mardi 1 juillet 2014

« Désaméricaniser » le monde ou accepter le servage !



Pour la première fois le PIB américain recule de 2,9%. Pire les prévisions étaient de +2,6% pour le premier trimestre 2014. La superbe américaine tombe de haut. Malgré l’énorme flux de liquidités injectés dans l’économie américaine, encore 35Mds$ par mois, la récession est là. La puissance du dollar comme monnaie de référence, la masse monétaire créée en partie artificiellement et la tonte du citoyen américain ont donné aux Etats-Unis un complexe militaro-économique qui lui permet d’étendre son hégémonie sur une grande partie du monde. Seuls quelques pays résistent, comme l’ont fait Cuba et le Venezuela, mais la résistance se situe désormais en Asie.

Les Etats-Unis font tomber les régimes forts qui risquent de lui résister, pas moins de sept pays ont succombé depuis le vingt-et-unième siècle. L’affaire est en cours en Syrie et en Ukraine qui n’est qu’une annexion américaine dans une affaire montée de toutes pièces et de longue date. Deux principes sont retenus pour intervenir sur un pays militairement, économiquement ou par soulèvement intérieur organisé. Le premier est la défense de la démocratie, des droits de l’homme ou de détention présumée d'armes chimiques et biologiques, justificatif utilisé en Yougoslavie, en Irak, en Lybie, en Syrie et en Ukraine entre autres. Le second est l’ennemi de l’Amérique (ou d’Israël), justificatif utilisé en Afghanistan et également en Ukraine.

Les deux justificatifs peuvent être utilisés l’un à la suite de l’autre, c’est le cas de l’Ukraine où nous en sommes au deuxième argument, celui de l’ennemi des USA, la Russie. Cette stratégie s’appuie sur une forte communication de persuasion et sur la complicité de l’UE, en particulier de la puissante Allemagne qui lorgne au passage sur un marché proche et des coûts salariaux très bas. Les Etats-Unis n’arrêtent pas d’allumer des foyers de conflit ou de les entretenir. Aucune contradiction n’arrête la machine militaro-économique.

 On tue le djihadiste Ben Laden, ennemi public numéro un, et on fait la guerre en Afghanistan pour y laisser une présence militaire. On soutient les djihadistes en Libye, en Syrie et même en Ukraine avec la complicité de l’UE franco-allemande, de l’Arabie Saoudite et du Qatar. L’armée djihadiste de l’EIIL est devenue hors de contrôle et envahit l’Irak mais on laisse plus ou moins faire les évènements. On en profite pour faire pression sur l’Iran qui s’inquiète de revoir un pouvoir sunnite s’installer en Irak en jouant de l’intervention américaine possible sur les djihadistes…

La mort se répand partout, les pro-russes qui n’avaient rien demandé de plus paient de centaines de morts le fait de conserver leur langue et leurs droits. L’Ukraine en guerre civile et sous perfusion de prêts pour survivre, la Syrie est exsangue et les conflits sont en train de redessiner une carte du Moyen-Orient pour y mettre un Calife. On voit que deux fléaux sont lâchés, la conquête musulmane et la menace de conflit mondial avec un bloc Russie-Chine désormais arc-bouté sur ses frontières que vient tutoyer l’OTAN. L’OTAN n’a d’ailleurs plus aucune raison d’exister. Les russes n’ont plus que des intérêts économiques dans les anciennes possessions de l’URSS. La diabolisation de la Russie ne peut plus s’appuyer sur des faits concrets, il faut en inventer comme les armes chimiques de Saddam Hussein et de Bachar el Assad. Pourtant, Washington a accru la présence de l’Otan bien au-delà des frontières de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. A présent, l’Otan s’étend de la Baltique à l’Asie Centrale.

 Il est donc particulièrement dangereux d’interdire l’accès à l’Europe pour la Russie et la rejeter vers la Chine avec une Europe qui n’a pas d’autre puissance militaire que celle des Etats-Unis dans une telle possibilité de conflit. Le mur de Berlin ne doit pas être reconstruit par nous aux frontières de la Russie. De plus nous avons avec les russes un danger commun. L’Europe, la Russie et la Chine ont des populations musulmanes et ont des raisons de s’inquiéter, maintenant que la violence libérée par Washington pourrait apporter la déstabilisation de régions entières d’Europe, de Russie et de Chine.

« A moins que le pouvoir à Washington ne soit remplacé par des dirigeants plus humains, la vie sur terre n’a aucun avenir […] Ainsi que le gouvernement chinois l’a déclaré, il est temps de « désaméricaniser le monde ». Paul Craig Roberts a été vice-ministre des Finances sous Reagan, il a été chroniqueur et rédacteur en chef au Wall Street Journal. 

Depuis dix ans nous menons une politique étrangère suicidaire 

La vassalisation à laquelle sont soumis les peuples européen,

 Est due à l’hégémonie américaine et son suppôt allemand. 

Il faut que ces peuples reprennent en main leur avenir ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon