lundi 16 avril 2018

La France en guenilles frappe fort pour exister


Alors que nos armées tirent sur la Syrie des missiles à 2,6 millions d’euros, la France vit de la mendicité et creuse sa dette. En 2017, selon les derniers chiffres du Ministère de l’Economie et des Finances, la dette publique de la France s'est encore alourdie de 66 milliards. Elle atteint 2 218 milliards d’euros, et pèse désormais 97% du produit intérieur brut, alors que les critères de convergence européens préconisent une dette contenue dans la limite de 60% du PIB. Mais grâce à la reprise économique en Europe, avec 2,6% de déficit public les comptes de l'Etat repassent sous la barre des 3%. Les réjouissances du Ministère méritent que l’on rappelle que le PIB ne représente pas que les recettes de l’ensemble des administrations publiques nationales et territoriales. Le pourcentage de celles-ci est de l’ordre de 53% dont 19% pour l’Administration centrale. Ce n’est donc pas 66 milliards d’économie que cet ensemble d’administrations devra faire, mais 125 Mds pour arriver à 0% de déficit/PIB sans compter sur l’économie du pays, donc sur une croissance non nulle. On en est encore loin puisque le budget prévisionnel 2018 prévoit un déficit de 82,9 milliards.

Selon la Cour des Comptes le résultat de ce déficit contenu est principalement imputable à une hausse des recettes fiscales, évaluée à 8 milliards d’euros, ainsi qu’à la baisse de la charge d'intérêt de la dette (-1,0 Md€) et de la contribution au budget de l’Union européenne ( -1,5Md€) par rapport aux prévisions du programme de stabilité du printemps dernier. Par ailleurs, même avec un déficit de 2,6% du PIB, on est encore loin de la moyenne du déficit de 1,2% dans l’Union Européenne. D’ailleurs la croissance des dépenses a atteint 1 % en volume en 2017, un rythme de croissance semblable à celui des cinq dernières années. Je me demande d’ailleurs par quel tour de passe-passe le déficit de 2,9% du PIB publié sur le rapport de la Cour des Comptes le 1er mars 2018, est descendu à 2,6% le 15 avril soit 6,5 milliards de moins. Cela ne se trouve pas sous le pied d’un cheval, ou c’est le fer porte-bonheur ? 

En effet l’embellie mondiale actuelle, qui booste la croissance vers les 2% pour la France, n’est pas garantie pour le futur comme vient de le rappeler la directrice du FMI. La Banque de France, au vu du résultat de la croissance du premier trimestre 2018 vient de réajuster les prévisions de croissance annuelle à 1,9%. Progressivement nous atteignons un pic d’utilisation des ressources d’énergie et il ne peut y avoir de croissance planétaire sans apport supplémentaire d’énergie. C’est l’électricité qui fait marcher les industries avec les robots, les systèmes informatiques en démultipliant l’énergie humaine. Sans cela nous n’en serions qu’à l’âge de pierre. La production de celle-ci épuise des ressources naturelles, charbon, fioul, gaz, uranium, minerais de toutes sortes. Avec une population qui croît, les énergies solaire et éolienne, ne permettront pas de garantir un apport suffisant, vu leur faible efficience énergétique. L’énergie de la fusion nucléaire, encore au stade de pilotes expérimentaux, n’est pas à portée de main avant quelques dizaines d’années. Sans vouloir émettre un avis catastrophique, il paraît raisonnable de penser que la croissance mondiale à 2% ou plus, ne pourra pas être maintenue bien longtemps.

Mais la France ne brille pas par ses résultats économiques et le solde du commerce extérieur est toujours négatif. Quand la France affiche un déficit de 79,1 Mds€, l’Allemagne a un excédent de 248,9 Mds€, ce qui conduit à un écart de 328 milliards entre les deux pays ! Il faut d’ailleurs rappeler qu’il fait partie du calcul du PIB, contrairement à ce que pense certains. Effectivement cet argent ne revient pas directement dans notre poche mais il fait partie de la richesse acquise ou soustraite au pays. On note que la France fait partie des mauvais élèves, même si le Royaume-Uni fait nettement moins bien mais a réalisé un important rattrapage par rapport à 2016. Nous sommes loin de la performance de la zone euro et même de notre petite voisine la Belgique. Le cas de l’Irlande est, comme toujours, une exception garantie par l’UE, lui permettant des faibles taxes sur les sociétés. 

De même que l’on parle de PIB/habitant pour comparer les pays, on peut regarder le solde du commerce extérieur, ou balance commerciale, par habitant pour comparer un certain nombre de pays voisins ou significatifs dans l’Europe. Le graphique ci-contre représente le solde en euros/habitant et le solde/PIB en %. On voit que la France n’est pas en bonne position mais on en tire un autre enseignement. Il y a un lien strict entre ces deux indicateurs, et on peut dire que, sur le territoire de l’Espace économique européen au moins, 1% de variation du solde du commerce extérieur entraîne une perte de richesse par habitant de près de 420 euros. Ceci permet de mieux concrétiser l’impact du solde sur la richesse du pays et, en ce qui concerne la France, de visualiser le lourd handicap qui nous fait régresser par rapport à nos voisins avec une perte de richesse de 1181 euros/habitant dont 985 euros se sont retrouvés dans le déficit/habitant 2017.

La France n’a vraiment pas de quoi pavoiser comme nous le montre les Ministres des Finances et du Budget. Nous continuons à nous endetter et à importer plus que nous ne produisons avec un solde du commerce extérieur qui s’est aggravé de 15,4 Mds par rapport à 2016. Mas la France déplumée peut encore se servir des casoars de ses Saint-cyriens et ne rate pas une occasion de montrer ses muscles. Cette fois c’est le joujou missile des marins et des aviateurs que Macron balance sur une puissance étrangère qui ne lui a rien fait, enfin si, qui est présumée avoir enfreint le droit international avec des gaz de combat. C’est pourquoi nous enfreignons aussi le droit international sans autorisation de l’ONU. Na ! Cette plaisanterie à haut risque coûte déjà environ 16 millions pour 12 missiles dont 9 Scalp, d’une portée de 250 km, et 3 missiles de croisière navals MdCN, d’une portée de 1.000 km. C’est 16 millions d’euros sans compter toutes les dépenses de préparation, de positionnement, de ravitaillement et autres. Alors Macron est bien fondé de dire à tous les quémandeurs d’argent qu’il n’y a plus rien dans la caisse. En plus c’est vrai, il est même obligé de vendre les fleurons de notre industrie dans laquelle l’État a des sous.


Le nouveau dictateur Macron se pare du titre de chef de guerre, 

Renvoie les parlementaires dans le seul droit à l’information,

Fait régner la voie punitive par les sanctions et la guerre 

Bien calé derrière les États-Unis et les banquiers

Qui le poussent en avant et le pays en arrière !


Claude Trouvé 
16/04/18