jeudi 12 juillet 2018

Sortir de l’UE ou céder à la peur ?


Sortir de l’UE c’est condamner la France à un avenir de puissance de seconde zone, à un déclin inéluctable, à une complaisance dans une position nationaliste, mère de toutes les guerres. Sortir de l’UE, c’est rabougrir la France sur elle-même, renfermer notre jeunesse étudiante dans les frontières nationales, se heurter à un monde bancaire tout puissant, perdre la sécurité militaire du parapluie de l’OTAN, voir notre commerce européen réduit à une peau de chagrin. Sortir de l’UE, c’est condamner notre agriculture tenue à bout de bras par la PAC. Sortir de l’UE, c’est sortir de l’euro, et sortir de l’euro c’est catastrophique comme l’a dit Allain Juppé, ancien Premier Ministre et bien au fait de toutes ces questions. Sortir de l’euro c’est retrouver un franc dévalué de 15%, un alourdissement du même pourcentage de notre dette publique, et voir notre pouvoir d’achat amputé d’autant.

Sortir de l’UE, c’est comme sortir d’un lit douillet et affronter le froid sibérien, or comme chacun le sait la Russie est notre ennemi numéro un et nous avons de nos soldats à ses frontières avec nos « amis » américains. Voilà ce qu’un matraquage continuel laisse dans nos esprits, une peur sourde, insidieuse qui nous incite à ne pas lâcher la proie pour l’ombre. Nous avons tant crû les prophètes du bonheur pour nous faire croire que dedans c’est mieux, et que dehors c’est aller vers de nouvelles déconvenues derrière de nouveaux prophètes tout aussi bonimenteurs. Au fond la sagesse nous dit : « J’y suis, j’y reste, et cela d’autant plus que l’immigration et le changement climatique nous guettent, ce n’est pas le moment de se lancer dans l’inconnu, j’ai assez peur comme ça. Remarquez je ne suis pas contre une profonde réforme de l’UE, car il y a beaucoup à dire sur son fonctionnement, et je soutiens toutes les initiatives dans ce sens » 

Nous écoutons donc ceux qui disent : « Voyez-vous rester dans l’UE et dans l’euro, c’est voir notre jeune élite étudier partout en Europe, c’est apprécier les prix à l’étranger sans calculette, c’est disposer d’une monnaie forte respectée dans le monde entier, c’est cultiver un élan de solidarité avec nos voisins, rassembler les peuples pour une nouvelle conquête sociale, c’est voir notre déficit budgétaire aller vers l’équilibre, c’est faire contrepoids aux géants américains et chinois, c’est lutter tous ensemble pour la démocratie partout dans le monde, c’est gérer tous ensemble la misère du monde à nos portes »

Fermez le ban, car rester dans l’UE satisfait tout le monde, ceux du centre épris de puissance européenne, ceux de gauche qui y voit une lutte sociale à grande échelle, ceux de droite qui croient à l’équilibre g=budgétaire et au libéralisme. Mais l’UE c’est la tour de Babel multilingue, multiculturelle, multi-cultuelle, lieu de rencontre de tous les grands banquiers, de tous les grands lobbies, une tour peuplée de technocrates grassement payés distillant en permanence des directives et des normes à appliquer sans délais dans tous les pays de l’UE. Selon Juncker la démocratie n’a pas lieu d’être dans l’UE, on ne peut sortir de l’euro. L’UE a une vocation fédérale et doit s’y préparer en permanence. L’UE c’est l’Allemagne aux principaux postes de commande et finalement la BCE devient un acteur politique dans la crise grecque avec l’assentiment allemand. On n’entre plus dans l’UE, sans entrer dans l’OTAN qui nous désigne l’ennemi à combattre. Cela ne sentirait-il pas le piège ? Pensez au lion attiré par une cuisse de zèbre entrant dans la cage et voyant la porte se refermer derrière lui. 

