mardi 17 avril 2018

Une désinformation comme en temps de guerre ciblée sur la Russie


Il est loin désormais le temps où les coalitions occidentales pouvaient faire régner leur ordre sur la planète. Ces coalitions se résument d’ailleurs en fait en un trio majeur où la France s’affuble du titre européen, où le Royaume-Uni n’a jamais représenté que lui-même et son ancienne puissance mondiale, et où les Etats-Unis pensent que leur dollar et leur armée permettent de ne pas être dépendant du précédent. Mais il n’y a pas de puissance, pas plus que de guerre, sans argent. C’est la dure loi à laquelle s’est affrontée notre royauté et même les Révolutionnaires devant les caisses vides. L’argent ne peut plus être demandé au Pape, ou aux Vénitiens mais sort des caisses des banquiers apatrides et des milliardaires, qui tirent les ficelles par des actions sur les Etats, comme le fait Rothschild, et des actions personnelles comme Soros, par exemple. Que craignent ces gens-là ? La découverte du pot aux roses par des peuples dont les réactions collectives sont seules capables de changer le cours du destin qu’on leur fabrique.

La mise en condition favorable des peuples est donc un impératif que seule la désinformation par omission, travestissement de la réalité, fausses nouvelles, etc. est capable de faire. Pour que l’attention de ceux-ci soit captée, il faut désigner un ennemi sur lequel se déversera la désinformation. C’est par exemple les OGM, le changement climatique, le nucléaire, ou un pays ennemi, pays menaçant par nature. L’ennemi c’est la cible à abattre qui fédère les masses sur laquelle l’information doit être continue et dense, dans un savant mélange de vraies et de fausses nouvelles. Une désinformation efficace doit laisser un créneau de constats réels et vérifiables. C’est le cas du changement climatique où l’on mêle, autant que de besoin, les phénomènes météorologiques vérifiables pour tout un chacun et les phénomènes climatiques invérifiables pour les non-spécialistes. Mais dans ces cas la désinformation n’a que l’arme de la communication et l’ennemi désigné n’a pas d’armes létales à court terme. 

Pour ce qui est de la possession des richesses, des ressources, des territoires, il faut faire parler la puissance des armes par la menace allant jusqu’à l’action militaire. Le temps où on paradait en Libye sous l’œil contrit de la Russie est désormais révolu. La Russie est redevenue une puissance économique notable, classée à la sixième place par son PIB (PPA) par le FMI alors que la France est en dixième place après avoir été cinquième. Mais surtout la puissance militaire, qui lui a manquée pour peser sur l’intervention occidentale en Libye, est redevenue d’une efficacité redoutable en particulier dans la guerre électronique, la portée et la précision des armes. Elle vient d’en faire la démonstration en Syrie où sans s’engager à fond dans des combats au sol au côté des syriens, leur présence partout, en particulier dans le renseignement et les conseils militaires, a fait merveille. Grâce à eux la victoire a changé de camp et a obligé la coalition occidentale à faire des contorsions pour ne pas avouer que le véritable but n’était pas l’EI ou Al-Qaïda mais bien Bachar el-Assad paré de toutes les atrocités nécessaires pour en faire un « boucher » de l’humanité. La Syrie doit être dépecée et la Russie vient troubler cet objectif en permettant la reconquête des territoires à un non-aligné sur la politique étasunienne.

La victoire militaire de Bachar el-Assad, et donc de Poutine, étant actée, il importe désormais que l’image de ce couple aux yeux des peuples soit écornée par leurs actions contraires au droit ou aux conventions internationales ou affirmées comme telles. L’action Skripal finalement désavouée par le laboratoire britannique compétent, ayant fait chou blanc, est mise sous le tapis. Comme il n’y a jamais de fumée sans feu, il en restera toujours quelque chose, le doute entretenu. Mais il faut relancer la machine de guerre de l’information et de l’action sur la Syrie. Israël pousse à la roue et influe un Donald Trump en difficulté permanente avec l’Administration américaine, la CIA, les exclus du FBI, les démocrates d’Obama-Clinton, une partie des républicains, les grandes puissances bancaires. Le rôle d’Israël est déterminant car il a la puissance bancaire américaine et une armée prête à en découdre. Israël se fiche éperdument des décisions de l’ONU et mène ses actions sur la Syrie ou Gaza comme bon lui semble. Mais du côté du Royaume-Uni, Theresa May est aussi en difficulté avec des discussions sur le Brexit qui clivent toujours le pays. Quant à notre Macron, l’embellie de départ est terminée et sa popularité en baisse sensible. Comme il ne connaît que la communication pour exister, il lui faut se parer du rôle de chef de guerre qui a bien réussi à Hollande au Mali. 

Les conditions étaient donc réunies pour tenter en Syrie une action de déstabilisation de l’ennemi désigné, la Russie. Le bellicisme humanitaire a trouvé alors sa justification dans l’utilisation réelle ou fausse d’utilisation de gaz le 7 avril dernier. C’était l’occasion de l’attribuer illico à Bachar el-Assad, et à son complice russe. La puissance médiatique occidentale répandait la nouvelle en plus assortie du mot « présomption d’utilisation » qui cachait à peine les certitudes affichées par le trio occidental soutenu par les banquiers américano-juifs de la City. L’action devait être rapide et ne pas s’embarrasser de précautions inutiles sur la véracité des faits qui risquaient de détruire l’impact médiatique sur les peuples. Inutile donc d’avoir l’aval du Conseil de Sécurité, ni le rapport d’experts de l’OIAC, ni l’aval du Conseil des chefs d’Etats européens, ni bien sûr de demander l’avis du Congrès pour Trump, ni de l’Assemblée Nationale pour Macron au nom de l’urgence et de la gravité, Il fallait frapper vite et spectaculairement.

Poutine est prévenu et l’assurance lui est donnée que ses troupes ne seront pas visées, et suffisamment de détails sont fournis pour que Bachar el-Assad prenne ses précautions. Poutine de son côté promet de ne pas participer à l’interception des missiles, ce qui est une garantie de réussite minimale pour le trio occidental. Dans la nuit du 13 au 14 avril, l’opération missile est lancée. Les commentaires officiels parlent aussitôt d’attaque de trois sites de recherche et de stockage de gaz de combat, et d’une réussite parfaite de l’intervention militaire sans mort chez les militaires et les civils syriens et russes. Une opération chirurgicale, un coup de semonce, dont le trio peut être fier, donnant aux militaires une satisfaction méritée, et atteignant ou pensant atteindre le but caché de l’aura intérieure et extérieure des chefs d’État impliqués. 

Mais les gagnants ne seront sans doute pas du côté du trio occidental, car depuis l’affaire de l’intervention en Irak où la France avait découvert la supercherie, les affaires douteuses se sont multipliées, et les peuples en ont pris conscience. Contrairement aux certitudes affichées des médiaux occidentaux aux ordres, les utilisations d’armes chimiques par le gouvernement syrien n’ont jamais pu être confirmées par les experts de l’ONU. La précipitation du trio à intervenir n’était pas justifiée en soi et laisse le sentiment d’une opération programmée en dehors de toute preuve et de rapport d’experts approuvé par l’ONU. Mais le déroulement même de l’intervention soulève beaucoup de points d’invraisemblance. Si les russes et les américains semblent d’accord sur le fait que les troupes russes n’ont pas eu de victimes, que les batteries anti-aériennes russes ne sont pas intervenues, et sur le nombre de missiles employés (103 pour les russes, 105 pour les américains dont 2 égarés), il n’en est pas de même sur les sites visés.

Le trio occidental s’est ingénié à dire que les sites visés ne concernaient que des armes chimiques sur trois sites. Mais si tous les missiles ont atteint leur cible, selon le trio, ces trois sites devraient être pulvérisés et des gaz devraient s’être répandus dans l’atmosphère. Ce n’est pas le cas, les bâtiments ne sont que partiellement détruits et des badauds se promenaient aux alentours de ces sites dès le jour venu. Donc ou bien ces sites n’étaient pas des sites dédiés et sécurisés, vu leur dangerosité et leur secret, ou bien ils n’ont été atteints que par un petit nombre de missiles. Où sont alors passés les autres ? Selon la version russe, finalement plus crédible, 6 autres cibles auraient été visées, six aéroports civils et militaires. Evidemment l’avouer vient contredire la thèse selon laquelle, seule la détention d’armes chimiques était punie par l’intervention. C’est d’autant plus difficile à avouer que ces 6 sites, précieux pour la Syrie, étaient défendus par une défense aérienne syrienne rendue efficace par les russes, et que selon ces derniers sur les 71 missiles envoyés sur eux, seuls 7 n’ont pas pu être interceptés avant l’impact. 

S’il en est ainsi, et ceci est forcément connu des Etats-Majors du trio, ce n’est pas une réussite militaire mais un échec cuisant qui va laisser des traces dans les armées avec la réussite de 30 missiles sur des sites non défendus et qui ne renfermaient peut-être rien, et 10% de réussite sur les autres aéroports, défendus eux. L’efficacité des armes russes équipant les syriens et celle de la défense électronique d’approche des missiles, permettant l’efficacité des interceptions, vient d’être démontrée. Autrement dit si les russes avaient participé avec leurs propres armes à l’interception, aucun missile n’aurait atteint son but. Mais l’échec risque d’être cuisant sur le plan diplomatique. Les pays de l’UE mis devant le fait accompli ne vont pas apprécier le cavalier seul, surtout celui de la France car le Royaume-Uni est déjà considéré comme parti. L’ingérence répétée sans mandat de l’ONU de l’alliance occidentale ne peut qu’inciter les autres pays à se constituer des défenses dissuasives. La Corée du Nord a déjà justifié ainsi ses armes nucléaires. En plus la résolution diplomatique du problème syrien n’en devient que plus difficile et la France perd toute chance de jouer un rôle de médiateur et même de peser dans les négociations.
 
Le mensonge prend le risque d’en discréditer ses auteurs 

Et la France s’y adonne désormais avec les États-Unis

Qui ont déjà prouvé qu’ils sont les spécialistes. 

Les intérêts du camp israélo-américain 

Détruisent notre souveraineté 

Et ne sont pas les nôtres !
 
Claude Trouvé 
17/04/18