jeudi 12 mai 2016

L’Europe ? Cacophonie antidémocratique, antisociale et meurtrière (5ème partie)



Pendant que la crise de 2007-2008 étendait ses ravages financiers, économiques et bancaires, l’UE s’impliquait depuis 2002 dans la guerre en Afghanistan. Le 11 septembre 2001 avait servi de prétexte aux USA pour déclencher une opération internationale avec d’abord le Royaume-Uni, puis l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Italie, la France, la Turquie et le Canada réunis dans une Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS). Le président Bush avait ciblé Al-Qaïda et Ben Laden comme auteurs de l’attentat du World Trade Center pour engager une opération dite de « justice ». On sait depuis que cet attentat est l’objet de grandes suspicions sur les véritables auteurs jusqu’au sein même du Congrès en particulier sur l’incroyable effondrement de la tour 7 et du très curieux impact de l’avion sur le Pentagone, évènements qui ont peu eu les honneurs de la presse. 

Dès le 17 novembre 2001 le premier ministre Lionel Jospin annonce l'envoi du porte-avions Charles de Gaulle et de son groupe aéronaval constitué de deux frégates, d'un pétrolier ravitailleur, d'un sous-marin, d'un aviso en mer d'Arabie au large du Pakistan. Le groupe appareille le 1er décembre 2001 pour une mission qui va durer sept mois jusqu'au 1er juillet 2002. Après des premiers succès dont la libération de Kaboul, le territoire afghan est divisé en cinq régions sous le contrôle de cinq commandements donnés respectivement à l’Allemagne/Pays-Bas, l’Italie, le Royaume-Uni/Canada, les États-Unis et la France qui prend le Commandement de la Région capitale (6 400 hommes au 15 septembre 2009) centrée autour de Kaboul. Le tout est évidemment sous la haute autorité des États-Unis… enfin de l’OTAN. Après les Balkans, qui étaient cependant en Europe, la France repart en guerre en Afghanistan laissant une dizaine de morts dès 2008. La houlette des USA finalement imposée dans les Balkans continue en Afghanistan et le sera ainsi de plus en plus par la suite. 

Quelle réelle motivation avions-nous pour aller en Afghanistan ? Ben Laden s’était-il attaqué à la France ? Nenni. Avions-nous des intérêts particuliers dans ce pays ? Nenni. Pour l’Irak, les Etats-Unis ont brandi la possession imaginaire d’armes chimiques pour soulever une coalition. L’Afghanistan s’avère présenter les mêmes causes avec un attentat horriblement meurtrier mais qui semble de plus en plus suspect. Ce pays fut un piège pour l’armée russe et Ben Laden n’était pas un citoyen afghan mais d’origine d’Arabie Saoudite (mort dans un des pays du Golfe selon mes renseignements ! ). Il guerroyait dans les montagnes entre le Pakistan et l’Afghanistan. Mais pour la France, il fallait suivre l’OTAN dont nous ne faisions pas partie à cette époque. Enfin plutôt il fallait suivre les Etats-Unis et ne pas être en reste par rapport au Royaume-Uni, à l’Italie et à l’Allemagne qui, eux faisaient partie de l’OTAN. Il fallait y être et nous avions encore 3702 hommes au 27 février 2012.

La mainmise militaire des USA sur l’UE par le biais de l’OTAN commençait à la transformer en puissance meurtrière. En 2008, 295 soldats de la coalition avaient péri dont 11 français, mais le bilan des civils était beaucoup plus lourd avec 2118 victimes recensées. Plusieurs millions de réfugiés se sont exilés. 12 600 demandes d'asile ont été faites par des afghans, en 2008, dans des États de l'UE… et en 2016 ça continue ! Car dès 2006 la guerre a repris sur une grande échelle avec la redéfinition de la stratégie talibane. L'année 2006 voit les talibans réunir un solide front contre le gouvernement central et les forces américaines et européennes, adopter une nouvelle tactique et lancer une importante offensive militaire qui leur permet de se réinstaller dans le sud du pays. La Coalition cherchera à empêcher ses mouvements et commencera à renforcer ses effectifs pour faire face à ce regain de force talêb. La coalition, qui avait augmenté ses effectifs de 5000 à 10500 hommes de 2001 à septembre 2005, passait brusquement à 31000 en octobre 2006 et 51000 deux ans plus tard pour atteindre un maximum de 140000 en janvier 2011. 

La culture du pavot est en effet devenue une source importante de financement pour la guérilla tout en causant le discrédit des autorités via la corruption dont elle est la cause. 8 200 tonnes d'opium ont ainsi été produites en 2007 en Afghanistan, soit 93 % de la production mondiale. Il est intéressant de faire le parallèle avec le pétrole vendu par Daech à la Turquie, entre autres puisqu’on en retrouve jusqu’à Sète. C’est ainsi que la guérilla s’étend de 2007 à 2009. La guérilla anti-gouvernementale augmente et améliore ses capacités militaires et financières. Cela lui permet de remporter une série de succès dans tout le pays. De leur côté, la Coalition et le gouvernement central éprouvent des difficultés croissantes sans parvenir à enrayer les progrès de la guérilla. Enfin, le gouvernement d'Hamid commence à connaître une sérieuse crise de légitimité qui favorise les talibans.

C’est donc dans ce contexte international de guerre en Afghanistan et de crise bancaire, impactant l’économie mondiale que la France vit l’année 2009. Sa population de 62,6 millions s’est accrue de 318.000 personnes, et elle accueille 212000 migrants déclarés dont le taux de chômage avoisine les 15%. Avec une croissance de -2,9%, un revenu disponible réel des ménages qui croit encore de 1,7% (ce que l’on n’a pas revu depuis), un taux de chômage de 9,1%, une dette publique de 1489Mds€ soit 162 milliards de plus qu’en 2008 et 77,6% du PIB, un déficit public de 7,5% du PIB au lieu de 3,4% en 2008, la France accusait la crise en creusant la dette. Cette politique se différencie de l’Allemagne qui entame une politique d’austérité. La France sortira plus vite de la crise mais traînera ce boulet de la dette et du déficit public jusqu’à aujourd’hui pour finir par recourir à l’impôt sur les sociétés et les particuliers, et non à l’austérité salariale, ni à l’équilibre des prestations sociales. Elle y vient sur le premier point et masque une réduction réelle des prestations sociales sans rééquilibre les comptes sociaux. 

Dans cet épisode ni l’UE, ni l’euro n’ont apporté une aide décisive et chaque pays a réagi à sa façon, certains en dévaluant leur monnaie. Par contre la tutelle militaire étasunienne a confirmé son emprise et transformé la main européenne qui brandissait la colombe de la paix en gantelet guerrier brandissant le droit d’ingérence au nom de la « démocratie » et des « droits de l’homme », ceux de mourir ou de fuir les pays visités par les « coalitions ». L’UE protège les multinationales mais pas des crises, l’euro paralyse et vit l’œil rivé sur le dollar, l’OTAN pousse à la guerre pour défendre ce que l’on nous fait passer pour la recherche de la paix. 

L’Union Européenne a permis à l’Allemagne 

De dominer sur l’ensemble du continent

Grâce à un complexe militaro-bancaire 

Qui sert l’hégémonie américaine

Tueuse universelle et broyeuse 

Des peuples qu’elle soumet ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon