mardi 5 juin 2012

Cacophonie gouvernementale sur le cannabis

Cécile Duflot, qui est au gouvernement pour se faire remarquer après avoir renvoyé Eva Joly à sa vindicte contre Sarkozy, vient de lancer une dépénalisation du cannabis de sa propre et seule autorité… apparemment.  En effet ce ne serait pas la première fois qu’un gouvernement fait lâcher par un ministre une décision sur laquelle on veut tester la réaction des français. Le nouveau président s’était montré réservé sur ce point et un certain nombre de français ont voté pour lui en espérant qu’il ne légaliserait pas la vente de cannabis.

Il y a donc à redire sur les premiers actes de ce gouvernement qui parait meilleur en paroles qu’en actes. De même qu’ils se sont assurés le vote des immigrés francisés et en majorité musulmans, la nouvelle majorité fait un clin d’œil à un électorat jeune généralement et réparti dans toutes les classes de la société. C’est politiquement bien joué pour les législatives. Après le gouvernement aura tout le loisir de revenir sur cette décision et le premier ministre de montrer qu’il est le patron.

Ce sujet n’est pas de nature à être traité sans une grande concertation en particulier avec le milieu médical. Le cannabis a des effets psychologiques et physiologiques sur le corps humain. Il a des effets euphorisants et dans ses effets aigus il peut conduire à des pertes de mémoire temporaire. Sur les effets à longs termes certains avaient émis l’hypothèse d’une croissance des risques de schizophrénie, de troubles bipolaires et de dépression.

D’après les médecins qui suivent les cas de jeunes en difficulté, il apparait que la consommation de cannabis s’accompagne presque toujours d’alcool. Ce mélange serait alors détonnant et augmenterait effectivement les risques de troubles pouvant relever de traitements psychiatriques. Comme pour le mélange tabac-alcool les associations de drogues n’additionnent pas les risques mais les multiplient.

La consommation de cannabis est un sujet grave, menant rapidement à l’addiction et nécessitant d’informer la population, en particulier les jeunes, sur la réalité de risques graves pouvant détruire leur propre vie mais aussi créer des drames familiaux. On ne peut être que scandalisé de voir ce sujet traité avec une telle désinvolture.
Le but serait de réduire la consommation de cette drogue puisqu’il y a des risques graves sur la santé. Peut-on affirmer que la légalisation la diminuera ? L’exemple des Pays-Bas donne à réfléchir car devant le constat des effets négatifs sur la santé et l’augmentation de la consommation, ils ont, après l’avoir légalisé, fait un retour en arrière. Le cannabis n’est plus en vente libre.

Là comme ailleurs les politiques ne devraient qu’entériner les décisions d’une réunion d’experts sur ce sujet, principalement du secteur médical. Des sujets aussi graves ne devraient pas être traités comme un enjeu électoral. Il fait partie d’ailleurs des sujets graves de société qui traversent les partis, comme ce fut le cas pour la peine de mort.

Un ministre ne peut mettre en balance une élection

Et la santé de ses concitoyens

Sous peine de passer pour un irresponsable

Qui n’a pas sa place dans un gouvernement.
 
Claude Trouvé
Candidat MPF aux législatives 2012 dans la 5ème circonscription de l’Hérault