vendredi 26 janvier 2018

Économie : Au lieu des discours regardons les chiffres (7ème partie)



Alors reparlons du chômage, car nous avons entendu de belles promesses du Medef, qui raconte à qui veut l’entendre, que le coût total de la main-d’œuvre est un handicap à l’exportation de ses produits et même qu’il se fait concurrencer sur le marché intérieur par les produits étrangers. Mais quand est-il du bien-être du peuple ? Le graphique ci-contre montre nettement une tendance de baisse du chômage avec l’augmentation du coût malgré une dispersion assez importante due surtout à deux pays particuliers, l’Irlande et la Roumanie. Notons bien qu’il s’agit de variations durant la période 2012-2016, mais c’est bien ce qui importe. A partir d’une situation acquise, l’augmentation du coût de la main-d’œuvre est globalement favorable à une diminution du taux de chômage.

En gros une augmentation de 1% du coût de la main-d’œuvre va avec une diminution du chômage de 0,2%. La Grèce et Chypre ont fortement diminué le coût de la main-d’œuvre et le taux de chômage a augmenté. Les pays Baltes ont fortement augmenté le coût de la main-d’œuvre et le taux de chômage a baissé. Le Royaume-Uni a légèrement augmenté le coût de la main-d’œuvre et le taux de chômage a beaucoup baissé. La France a baissé de plus de 2,5% le coût de la main-d’œuvre et le taux de chômage a augmenté de 2%. On peut trouver des exemples contraires, ce qui prouve que d’autres facteurs agissent, mais il y a néanmoins une tendance générale nette. Dans tous les cas, on ne peut pas affirmer que l’augmentation du coût du travail conduit automatiquement à une augmentation du chômage. 

On trouve une liaison forte entre le taux de chômage et le PIB/habitant, ce qui est beaucoup plus évident. Les variations portées sur le graphique sont calculées par rapport à celles de l’UE. En gros une augmentation de 0,1% par rapport à celle de l’UE entraîne une baisse du taux de chômage de 2,5%. Mis à part le cas spécifique de l’Irlande, on retrouve les pays Baltes dans des augmentations spectaculaires du PIB/habitant et de diminutions du chômage. A l’autre bout se trouve la Grèce, Chypre, mais aussi l’Italie qui s’avère être un pays qui se rapproche de la situation grecque. La comparaison de la France avec l’Allemagne et le Royaume-Uni ne plaide pas en sa faveur puisqu’elle a réussi à perdre du PIB/habitant et à augmenter le chômage. On fait même moins bien que l’Espagne qui, malgré une légère perte sur le PIB/habitant a réussi à faire baisser le taux de chômage. Ceci ne fait que confirmer que la période 2012-2016 de Hollande a été très mauvaise pour la France.

Si l’on tient compte de ces deux influences, variations du PIB/habitant et du coût de main-d’œuvre, sur la variation de ce taux de chômage sur la période 2012-2016, on obtient le graphique suivant qui donne l’importance du coût de main-d’œuvre débarrassé de l’influence du PIB/habitant. Le résultat est spectaculaire puisque l’on voit que l’influence du coût de main-d’œuvre reste réelle mais plus de 4 fois plus faible que trouvée précédemment. 1% d’augmentation du coût de la main-d’œuvre n’a une influence propre que de 0,04% sur le taux de chômage. L’important est de vérifier que l’augmentation du coût de la main-d’œuvre a tendance à diminuer le taux de chômage quelque soit la variation du PIB/habitant par ailleurs. Cela tort le cou aux idées reçues. Les résultats entre les pays ne sont pas véritablement changés et la France reste un mauvais élève devant l’Italie mais derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. La politique menée en Grèce et à Chypre a bien vampirisé ces peuples. 

Il devient clair qu’une politique basée sur la diminution du coût de la main-d’œuvre n’est ni favorable au PIB/habitant, ni au chômage. C’est une politique de ponction dirigée contre le peuple et qui ne profite qu’à un petit nombre de grandes sociétés et grandes fortunes. Celles-ci, qui sont fortement exportatrices, s’attachent à cette politique en évoquant les dégâts que fait une augmentation du coût de la main-d’œuvre sur les exportations. Nous verrons ce qu’il en est dans le prochain article. J’ai bien peur que cet argument tombe aussi à l’eau, mais les chiffres parleront mieux que les discours.
 
L’étude comparative des chiffres de pays à pays 

Fait tomber un à un tous les enfumages

Qui permettent pompage et servage 

D’un peuple abasourdi et amorphe !
 
Claude Trouvé 
16/O1/18