vendredi 11 juillet 2014

Echec intérieur et extérieur d’un Hollande dépendant et sans projet



A l’intérieur la Conférence sociale se termine en eau de boudin. En juin 2014, le taux de croissance annuelle de l'indice des prix à la consommation (IPC) a chuté à 0,5 %, la déflation n’est pas loin, la croissance ne vient pas et le chômage augmente.  A l’extérieur les interventions au Mali et en Centre-Afrique ne résolvent rien mais maintiennent nos forces armées sur place pour longtemps, celle en Syrie où l’on voulait la mort de Bachar el  Assad est abandonnée par les USA et bloquée par la Russie, celle en Ukraine ne se joue qu’entre l’Allemagne et les USA.

Un Président sans projet pour la France en dehors du compromis pour durer, manipulant le double langage et l’enfumage, se faisant élire à gauche pour pratiquer la même politique d’austérité que son prédécesseur, dépendant de l’hégémonie américaine et des diktats allemands, ne peut conduire ce pays vers autre chose que sa dissolution dans un ensemble plus vaste et vers sa perte de souveraineté. Quand on a moins de 20% de confiance de son peuple, cela veut bien dire qu’il n’adhère pas à une politique sans horizon lointain, crédible et mobilisateur. 

Le grand projet de la France, c’est le maintien dans l’euro. Le grand projet européen c’est le fédéralisme, l’expansion à l’est et le Traité Transatlantique à l’ouest. Les projets européens ne sont pas ceux qui mènent la France vers un avenir meilleur. Nous suivons les États-Unis et Berlin. La politique de la France suit celle de notre voisine qui n’a pas changé son rêve de domination de l’Europe depuis Bismarck. Elle entretient une complicité avec les USA, chacun ayant des avantages à en tirer. Pour les États-Unis l’Allemagne leur ouvre les portes d’une future fédération qui n’aura plus qu’une seule voix et pourra faire évoluer un dollar mal en point vers une monnaie américano-européenne face au yuan. Pour l’Allemagne c’est le champ libre vers l’est et la protection nucléaire. 

Nos ambitions sont défensives et pleutres. Nous n’avons plus de cap et nos actions intérieures sont enferrées dans une fausse politique de droite contrôlée par Bruxelles. Le CICE (Crédit d’Impôts Compétitivité Emploi) et le Pacte de Responsabilité n’atteindront pas leurs objectifs. Le CICE est distribué indifféremment sur les entreprises, qu’elles soient exportatrices ou non. En fait la plus grande partie va vers la Poste et la grande distribution. Le but d’aide à l’exportation ne sera pas atteint et son impact sur les entreprises exportatrices sera suffisamment faible pour qu’une variation de la parité euro/dollar en annule l’effet. Le CICE a permis de faire une politique de l’offre sans débourser un sou en 2013. Mais il va falloir payer la note dès cette année. C’est ce qui s’appelle « reculer pour mieux sauter ». C’est une TVA sociale, décriée en son temps par la gauche, qui avait au moins l’avantage d’être simple à appliquer. 

Le pacte de Responsabilité ne créera pas un million d’emplois évidemment car on sait que ce n’est pas les grosses entreprises qui créent l’emploi mais les petites. Il commence déjà à être détricoté avec la mise en sourdine du contrat pénibilité qui surcharge administrativement les entreprises. Quatre organisations syndicales viennent de tuer une Conférence sociale qui s’annonçait comme un marché  de dupes. Les 7 et 8 juillet, le Président et le Premier Ministre ont voulu faire avaliser aux syndicats non des compromis mais des compromissions. 

La France se dirige vers la déflation au sens commun du terme qui veut dire une progression des prix nulle et au sens économique du terme, c’est-à-dire une régression de la création de monnaie et du crédit. Les banques privées qui ont largement dépassé leurs possibilités de crédit avec plus de 30 fois leurs fonds propres au lieu du ratio 12, doivent faire face à des non-remboursements, serrent leur bilan et diminuent les crédits. La machine économique risque de tomber en panne dès juillet. L’inflation n’est que de 0,5%, ce qui amène l’Etat à abaisser le taux d’intérêt du livret de Caisse d’Épargne. 

Depuis mai 2011 la politique d’austérité étend ses ravages alors que la relance économique n’est pas là. Elle crucifie la France alors que l’Allemagne commence à sentir l’effet de l’appauvrissement des pays qui l’entourent et va chercher de l’air vers l’est de l’Europe. Relancer les infrastructures comme le proclame Arnaud Montebourg, un pas dans la bonne direction, est incompatible avec une politique d’austérité, un déficit surveillé par Bruxelles et un endettement qui va atteindre le total de la production annuelle.

« Que la France sorte de l’Euro, retrouve sa souveraineté monétaire et dévalue, accompagnée par d’autres pays qui connaissent aujourd’hui des difficultés similaires ou mêmes pires, et l’accroissement de demande provoquera un rapide accroissement de l’emploi. Car, rien dans la situation actuelle n’est irrémédiable. » (Jacques Sapir) 

C’est l’incompétence, la couardise, l’appât du gain et non du Bien commun, 

Qui enfonce le pays et le vend à l’Europe fédérale allemande 

En coopérant à la puissance militaro-économique 

Et à l’hégémonie des États-Unis. 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon