dimanche 22 mai 2016

L’Europe ? Cacophonie antidémocratique, antisociale et meurtrière (13ème partie)


L’année 2011 s’était terminée sur un bien triste Noël avec des attentats dans de nombreuses églises du Nigeria, des menaces iraniennes de guerre dans le détroit d’Ormuz entraînant l’envoi d'une flottille multinationale (France, Royaume-Uni, États-Unis) vers le golfe Persique, les deux précédés par la tempête tropicale Washi aux Philippines qui a fait un millier de morts et disparus le 16 décembre. Ces derniers évènements nous montrent que la guerre n’a pas cessé depuis cette date, que les catastrophes naturelles restent le plus grand danger de l’homme et frappent à leur guise. L’humanité les subit et n’est toujours pas capable de les éviter mais elle s’ingénie à ajouter les guerres pour toujours la conquête des territoires et des richesses en s’appuyant sur les antagonismes ethniques, culturels et religieux, qu’elle fomente au besoin. La guerre de Syrie en est un exemple d’aujourd’hui avec l’appui américain aux forces que combat le pouvoir syrien aidé des russes. La guerre USA-Russie fait rage par combattants aidés, armés et interposés. 

L’année 2012 a immédiatement rappelé à l’homme, la priorité de sa survie, lutter contre la nature hostile comme depuis des millénaires. Le 5 janvier, la tempête Andrea frappait le Nord de la France et traversait l’Europe de l’Ouest et du Nord causant un mort et 300 millions de dégâts. Une onde de tempête élevait le niveau de la mer de plus de 2m entraînant des inondations aux Pays-Bas. À Étaples, une éolienne perdait même deux pales, ce qui nous avertit qu’une tempête, un cyclone peuvent rendre inopérantes et dangereuses les fermes éoliennes implantées en Europe. On fera les étonnés quand cela arrivera, car cela arrivera forcément. Mais l’homme montre aussi que ses erreurs et son inconscience peuvent entraîner des catastrophes comme ce fut le cas à Tchernobyl. Le 13 janvier le Costa Concordia, un monstre des mers, faisait naufrage causant 32 morts et 175 blessés. Si cette affaire fait encore parler d’elle en 2016, elle s’est soldée par un bilan qui n’atteint pas celui d’un avion transportant des centaines de passagers. On le constate aujourd’hui avec la disparition de l’avion d’Egyptair en Méditerranée. Souvent l’information nous éblouit par son côté spectaculaire et médiatisé, ceci nous avertit du danger que représentent les médias sur notre analyse émotionnelle des évènements. 

La guerre bien sûr nous entraîne toujours à faire parler les armes. Le 17 janvier : c’est le début du conflit au Mali. Cette guerre civile du Mali fait suite à l’insurrection de groupes armés salafistes djihadistes et indépendantistes pro-Azawad. C’est  la première conséquence visible de la guerre civile libyenne. Les rebelles touaregs du MNLA (indépendantiste) et d'Ansar Dine (salafiste) déclenchent la cinquième rébellion touarègue contre le Mali. Bientôt rejoints par les djihadistes d'AQMI et du MUJAO. Des dissensions se produisent au sein de l’armée malienne. En mars 2012, un coup d'État militaire à Bamako renverse le président malien Amadou Toumani Touré, ce qui précipite la désorganisation de l'armée et aboutit à son désengagement de la zone située au nord du fleuve Niger, à l'occupation du territoire par le MNLA et les mouvements islamiques. Le 6 avril, le MNLA annonce la fin de son offensive et proclame l'indépendance de l'Azawad (territoire ancestral désertique des Touaregs au Nord du Mali) après des combats qui ont fait des centaines de morts et des centaines de milliers de réfugiés. Après l’échec de négociations, avec des alliances et des dissensions chez les rebelles et au sein du pouvoir malien, les combats ne cesseront pas durant toute l’année 2012. 

Ce qu’il faut retenir c’est que le Mali reste une poudrière, que le problème de l’indépendance de l’Azawad n’est toujours pas réglé, et que tous les groupes rebelles cités sont toujours en opération au Mali et dans les pays voisins. Pourtant cette guerre de la France, encensée encore aujourd’hui par les partis politiques, même le FN, conflit qui fera dire à François Hollande plus tard, après une opération Serval éclair en 2013 devant un ennemi qui disparait dans la nature, que c’était le plus beau jour de sa carrière politique. C’est la continuation de la propension d’ingérence néocoloniale de notre pays dans le sillage des USA et  de notre costume de « gendarmette » du monde sous couvert de démocratie et de Droits de l’homme qui cachent mal nos intérêts économiques et de contrôle de nos anciens territoires. Nous aurons l’occasion d’en reparler. 

Un évènement important à plus d’un titre va se produire le 4 mars à l’occasion de l’élection présidentielle : Vladimir Poutine est élu président. Ceci marque définitivement l’entrée de la Russie sur l’échiquier géopolitique mondial. Mais pendant que se déroule le combat entre Sarkozy et Hollande pour la présidence, ceci amène la réflexion suivante. Les français ont largement gaussé la Russie pour cet échange à toi à moi entre Medvedev et Poutine, voulant montrer ainsi que la démocratie n’existe pas dans ce pays. On peut discuter longtemps sur le degré de démocratie de ce pays qui sort du communisme. Si la démocratie est de donner le pouvoir au peuple, on ne peut nier que les élections se déroulent selon les pratiques démocratiques. Si l’on veut faire remarquer que la presse et des pressions de toutes sortes existent encore sur l’électorat, on en trouvera des exemples. Mais alors l’électorat français est-il réellement indépendant de la pression médiatique et des enfumages et promesses politiques ? La liberté d’expression ne nous classe pas parmi les premiers pays, même occidentaux. Enfin on constate le désarroi du peuple face à l’incompétence et la veulerie de la majeure partie de ses représentants. Il finit par descendre dans la rue et par demander un régime autoritaire à une large majorité ! Alors devant l’efficacité du couple Poutine-Medvedev, soumis à toutes les pressions du monde occidental, nous ferions bien de relire le bon vieux La Fontaine qui nous disait d’arrêter de regarder la paille dans l’œil de notre voisin avant la poutre dans le nôtre. 

Pendant les joutes électorales, un évènement grave et hautement significatif va se produire et conduira d’ailleurs Sarkozy à « droitiser » son discours. C’est l’ affaire Mohammed Merah du 11 mars au 22 mars avec les tueries à Toulouse et Montauban par un terroriste islamiste. L’intervention du Raid le 22 mars permet de neutraliser cet individu mais pas de mettre fin aux attentats dans les années qui suivent. Elle fait prendre conscience que des réseaux djihadistes dormants sont prêts à l’action et que la vraie parade réside dans le travail des services de renseignements. Tout aussi professionnelles et utiles qu’elles soient, les interventions du RAID et du GIGN n’évitent pas les morts et les blessés. Or il semble bien que même l’exploitation des fiches « S » manque encore de moyens. Par ailleurs la politique d’agression extérieure sur les terres de l’Oumma ainsi que notre permissivité à l’immigration musulmane ne font que renforcer la détermination de tout une civilisation. Celle-ci trouve du renfort dans tous les pays du monde, et même dans notre pays en se nourrissant du refus grandissant d’assimilation dans la jeune génération. Elle bénéficie de l’aide de la politique du chaos américaine dont la visite américaine récente à Al-Nosra en Syrie est une preuve parmi d’autres.

Le 6 mai 2012, François Hollande est élu à la Présidence de la République Française. Les français ont rejeté l’ancien président a une courte majorité avec l’aide des musulmans. La gauche revient au pouvoir devant un peuple qui croit au changement « maintenant ». Force est de constater que, mis à part une courte période où le Président a caché son jeu, la politique intérieure et extérieure va montrer toute notre vassalité à Bruxelles et aux États-Unis dans la continuité de son prédécesseur. Plus retord, plus « enfumeur » que lui, il va ouvrir la bourse des dépenses en augmentant les impôts, en cachant son manque de résultats économiques derrière des réformes sociétales, des petits cadeaux sociaux, des mini-gloires de chef de guerre et finalement enfourcher un libéralisme qui n’a que le nom de social. On voit aujourd’hui où cela nous mène avec la guerre chez nous et nos soldats un peu partout et une politique à la godille qui exaspère le peuple au sein de laquelle la pauvreté augmente.

Pendant le mois de juin du 2 au 5, une image rafraîchissante nous venait de nos amis-ennemis anglais avec le jubilé de la reine Elizabeth II applaudie par son peuple quand François Hollande défile sans spectateurs sur les Champs-Élysées le 8 mi 2016. On finit par douter des bienfaits de la République et ceci d’autant plus que  les élections législatives françaises des 10 et 17 juin vont nous donner un régime presque monarchique avec la majorité à l’Assemblée Nationale, au Sénat, le pouvoir des régions à quasi totalement aux mains du monarque, et celui des départements en très grande majorité. C’était du jamais vu sous la quatrième République et on comprend mieux la perte de démocratie qui a suivi où le référendum a été définitivement abandonné malgré les demandes du peuple.

2012 va se révéler comme l’année des plans sociaux, PSA, Air-France, Alcatel-Lucent, Sfr, Sanofi, Petroplus, Presstalis, etc., plans sociaux qui continuent la décomposition industrielle de notre pays. C’est aussi le début des querelles à droite comme toujours après les défaites politiques. Rien ne se passera de très notable jusqu’en novembre avec l’élection d’Obama et la préparation du budget 2013 et nous en parlerons. Mais on peut dire aujourd’hui que l’année 2012 est l’année où les français se sont faits « baiser », mais je ne suis pas sûr qu’ils ne recommenceront pas en 2017 en évitant seulement Sarkozy et Hollande pour tomber dans les bras de Macron et Juppé, tous deux dans le même sillage que leurs prédécesseurs, celui du Nouvel Ordre Mondial de la globalisation, de la disparition des nations et de l’hégémonie américaine. 

« Chat échaudé, craint l’eau froide » dit le dicton.

Espérons que le peuple garde la sensation 

Du danger qui menace la France

Et choisisse une autre voie ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon