mercredi 25 juillet 2018

La France est de retour, mais où ?


La France est de retour nous a dit Emmanuel Macron. Ah bon ! Mais où ? N’est-ce pas plutôt un retour de bâton dans une France où le Président se constitue une forteresse élyséenne gardée par une police secrète et se fait fort de porter la France aux nues et d’attacher l’Europe à ses basques. Tout cela avec la modestie d’un chef qui se dit proche de son peuple, si proche qu’il a facilement accès à son porte-monnaie. Au fond il copie Staline, le « Bon Père du Peuple ». Mais quel considération a Macron pour son peuple quand pris la mains dans le sac, il dit devant sa majorité parlementaire : « Qu’ils viennent me chercher ! ». Ce président couard, pour avoir choisi de se déclarer seulement responsable, non face à son peuple, mais devant son clan qui le protège, fait preuve en plus du plus profond mépris non seulement pour la minorité parlementaire qui va demander sans succès un vote de sanction, mais pour le peuple français, coupable de l’avoir élu. Tant pis pour eux, j’y suis j’y reste, car responsabilité ne rime pas avec culpabilité.

Cette affaire d’Etat, décrite comme étant un simple dysfonctionnement par les porte-voix du Président, met pourtant la France dans tous ses états et tout est fait pour la monter en épingle. Les erreurs de communication s’accumulent à un tel rythme qu’on se demande si l’on n'a pas affaire à un homme incapable de résister à l’ivresse du pouvoir, perdant tout sens de la mesure et tout bon sens., les hommes dangereux de l'Histoire. Le souverain n’a pas besoin de l’avis du peuple, il trace la route pour lui, ses courtisans et ses banquiers, et toute remarque sur ses actions est inaudible. Le 80 km/h est bon pour diminuer le nombre de tués, les lois physiques sont déterminantes. Oui mais de combien de morts ? En Allemagne on roule à 200 km/h sur les autoroutes gratuites, donc plus chargées qu’en France, et à 100 km/h sur les autres, le tout pour 25% de morts en moins. Les Français ne sont sans doute pas favorables à l’Union Européenne, mais peu importe puisque je ne leur demanderai jamais leur avis par référendum. L’austérité est bonne pour la France, l’austérité du peuple j’entends bien sûr, et les cadeaux aux grandes entreprises et aux gros actionnaires, est bonne pour le peuple qui va crouler sous une ruissellement d’or d’ici peu. L’unité de temps du « peu » n’est d’ailleurs pas fournie mais seront récompensés ceux qui savent attendre… les calendes grecques !

Alors parlons de ce retour de la France, et commençons par le retournement de la hauschômage et des demandeurs d’emploi. Les données sur ces derniers deviennent d’ailleurs une donnée de plus en plus confidentielle publiable seulement tous les trois mois Alors qu’en est-il de ce retour vers une diminution du nombre de demandeurs d’emploi avec la nouvelle politique Macron en comparaison de celle de son prédécesseur ? La réponse est dans le graphique ci-dessous d’après les chiffres en milliers de la DARES après la publication des chiffres du 2ème trimestre 2018. 

Depuis 2008, la crise financière a déclenché une montée brutale des demandeurs sur l’ensemble des catégories (A,B,C,D,E) jusqu’à fin 2010, suivi d’une accalmie de 6 mois, puis un nouveau décollage de la hausse des demandeurs. Mise à part celle de la crise de 2008, cette montée des demandeurs est la plus rapide depuis la fin du 20ème siècle. Cette montée a faibli début 2016 avec la reprise de la croissance dans l’UE pour atteindre un palier en 2018. Ces résultats sont particulièrement mauvais depuis 2012. La politique menée de 2012 à 2017 n’a pas réussi à stopper la hausse des demandeurs malgré une certaine reprise de la croissance dans l’UE. Mais le résultat est encore plus mauvais de 2017 à 2018 car la croissance du PIB dans l’UE est de l’ordre de 4% pour 2% en France en 2017 et le chômage baisse presque partout dans les pays européens.

Ces premiers constats concernent l’ensemble des catégories mais la catégorie mise en avant, et qui génère en gros les statistiques du taux de chômage recensé par l’UE, est la catégorie A, correspondant aux pertes d’emplois à taux plein. Depuis 2016 cette catégorie affiche une légère baisse pour se stabiliser en 2018. Mais plusieurs remarques s’imposent. Depuis 2010 l’ensemble des autres catégories augmente beaucoup plus vite que la catégorie A, mais depuis 2015 cette augmentation a significativement été encore plus croissante. On assiste donc à un report sur les autres catégories cachant une détérioration de la situation si l’on ne s’attache qu’à la catégorie A. 

Regardons de plus près les autres catégories B,C,D,E puisque c’est cet ensemble qui crée le plus de nouveaux demandeurs d’emploi.

Le premier constat est que la catégorie C, celle des emplois les plus précaires, est devenue la catégorie la plus nombreuse après la catégorie A et est celle qui croît depuis 2008 et le plus vite. La catégorie B, celle des demandeurs à activité réduite, croît régulièrement depuis la crise de 2008. La catégorie D des emplois aidés et des formations est en diminution depuis 2017 marquant un changement net de politique. La catégorie E, celle de ceux ne recherchant plus d’emploi, décroît depuis mi-2017.

Que peut-on déduire de cet examen ? D’abord la spectaculaire évolution de la catégorie C qui dénote une augmentation de la précarisation du travail, et l’augmentation des emplois à moins de 72 heures par mois. Ce constat est conforté dans une moindre mesure par l’augmentation de la catégorie B qui va dans le même sens de la précarité. La baisse de la catégorie D signifie une baisse générale des aides l’Etat créant un renversement de demandeurs sur les catégories B et C, mais ceci a pu également toucher la formation ce qui semble assez contradictoire avec les affirmations de Macron sur ce point. Il n’y a pour l’instant aucun signe de mise en place d’un grand plan de formation par l’Etat. 

En conclusion les demandeurs d’emploi augmentent toujours malgré un contexte de reprise de la croissance dans l’UE et la catégorie A ne reflète pas la tendance générale de précarisation des emplois. Cette tendance existe aussi en Allemagne et au Royaume-Uni mais ces deux pays sont pratiquement arrivés à un taux de plein emploi avec un chômage de l’ordre de 4%. En ce qui concerne la variation de croissance en 2018 et le taux de chômage j’ai montré dans un article précédent que nous étions parmi les pays réalisant les plus mauvaises performances. L’examen de l’évolution des demandeurs d’emploi sur le premier semestre 2018 vient confirmer ce constat. La France est de retour mais dans la précarité de l’emploi et dans une croissance anémique dont la dynamique est inférieure à celle de l’UE et de la zone euro !
 
L’affaire Benalla est close par un geste auguste de mépris 

D’un monarque imbu d’une puissance éphémère

La laissant s’endormir dans le temps judiciaire. 

Mais Macron est coupable d’une politique

D’appauvrissement de l’Etat et du peuple 

Et cela il devra nous en rendre compte

Car ce ne sont pas les voix des riches 

Qui comptent dans les élections 
!
Claude Trouvé 
25/07/18