mardi 3 juillet 2018

Le diable est dans l’austérité (suite et fin)

Emmanuel Macron fait comprendre aux français que sa politique d’austérité doit être accompagnée par leur élan de solidarité en consentant des efforts financiers, comme celui demandé aux retraités Ces derniers n’ont d’ailleurs pas manifesté bruyamment leur désapprobation, ce en quoi le Président leur est infiniment reconnaissant. Il ne manquera d’ailleurs pas de louer leur civisme lors des réceptions à l’Elysée dans la nouvelle vaisselle de Limoges. Il n’a donc plus aucune raison pour que ce civisme ne s’étende pas à 95% des français. 95% car les 5% restants sont la fleur de l’économie française et doivent garder tous leurs moyens d’action au plus grand bénéfice de la France et de tous les pays du monde où ils distribuent leur argent. 

Emmanuel Macron est parfaitement conscient de l’utilité des dépenses de fonctionnement de l’Etat, comme le disent les policiers, les  gardiens de prisons, les infirmiers, les urgentistes, les militaires, les enseignants, etc. C’est pourquoi il faut aussi augmenter substantiellement les dépenses de l’Etat comme écrit dans le budget prévisionnel 2018. L’effort de fonctionnement doit être porté sur les administrations territoriales, régions et départements, qui dilapident l’argent publique sous prétexte de tâches supplémentaires attribuées. Il est aussi normal que les communes mettent la main à la poche pour prendre en charge les activités périscolaires des enfants scolarisés, l’Etat fait déjà assez pour payer les maîtres d’école. C’est dans ce but que les aides apportées au personnel d’assistance dans les écoles sont supprimées. 

Il faut faire comprendre à tous que les dépenses d’investissement de l’Etat sont un luxe quand il faut diminuer les dépenses. On applique ceci partout où le fonctionnement prime. Par exemple les policiers se plaignent de ne pas disposer des moyens nécessaires. Ils réclament des locaux mieux adaptés, du matériel administratif au goût du jour, des équipements plus efficaces, des transmissions plus performantes. L’utilité et l’urgence de ces investissements est considérée comme non prouvée, c’est pourquoi Collomb promet 10000 nouveaux postes d’ici 2022 dans les dépenses de fonctionnement, à eux de prendre en charge locaux et matériels existants par une amélioration de leur gestion interne. Il n’y a pas que le contribuable qui doit faire preuve de civisme. C’est ça la flamme que doit entretenir le Chef d’Etat, il doit veiller au grain surtout quand l’orage menace. 

Emmanuel Macron serre les boulons de l’austérité mais pas pour emmerder le monde, comme le dit Edouard Philippe pour le 80 km/h, bon pour la santé, bon pour la Sécu, bon pour l’Etat. Il prépare la nation à affronter des temps difficiles car sinon la France va bien, elle est de retour et on n’entend qu’elle dans le monde entier, car il s’y emploie. Après ce retour d’âge de ménopause, la France est « En Marche » et clame haut ses succès. La France n’a pas atteint une dette à 100% du PIB, elle freine sur 97,6% en mai. Ouf ! Elle réussit aussi à passer sous les 3%/PIB de déficit fermant ainsi la course des pays dans la voiture balai, mais dans les temps car les délais avaient été allongés pour cause d’intempéries. Ouf ! Mais n’est-on pas devant un double mensonge sur la nécessité d’une austérité menée ainsi et sur la bonne santé de la France ? 

Non Monsieur le Président, l’austérité ne justifie pas la baisse du pouvoir d’achat de vos administrés. Non Monsieur le Président, l’austérité ne se justifie pas en créant des inégalités plus grandes entre les très riches et les pauvres ou la moyenne classe. L’austérité se justifie par une politique de relance de l’économie et une baisse du chômage par la croissance de la consommation interne plus que par les exportatations si l’on protège le pays des importations qui tuent notre microéconomie. Vous mentez Monsieur le Président quand vous affirmez que la France est de retour. La France ne va toujours pas bien depuis que vous êtes Ministre de l’Economie et même conseiller du Président Hollande. Les chiffres sont là. La dette continue à augmenter et le risque de voir les taux d’intérêts grimper. Le chômage stagne comme le PIB/habitant, alors où va l’argent des français quand vous annoncez une croissance du PIB d’ailleurs inférieure à celle de l’UE et de la zone euro ?

Non les affaires économiques ne s’améliorent pas et je vous laisse réfléchir sur le graphique ci-dessus représentant la situation de la croissance au 1er trimestre 2018 et sa comparaison avec le 1er trimestre 2017 selon les chiffres d'Eurostat. La France ne brille pas avec 0,2% de croissance et un recul de -0,6%, même si la Zone euro affiche 0,4% mais avec un recul de -0,3%. Le constat est amer même si l’Allemagne recule aussi de la même valeur mais elle est à 0,4% en 2018. De plus il y a un lien significatif entre ces deux paramètres. D’une façon générale la variation de la croissance est liée à la valeur de cette croissance. Les pays ayant le plus faible taux de croissance en 2018 sont ceux qui ont la plus grande perte de croissance depuis 2017 et nous sommes dans ce cas, à l’inverse de la Pologne, de la Finlande et même de la Grèce.

Monsieur le Président votre austérité est une arnaque 

Votre ruissellement est un mirage médiatique

Votre politique est celle des très riches 

Vous conduisez ce pays à la ruine

Et votre déni de démocratie 

Vous déconsidère !
 
Claude Trouvé 
03/07/18