lundi 16 mai 2016

L’Europe ? Cacophonie antidémocratique, antisociale et meurtrière (8ème partie)

La période 2010-2016 de l’UE et de la France pourrait se résumer par une seule question : « Mais qui dirige l’Union Européenne ? » C’est le suivi historique de cette période qui apporte la réponse. De là on peut se poser la question suivante : « Mais qui dirige le monde de l’économie et de la Finance ? » La première réponse que l’on peut déjà donner c’est que ce ne sont pas les peuples par le biais de la démocratie. Ils ne sont que les jouets et les serfs qui ne reçoivent que ce qui permet de les maintenir en vie plus ou moins heureuse selon leur capacité de nuisance. C’est-à-dire peu de chose pour chacun par rapport à l’ensemble des richesses produites déversées sur bien moins de 0,1% de la population mondiale. L’affaire Panama Papers est une gigantesque mascarade révélatrice de cette masse d’argent qui échappe aux Etats mais pas à ceux qui les manipulent, les banques en premier lieu. Le paradis fiscal est au capitalisme ce que la soupape est au moteur à explosion...

Il y a donc une certaine ineptie (et une grande $ hypocrisie) à condamner l’optimisation fiscale, les comptes off shores et à vouloir néanmoins conserver le capitalisme... Le scandale Panama Papers est orchestré par la CIA afin de rapatrier tous les comptes cachés vers le Delaware, le paradis fiscal américain, et le Nevada, Etat de la mafia et nouveau paradis fiscal dans lequel vient de s’implanter la banque Rothschild… Quant à l’UE, elle n’est rien d’autre qu’une hydre antisociale, une véritable pompe aspirante de la richesse produite par le travail des peuples. Elle est à la solde du monde militaro-banco-industriel qui manipule les USA comme vient de le dire Donald Trump. Selon Oxfam (Organisation internationale luttant contre la pauvreté), 62 personnes possèdent désormais autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Elles étaient encore "388 il y a cinq ans". Jamais les disparités de revenus n’ont été aussi grandes aux Etats-Unis, 90 millions d’américains sont en-dessous du seuil de pauvreté et le chômage est plus proche des 20% que des 5%, les statistiques étant là-bas beaucoup plus manipulées qu’en France. Il ne faut donc pas s’attendre à autre chose de la part de l’UE, dont la politique est désormais tracée par l’Allemagne devenue le bras européen de l’Empire américain. Par ailleurs la BCE suit la Fed et le FMI, tous deux dans les mains des grandes banques mondiales, américaines pour la plupart. 

2010 s’avère comme une année charnière où le monde sortait de la crise et reprenait espoir. Ce fut néanmoins une année de grandes catastrophes, de grandes réalisations humaines, de l’affirmation de nouvelles puissances du monde et des signes avant-coureurs de changements politiques en France. Parmi les catastrophes naturelles les volcans sont venus nous prouver qu’ils pouvaient disperser beaucoup plus de carbone que les hommes avec l’éruption volcan du glacier d'Eyjafallajökull, dans le sud de l'Islande. La tempête Xynthia, avant Fukushima, a montré sa force sur les côtes de la Vendée et de la Charente Maritime, avec des vents qui dépasseront parfois les 160 km/h feront 53 victimes dans l'Hexagone. La force des séismes a frappé en Haïti avec près de 250 000 morts, auxquels se sont ajoutés 2 000 morts par suite de l’épidémie de choléra, et des dégâts matériels qui pourraient atteindre 15 milliards de dollars. 

C’est l’humilité, qui devrait étreindre les écologistes pensant que l’homme n’en fait pas assez pour l’environnement, devant le pire ennemi de l’homme, à savoir la nature. On peut cependant ajouter les catastrophes industrielles comme la marée noire aux Etats-Unis déclenchée par l’explosion d’une plateforme pétrolière dans le golfe du Mexique déversant près de 800 millions de litres de brut dans la mer, une nappe presqu'aussi grande que la Belgique, et faisant 11 morts. Les mines nous ont rappelé leurs dangerosités au Chili, car elles ont, avec les industries chimiques, tué sur la planète plus de monde que toutes les autres industries, nucléaires comprises, et elles continuent à le faire. 33 mineurs, piégés par un effondrement dans une mine de cuivre et d'abord donnés pour morts, vont finalement donner signe de vie quelques jours après la catastrophe. Réfugiés dans une cavité sécurisée de la mine, ils survivront et communiqueront avec l'extérieur pendant des mois. Dramatique, l'histoire va vite passionner la planète. Même si l’homme doit continuer sans cesse à penser à sa sécurité au fur et à mesure qu’il exploite la nature ou à cause des progrès de la science et des techniques, la nature, souvent imprévisible, reste le danger qui doit demander les plus grands efforts pour s’en protéger. Ce n’est plus le cas, l’homme cherche surtout à se protéger de lui-même et s’expose aux pires catastrophes sans en atténuer suffisamment les effets. Les séismes tuent toujours de plus en plus au fur et à mesure de l’augmentation de population. N’est-ce pas une première urgence de s’en protéger ? 

Mais 2010 a révélé de belles réalisations et l’appétit de l’homme pour le gigantisme par nécessité ou par pure gloriole. Citons le plus long tunnel du monde avec 57 km percé le 15 octobre en Suisse sous les Alpes, le tunnel du Gothard, infrastructure utile. Nous devrions bientôt pouvoir l’emprunter. A contrario, la tour "Burj Dubai", rebaptisée depuis "Burj Khalifa" et inaugurée en 2010, mesure très exactement 828 mètres et compte au total 162 étages et devient la plus haute tour du monde. C’est l’affirmation de la puissance pétrolière de la péninsule arabique dont les pétrodollars avaient déjà commencé à répandre la religion musulmane sunnite depuis les années 1990 et qui allaient fomenter les révolutions arabes avec l’appui de l’Occident. Mais aussi l’année où une autre puissance s’affirmait aux yeux du monde entier, la Chine. Avec l'Exposition universelle à Shanghai, la mégalopole chinoise a accueilli les pavillons de près de 200 pays. Des constructions monumentales, parfois futuristes, souvent étonnantes, ont été admirées par plus de 73 millions de visiteurs. La Chine d’Alain Peyrefitte était   véritablement éveillée et en passe de devenir la première puissance économique du monde.

 Mais on ne saurait  regarder le monde et en particulier l’Europe sans oublier le début de la crise grecque dans laquelle ce pays commençait sa lente agonie et qui reste aujourd’hui sous traitements palliatifs. Le 2 mai, les dirigeants de la zone euro et du FMI annonçaient un plan d'aide à la Grèce de 110 milliards d'euros. C’était l’émergence de désaccords au sein de l’Union malgré l’adoption d’un fonds de stabilisation de 750 milliards d’euros. L’Irlande s’écroulera néanmoins en fin d’année. En France deux faits étaient prémonitoires, la victoire de la gauche aux régionales et la réforme des retraites contre laquelle les jeunes avaient déjà manifesté contre la retraite à 62 ans pour l’âge légal et 67 ans sans décote. Cette fois le gouvernement n’avait pas cédé et tout s’était calmé. 

Les affaires Clearstream et Bettencourt-Woerth n'étaient que des bruits de fond comme le remaniement ministériel sur fond de plusieurs scandales touchant des membres du gouvernement. Ceci fera dire à François Hollande qu’avec lui la République serait irréprochable. On a vu ce que cela a donné, comme quoi le peuple constate que la gauche ou la droite font les mêmes erreurs dramatiques depuis quarante ans et que c’est l’arrivée des politiques au service… d’eux-mêmes. La crise n’avait servi qu’à endetter l’État, donc le peuple, et l’année 2010 laissait deviner la suite qui n’est pas brillante et dont nous parlerons.



La lanterne 2010 n’a pas éclairé nos dirigeants 

Sur l’agonie de l’Union Européenne,

Sur la transformation du monde, 

Dont l’émergence de la Chine,

Et la force des pétrodollars.

 Résultat : la guerre

Couve partout. 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon