos esprits avec les soi-disant preuves du réchauffement climatique. Il ne se passe pas un évènement météorologique exceptionnel, voire inhabituel, sans qu’un présentateur télé ou un invité ne fasse un couplet pour lier celui-ci au réchauffement climatique. Tout est bon, l’ours blanc, les ouragans, les tornades, les tsunamis, les températures élevées de l’été, l’émigration pour cause de montée des eaux, la fonte des glaciers, la disparition des glaces aux pôles, la dérive d’une plaque de glace en Antarctique, les incendies, etc. etc. L’accumulation des informations sur ces évènements en un temps très court suffit à démontrer que tout ceci n’est pas dû au hasard mais bien au réchauffement climatique. Pour faire bonne mesure on invite des météorologistes dont la compétence est différente de celle des climatologues, des représentant d’ONG comme WWF et on fait appel à une autorité en la matière, Jean Jouzel, vice-président du GIEC et spécialiste des carottages glaciaires.

Ce n’est que très récemment que l’on a vu une timide apparition d’un groupe de scientifiques contestataire dans les médias. On n’a jamais une émission d’affrontement entre des climatologues reconnus présentant des points de vue opposés, comme on le fait pour des émissions politiques. Le téléspectateur doit s’en tenir aux affirmations péremptoires qu’il n’est pas en mesure de contester. Par ailleurs la manipulation des informations par l’image entre autres vient frapper les esprits de ceux qui ne doutent pas qu’elles soient représentatives d’une vérité. C’est le cas de l’ours blanc « affamé », et privé de glace par le réchauffement, qui a surgi au moment de l’anniversaire de la COP21. Cela permet de globaliser le discours jusqu’à la disparition des espèces, thème cher aux défenseurs de la nature comme WWF. Il s’agit pourtant d’une manipulation. La vidéo a été prise en été dans l’île de Baffin, au nord-est du Canada, normalement libre de glaces à cette période de l’année. Selon le biologiste Jeff Higdon l’ours n’était pas affamé à cause de la glace qui aurait soudainement disparu l’empêchant de chasser les phoques mais plus probablement en raison de problèmes de santé. On ne peut parler de climatologie sérieuse ni à partir d’un évènement météorologique ni à partir d’une image ou d’une vidéo si celle-ci n’est pas commentée par des climatologistes libres de toute pression. 

Nous devons donc être persuadés que non seulement le réchauffement est une réalité d’aujourd’hui mais qu’il ne va pas cesser de croître dans les années à venir si nous n’arrêtons pas cet acte autodestructeur de production de CO2. Si l’atmosphère s’est réchauffée de 1970 à 1998, ceci n’est plus vrai depuis et les modèles mathématiques, construits sur la période antérieure, sont alors tous pris en défaut. Mais cela ne se dit qu’entre spécialistes, c’est un simple « hiatus » qui ne doit pas invalider les prédictions des modèles pour les tenants du réchauffement et qui est une preuve que l’on ne doit pas faire confiance aux prédictions de ces modèles pour les climato-sceptiques. La doxa nous dit néanmoins que le consensus est désormais mondial et que tous les politiques l’ont intégré comme une vérité scientifique pour en faire une vérité politique. Tous ? Oui presque tous ceux qui œuvrent pour la mondialisation…  à part Trump ! Toutefois je vous propose de lire ce qu’en pense un politique qui a marqué l’histoire de son pays et est devenu libre de s’exprimer sans pression.
 
Václav Klaus, ancien premier ministre et ancien président de République tchèque.
Discours prononcé le 7 décembre 2017 à Paris 

L’alarmisme climatique postule un réchauffement planétaire dû à l’action de l’homme, et qui mettrait en danger l’humanité elle-même ; c’est devenu l’un de mes principaux sujets de préoccupation et d’inquiétude. Je suis absolument en désaccord avec cette doctrine du réchauffement climatique global qui est un ensemble de croyances, une idéologie si ce n’est une religion ; cette doctrine et ces croyances mettent en danger la liberté des hommes et la prospérité de l’humanité. Cette doctrine a une existence indépendante de la climatologie scientifique : les discussions et controverses ne portent pas sur les températures ou sur d’autres observations, mais expriment un conflit idéologique.

Mon approche du sujet se fonde :

          Sur l’expérience très particulière que j’ai acquise sous le régime communiste sous lequel j’ai passé les deux-tiers de mon existence. Cette expérience a aiguisé notre regard. Nous sommes devenus hypersensibles aux efforts déployés pour violer nos libertés, supprimer l’utilisation de la raison et le libre-échange des idées, hypersensibles aux efforts pour nous imposer les dogmes de ceux qui se considèrent comme meilleurs que les autres. A l’époque communiste nous avons vécu une situation irrationnelle où la science était à la fois encouragée et interdite, reconnue et valorisée, mais en même temps, manipulée et détournée. Mon sentiment est aujourd’hui le même.

          Sur ma qualité d’économiste avec des convictions très fortes quant aux rôles des marchés et des gouvernements dans la société et l’économie, quant au rôle des mains visible et invisible dans le pilotage de notre vie et la préparation de notre futur ; les interventions politiciennes dans le domaine économique sous prétexte de « combattre pour le climat » sont, pour moi, absolument indéfendables.

          Sur mon expérience de politicien qui, depuis 25 ans, a toujours combattu toutes les variantes de l’idéologie « verte » et en particulier, son couronnement, la doctrine du « réchauffement climatique global ». J’ai depuis bien des années été mêlé de près à ce débat sur le « réchauffement climatique global » et sur le rôle que l’humanité y pourrait jouer, débat plein de controverses et de manipulations énormes. J’ai été le seul chef d’état à oser exprimer des vues totalement « dissidentes » à l’assemblée générale des Nations Unies, il y a dix ans déjà.
 
J’ai participé activement à ce débat de bien des façons ; la plus visible est mon livre intitulé « La planète bleue dans des entraves vertes », publié en 18 langues (la version française en est Planète Bleue en Péril Vert, Institut de Recherches Economiques et Fiscales, Aix-en-Provence, 2009). Cette année j’ai publié une suite « Allons-nous être détruits par le climat, ou bien détruits par notre combat « pour » le climat ? » ; ce livre est actuellement en tchèque avec une version anglaise à paraître très bientôt. 

Je ne suis pas d’accord avec le prétendu « consensus » que proclament les propagandistes de l’alarmisme « climatique ». L’objet de ce consensus est extrêmement limité : les scientifiques, et les individus qui pensent rationnellement, sont d’accord pour dire que les températures moyennes ont, depuis deux siècles, augmenté, et que des activités humaines pourraient y avoir joué un certain rôle. Rien de plus. Il est clair que tant l’amplitude du réchauffement que ses causes sont encore et toujours l’objet des très vifs débats. Il n’y a, à ce sujet, aucune espèce de consensus. 

Les politiciens qui, il y a deux ans, ont signé l’accord de Paris, ou bien ne sont pas conscients de l’absence de tout fondement scientifique à cet accord, ou bien ils en sont conscients, mais l’ont signé parce qu’il sert leurs intérêts politiques ou personnels. Et ce peut être les deux, l’ignorance et la malhonnêteté. 

Ces politiciens ont compris qu’il est très facile de jouer la carte du réchauffement climatique global, au moins à court et moyen terme. Ils savent bien, comme Keynes l’a dit, qu’à long terme nous serons tous morts. Le problème est que ces politiciens ne veulent pas voir les conséquences à long terme des politiques qui se fondent sur cette doctrine. Ils espèrent que les électeurs apprécieront leur souci pour des sujets plus valorisants que les prochaines élections.
 
Voici comment l’on peut résumer la doctrine du réchauffement climatique :

1.         On commence par affirmer qu’il y a un réchauffement global (et pas seulement local), statistiquement significatif, confirmé par les observations, indiscuté et indiscutable.

2.         On continue en affirmant que la série temporelle des températures globales a une tendance croissante qui domine ses composantes cycliques et aléatoires. Cette tendance est prétendue non-linéaire, et, peut-être même, exponentielle.

3.         On déclare ensuite que cette tendance est dangereuse pour l’humanité (ce qu’affirment les environnementalistes « modérés ») ou pour la planète (ce qu’affirment les environnementalistes « durs » de la « deep ecology » ).

4.         On postule ensuite que la croissance de la température globale moyenne est exclusivement, ou essentiellement, un phénomène causé par l’homme et attribuable aux émissions croissantes de CO2venant de l’activité industrielle et des combustibles fossiles.

5.         La sensibilité de la température « globale » vis-à-vis de petites variations de la concentration de CO2 dans l’atmosphère est supposée extrêmement grande.

6.         La croissance actuelle des températures ne peut être inversée que par une réduction radicale des émissions de CO2, qui devrait être gérée par les organes d’une sorte de gouvernement mondial. Ils oublient de nous dire que ce n’est pas possible sans détruire la démocratie, l’indépendance et la souveraineté des différents pays, la liberté des hommes, la prospérité économique et les espoirs d’éliminer la pauvreté dans le monde.

Je ne crois en aucun de ces six articles de foi et suis heureux de ne pas être le seul. Nombreux sont les scientifiques, tant des sciences de la nature que des sciences de la société, des économistes surtout, qui n’y croient pas plus que moi. La difficulté est que les véritables scientifiques (ou la plupart d’entre eux) font de la science et ne veulent pas être impliqués dans des discussions publiques au sujet de cette doctrine.

Comment provoquer un changement ? J’aurai l’audace de dire que la science toute seule n’y parviendra pas. La doctrine du réchauffement climatique global ne se fonde pas sur la science. Le débat scientifique seul ne peut donc pas suffire à la discréditer.

Je crains aussi qu’un changement décisif ne puisse résulter de nouvelles données d’observation. Il est bien évident que les températures actuellement observées ne confirment pas du tout les prophéties alarmistes et apocalyptiques des croyants du réchauffement climatique global, ni leurs hypothèses « quasi-scientifiques » quant à l’existence d’une relation entre CO2 et température, excluant toute autre cause de variation des températures. Comme nous le savons tous, les données statistiques n’ont, pendant les 18 ans de 1998 à 2015, pas montré de « réchauffement global ». 

Discuter de points techniques de façon toujours plus approfondie ne servira pas non plus à grand-chose, parce ça n’intéresse pas les adeptes de la théorie du réchauffement climatique. Leurs idées sont celles d’idéologues, nullement celles de scientifiques ou de climatologues. Des données et des théories, si sophistiquées qu’elles soient, ne les feront pas changer d’avis. 

C’est aussi vrai pour la dimension économique du débat. Si quelqu’un veut réduire ou éliminer les émissions de CO2, il doit soit espérer une révolution dans l’efficacité économique [NdT : en € de PIB par quantité d’énergie] qui détermine les quantités de CO2 émises, soit se mettre à organiser une décroissance économique mondiale. Il n’y a aucune autre possibilité. 

Une diminution radicale des émissions de CO2 a des conséquences et à court terme et à long terme : les analyser impose de faire très attention aux relations intertemporelles [NdT : taux d’actualisation [1] et d’examiner les coûts d’opportunité [2]. Il est évident qu’en supposant un taux d’actualisation très faible, presque nul, les promoteurs de la doctrine du réchauffement climatique global négligent de prendre en compte le temps et les opportunités alternatives. [NdT : ces opportunités alternatives sont des investissements plus rentables et utiles.] 

Prendre un taux d’actualisation faible dans la modélisation économique du réchauffement climatique global nuit gravement aux générations actuelles, et les désavantage par rapport aux générations futures. Nous ne pouvons pas admettre les affirmations :
 
          Que choisir un taux d’actualisation très faible protège les intérêts des générations futures,

          Que les coûts d’opportunité sont sans importance, au motif que dans le cas particulier du réchauffement global, nous n’aurions pas la liberté de faire des choix. 

Cette façon de penser est étrangère à l’économie, voire antiéconomique et ne doit en aucun cas être acceptée. 

L’expérience vécue, personnelle, que j’ai eue de la planification centralisée et des tentatives de gérer la société par des directives venues d’en haut me force à vous mettre en garde contre les arguments et les ambitions des croyants de la doctrine du réchauffement climatique global. Leurs arguments et leurs ambitions sont très semblables à ceux que nous entendions quand nous vivions sous le communisme.
Il nous faut résister et combattre ces idées dangereuses. Ce doit être fait au niveau politique. Voilà ce que nous devons expliquer à nos concitoyens.

(Traduction : Camille Veyres)

[1] Le taux d’actualisation est la formulation technique et précise du populaire “un tiens vaut mieux que deux tu l’auras”. Il permet de prendre en compte le fait que la majorité d’entre nous préfèrent recevoir 100 euros aujourd’hui plutôt que demain, ou payer 100 euros demain plutôt qu’aujourd’hui. Si je suis indifférent entre recevoir 100 euros aujourd’hui ou 105 euros demain, j’ai un taux d’actualisation de 5%. [Note de Rémy Prud’homme] 

[2] Le coût d’opportunité est une façon intéressante de donner un sens à la notion de coût. Nos ressources en argent ou en temps sont toujours limitées. L’argent (ou le temps) que je consacre à ceci, je ne le consacre pas à cela ; je me prive donc de l’utilité, du plaisir, de la satisfaction, que m’aurait procuré cela ; cette privation est pour moi le véritable coût de ceci, de « l’opportunité » que j’ai laissée tomber. Le coût d’opportunité des subventions aux renouvelables, c’est l’utilité des dépenses publiques ou privées de santé ou de logement chassées par lesdites subventions. [Note de Rémy Prud’homme]

Le consensus climatique n’est mondial 

Que pour tous ceux qui l’affirment.

Mais les certitudes politiques 

Enfument les esprits

Et leur font ouvrir 

Leur bourse !
 
Claude Trouvé 
10/01/18