Les français s’insurgent mais au moment d’agir la peur les étreint, voilà la réaction majoritaire dans notre peuple qui concentre sa ire sur l’homme au pouvoir. Il croit se faire entendre, car l’UE c’est un machin impersonnel vers lequel il faut un relais. Il pense qu’il commence à faire froid dans notre pays, mais qu’il fait encore plus froid dehors. Sortir de l’UE, c’est sortir de l’euro, cela veut dire sortir les euros de sa poche, se priver de cette sécurité d’acheter pour retourner en arrière vers le franc, se tourner vers le passé plutôt que vers l’avenir. C’est une grande peur qui est au cœur de la résistance au changement, au franchissement du mur du porte-monnaie viscéralement attaché une sécurité pour l’avenir. C’est bien ce qu’ont compris les « eurolâtres » au pouvoir et tous les suceurs de profit, il faut jouer à plein sur la peur, cela fait ses preuves partout. On peut ainsi imposer l’UE, le réchauffement climatique et ses conséquences catastrophiques, les énergies renouvelables et la mort du diesel dans la foulée, le vaccin pour 11 maladies, la mort du nucléaire, etc.

Seulement voilà sortir de l’UE, ce n’est pas lâcher la proie pour l’ombre, car la proie est en voie de pourrissement et la France sur une trajectoire à l’italienne et à la grecque. L’UE n’est pas protectrice mais destructrice. Nous ne cessons de reculer par rapport à l’ensemble de l’UE et de la zone euro et c’est l’UE elle-même qui nous y pousse. Sur les évolutions du PIB/habitant, sur les valeurs et les évolutions de la balance commerciale, de la dette publique, du déficit budgétaire, du taux de chômage, du taux d’emploi, sur le taux d’imposition, nous sommes parmi les plus mal classés. Il suffit de se plonger dans les statistiques d’Eurostat, de l’OCDE et de la banque mondiale, ou de lire mes trois articles à ce sujet, pour s’en convaincre. La France est en perte de vitesse et rien ne permet de dire que le mouvement va s’inverser. Le gouvernement le sait, et prépare un nouveau tour de vis. L’austérité sur le peuple, la vente du patrimoine et les privatisations, sont les signes de la perte de richesse de notre pays. L’arrivée des capitaux étrangers est mortifère quand il s’agit de rachat de sociétés françaises et non d’implantation de nouvelles entreprises dans des secteurs non pourvus. 

Le Brexit a obligé les instances européennes à prédire le chaos dans ce pays et à handicaper au maximum sa sortie. Ils se réjouissent d’avoir déjà pu faire démissionner les deux ministres britanniques les plus favorables au Brexit, lassés des reculades de Theresa May. Mais cette dernière avait milité pour le non-Brexit, et n’est évidemment pas la mieux placée pour défendre un Brexit dur. On pressent un déni de démocratie car le peuple britannique s’est exprimé clairement et les récents sondages le confirment. Le monde des affaires veut un nouveau référendum, cela ne vous rappelle rien en France ? Il en ressort que pour sortir de l’UE il faut que le peuple le décide mais qu’il se dote d’un chef motivé dans le même sens.

Ceci étant la peur n’est pas dans la sortie de l’UE mais de ne pas se doter d’une volonté sans faille pour en sortir, car sinon la certitude que la France se délite de plus en plus et de plus en plus vite est désormais acquise. Alors réfléchissons un peu. La sortie de l’UE n’est pas le retour à l’isolationnisme. La Suisse n’est absolument pas isolée pas plus que les Etats-Unis de Trump qui commercent avec le monde entier. Le mythe de la dette qui va croître de 15% est éventé car 99% de notre dette publique sera immédiatement réinscrite en franc au même montant selon la lex monetae qui fait jurisprudence dans le monde. Ce sera le cas pour la plus grande partie de la dette privée. La dévaluation entraînée par la sortie de l’euro sera de l’ordre de 10% à 15% comme au Royaume-Uni sans conséquence grave sur notre pouvoir d’achat si nous réorientons nos achats sur des produits français. Vu les 70% de taxe sur l’essence, le prix du litre sera par exemple très peu affecté. Pour la perte de la force de l’euro, qui peut dire que le franc suisse, qui a été dévalué, n’est pas une des monnaies les plus prisées dans le monde et que la Suisse n’est pas l’un des plus riches pays européens ? Par contre la compétitivité française sera instantanément améliorée d’une quantité beaucoup plus importante que toutes les aides apportées aux entreprises qui se chiffrent par dizaines de milliards et n’apporte pas le million d’emplois promis. La cherté de certains produits étrangers créera des espaces pour des entreprises françaises. C’est près de 10 milliards nets que nous récupèrerons sur notre participation financière à l’UE, laquelle va augmenter par la sortie du Royaume-Uni et l’arrivée de l’Albanie et du Monténégro. 

Mais bien d’autres avantages nous attendent. L’ennemi ne nous sera plus imposé et nous pourrons développer des relations plus sereines avec la Russie en sortant de l’OTAN. Notre politique étrangère reprendra son indépendance et sa vocation d’équilibre entre l’Est et l’Ouest ainsi qu’entre Israël et le monde musulman. Notre politique d’immigration ne sera plus soumise à celle de l’UE. Notre activité économique pourra mieux se tourner vers l’Afrique et le monde méditerranéen qui sont historiquement liés à notre zone d’influence dans un partenariat d’égal à égal et non d’un néocolonialisme. Nous garderons notre impact mondial avec notre siège à l’ONU convoité par l’UE cachant les vues allemandes. Nos étudiants pourront élargir leur espace d’étude au monde entier beaucoup plus riche d’enseignements dans le monde en train de se construire en Asie et en Afrique. Le grand espace francophone, et le domaine maritime mondial dont nous disposons nous donnent des perspectives immenses de développement que nos gâchons actuellement dans le cercle étroit de l’UE. La France  a déjà signé des milliers d’accords bilatéraux et multilatéraux avec de très nombreux pays du monde, et rien ne l’empêchera d’en signer d’autres, même avec nos voisins les plus proches pour toutes les préoccupations communes dans une optique gagnant-gagnant librement choisie.

Je terminerai par un peu d’histoire car celle-ci marque les peuples pour des siècles qu’on le veuille ou non. La France s’est construite avec des alliances diverses comme celle de François 1er avec les turcs. Souvent nos alliés sont devenus nos ennemis mais la France a construit patiemment son territoire presque contenu dans des frontières naturelles. Mais les batailles ancestrales avec les anglais avec l’empire germanique et austro-hongrois laissent encore aujourd’hui des traces. Leur vision n’est pas la nôtre et les divergences de stratégie de défense sont toujours là quoiqu’en dise Macron à Bruxelles. La Pologne achète de l’armement américain, comme d’autres pays dont la France et parler alors d’une défense européenne n’a guère de sens dans son « inféodisation » à l’OTAN. Les Etats-Unis veulent tout simplement faire supporter plus financièrement les dépenses de l’OTAN en nous laissant réaliser une armée vassale payée par nous et en nous faisant payer plus cher à l’OTAN. Qui a gagné à Bruxelles Macron ou Trump ? 

Macron parle de souveraineté de la France, mais on ne peut être un peuple souverain quand on n’a pas la maîtrise totale de sa monnaie et de sa défense ! C’est un leurre comme celui distillé par ceux qui prônent, comme Mélenchon, soit une indépendance de la France par rapport à certaines directives de l’UE, où une espèce de fronde de pays solidaires pour changer les traités. La règle de l’unanimité entre des pays aux intérêts aussi divergents entre les pays de l’Est, du Nord et du Sud plombent un plan B et les dérogations aux directives européennes traduisant les pays devant la Cour de Justice Européenne qui les fait appliquer immédiatement sous  réserve de sanctions financières journalières, plombent tout plan A. Tout est fait pour que la seule alternative possible donc crédible est que l’on soit dedans ou dehors l’UE comme le permet l’article 50 du TUE. Cela se fera-t-il sans obstacles à franchir et certaines déconvenues ? Evidemment non mais le but à atteindre en vaut vraiment la peine, car il s’agit de vie ou de mort lente. La peur est paralysante mais la survie demande de la vaincre. Cherchez quel leader politique prône vraiiment sans peur la sortie de  l'UE lors de la dernieère présidentielle !
 
Chers compatriotes, si vous devez avoir une grande peur 

C’est bien celle de voir se répéter dans notre pays

L’histoire vécue en Grèce et promise à l’Italie 

Par la difficulté à échapper aux mirages

D’une Union Européenne protectrice 

Où seul l’argent exerce sa loi

Au mépris des peuples 

Et de leurs nations !
 
Claude Trouvé
12/07/18

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