samedi 6 janvier 2018

Deux grandes propagandes qui nous menacent (suite 3)



Dans les trois articles précédents le rapide survol historique a permis de constater l’évolution de la nature et du volume du flux migratoire ainsi que celle des politiques et même de l’opinion publique qui l’a sous-tendue jusqu’en 2005 environ jusqu’au moment où l’UE s’est emparée de la politique migratoire. Aux Polonais qui sont venus en France pour travailler dans les mines de charbon et dans les aciéries, il est venu s’adjoindre les Espagnols et les Portugais pour la reconstruction de notre pays, puis les Italiens surtout dans le sud et dans les vignobles. Ces trois principales populations d’immigrés avaient en commun une même civilisation cultuelle, proche culturellement et historiquement. Le monde germanique n’en faisait guère partie. Puis le besoin de main-d’œuvre a fait appel aux Algériens dont le pays vivait les soubresauts difficiles de l’indépendance. La notion de contrat de travail et de retour au pays s’est effritée dès lors que l’on a autorisé le regroupement familial. Puis sous l’action des Droits de l’Homme et d’une politique sociale de gauche, les critères à remplir pour séjourner dans notre pays et de naturalisation se sont affaiblis. L’ouverture des frontières avec Maastricht a encore facilité l’immigration légale par passage d’un pays à l’autre. L’immigration de l’Afrique est passée de l’Espagne et de l’Italie chez nous. Au fur et à mesure que les conditions d’accueil devenaient moins strictes, le flux migratoire a grossi mais aussi l’immigration illégale pour tous ceux qui ne remplissaient pas les critères au départ. 

L’immigration a pris une autre ampleur à la suite de deux évènements, la mainmise de l’UE sur la politique migratoire d’une part, et les conflits déclenchés par les occidentaux tout autour de la Méditerranée et l’Afrique sub-saharienne d’autre part. La France a suivi les États-Unis dans les engagements guerriers d’ingérence dans les pays réticents sous le fallacieux prétexte de retour à la démocratie, de population soi-disant massacrée, ou d’aide à des gouvernements africains selon une politique néocolonialiste. Après des tentatives de reprise en main par Sarkozy, pour justifier son positionnement à droite, la politique migratoire de l’UE s’est lentement affirmée. Elle a pris tout son poids dans les conflits libyens, irakiens et syriens. Dans ces trois cas les pays occidentaux ont largement débordé les conditions d’intervention données par l’ONU. Si la Russie s’est laissée surprendre par la guerre en Libye, il n’en a pas été de même en Syrie. Le résultat migratoire est d’ailleurs totalement différent.

La Libye nous exporte non seulement ses propres ressortissants mais tous ceux de l’Afrique sub-saharienne, particulièrement francophone. Après un exode massif en Syrie vers la Turquie, la Jordanie puis vers l’Europe, les Kurdes, les Syriens, les Irakiens rentrent chez eux. Il nous reste les Afghans, toujours dans une guerre larvée savamment entretenue par la présence américaine. A cela est venu s’ajouter le double jeu de la Turquie et la volonté allemande de donner un coup de pouce à sa démographie en baisse. Pour la satisfaire, la Turquie a demandé 3 milliards pour contrôler le débit d’émigration vers la Grèce. Notons que si nous avons payé notre quote-part soit 600 à 700 millions d’euros à cette transaction financière, 800.000 immigrés environ étaient destinés à l’Allemagne. Nous avons donc payé pour elle et récupéré au passage quelques milliers de djihadistes dans notre pays. 

Finalement la France, qui connaissait plus que les autres pays une immigration continue depuis la 1ère mondiale, se retrouve être l’un (ou le) pays ayant le pourcentage le plus élevé d’immigrés sur trois générations ou plus. Si les familles polonaises ont eu beaucoup d’enfants et largement peuplé le Nord et l’Est de la France, ceci a été beaucoup moins vrai pour les Espagnols et les Italiens. Ce critère de fécondité est redevenu essentiel dans l’arrivée de population de l’Est de l’Europe mais surtout du Moyen-Orient et de l’Afrique, populations majoritairement musulmanes. Les chiffres les plus sûrs dont nous pouvons disposer sont de 3,6 millions d’immigrés dont 2,2 millions de musulmans en 2005. La France, contrairement à d’autres pays européens, s’étant interdit les statistiques ethniques, les évaluations pour 2017 sont sujettes à caution comme le déplorent les démographes. Néanmoins par des recoupements, en particulier sur la provenance des immigrés, on peut, comme je l’ai fait moi-même, approcher des chiffres vraisemblables et faire des projections sur l’avenir, toutes choses égales par ailleurs. Le chiffre de 6 millions de musulmans fin 2017 ne semble pas exagéré soit une progression de près de 5% par an. Fin 2015, Dalil Boubaker alors président du Conseil Français du Culte Musulman, parlait de 6 millions de musulmans et réclamait 2.000 mosquées supplémentaires.

On constate facilement que cette augmentation de 2,7 millions est très supérieure au flux migratoire cumulé durant cette période qui, selon les chiffres officiels n’aurait pas dépassé le million et demi toutes ethnies musulmanes ou non comprises. On peut donc en conclure que l’apport dû à la fécondité des femmes déjà en France est deux fois supérieur à celui de l’immigration propre. Voilà un point qui n’est jamais évoqué et qui a une importance considérable dans la politique migratoire à suivre. Elle montre que cette population musulmane croît beaucoup plus vite que la population anciennement occupante du pays. Si l’on admet que fin 2017 la population française aura augmenté en gros de 4,8 millions depuis 2005, immigrations non musulmanes comprises, et que l’immigration non musulmane a crû de 3,4 millions d’âmes environ, on voit que la population anciennement implantée a fortement décru et de l’ordre de 1,3 millions. Ces chiffres portent la population d’immigrés à 14,4% dont 8,8% de musulmans. Ces chiffres sont basés sur le pourcentage de musulmans estimés officiellement à 50% du total d’immigrés en 2007, depuis celui-ci a dû évoluer avec l’apport du Moyen-Orient et est probablement plus élevé aujourd’hui. Le nombre de musulmans en 2017 pourrait être plus proche de 7 millions. 

Les conclusions politiques ne sont pas affectées par la connaissance précise des chiffres et des répartitions. En résumé l’immigration a pesé deux fois moins que la fécondité des femmes immigrées depuis 2005. La population anciennement implantée ou historique est en déclin démographique. Qu’on le veuille ou non, que l’on soit raciste ou non, nous assistons à une immigration de remplacement.  D’ailleurs ce n’est pas la faute des musulmans si, jusqu’à présent ils procréent plus que la population d’accueil. Par contre il est de notre responsabilité d’une part de savoir de quel degré d’ouverture nous devons ouvrir notre porte pour les accueillir et d’autre part de faire un choix entre cohabitation (simple juxtaposition), intégration et assimilation. Contrairement à ce qui s’est passé dans les anciennes migrations, l’apport d’une civilisation culturellement et cultuelle différente rend le vivre ensemble beaucoup plus difficile sans concessions importantes dans notre législation et notre mode de vie si l’assimilation n’est pas réussie. Ajoutons à cela le fait que la politique migratoire est désormais imposée par l’Union Européenne. Si nous continuons à suivre celle-ci, le remplacement progressif de l’ancienne population française se poursuivra puisqu’elle considère l’afflux migratoire comme un devoir moral et un bénéfice économique.

Pour évoquer une trame de politique migratoire souhaitable, si nous voulons garder l’essentiel de l’identité actuelle ou la changer, cela demande de regarder les effets déjà visibles sur notre pays et sur les pays proches de nous, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-bas, le Danemark et l’Italie dans le prochain article. Avant tout il faut savoir ce que l’on veut et qu’on nous le demande… Mais ça c’est la démocratie… alors ?

La politique migratoire européenne gomme notre identité. 

Elle promeut une cohabitation forcée avec les migrants

Dans une progression de la civilisation importée 

Pour réaliser une homogénéité identitaire

Sur toute l’Union Européenne 

Sans l’avis des peuples !

Le veulent-ils ?

Claude Trouvé 
06/01/18