vendredi 17 novembre 2017

Parmi les vrais dangers : le black-out



Si l’écologie nous permet de mieux appréhender le respect de notre environnement pour le plus grand bien de notre santé et de notre confort de vie, l’écologisme s’approprie la peur pour se faire entendre. Il enfume nos esprits, amplifie les dangers jusqu’au catastrophisme, détourne notre attention de risques plus immédiats et plus réels, et mobilise inutilement notre énergie et notre argent. Plusieurs dangers menacent la France à court terme car elle perd pied par rapport à la moyenne de ses partenaires de l’UE, mis à part l’Italie et la Grèce, dans presque tous les domaines, l’endettement, le déficit budgétaire, la désindustrialisation, le taux d’emploi, le solde du commerce extérieur, l’Education, etc. Mais elle a pris également une politique d’accueil de l’immigration qui a abandonné l’objectif de l’assimilation pour celui de la cohabitation entre des communautés diverses qui grossissent de jour en jour par les arrivées et la fécondité des femmes. La baisse de la fécondité de la population d’accueil, assimilés compris, va créer rapidement une diminution de son poids dans la vie politique et socio-économique de notre pays. Le vœu de cohabitation pacifique n’est pas garanti. A titre d’exemple le nombre de pompiers victimes d'agression pendant une intervention ne cesse d'augmenter : +18% en 2016.
 
L’impréparation de notre pays à un éclatement de l’UE et à une remise en cause de l’euro, alors que l’UE craque de partout, ne peut que nous mettre dans une situation dangereuse de mutualisation des dettes souveraines. L’Europe de l’Est manifeste ses particularités et son refus d’obtempérer aux directives sans broncher. Une Europe de la défense se constitue sans l’ensemble des pays de l’UE. L’UE soutient une politique énergétique que ne suivent pas les pays de l’Est. La sortie des Etats-Unis des accords climatiques va obliger l’Allemagne et la France à être les principaux contributeurs du trou financier que ce départ implique. Les politiques et les médias nous assomment de nouvelles alarmantes et parfois délirantes. Ainsi une page du site d’En-Marche proclame : « 1 km2 de forêt disparaît à chaque seconde dans le monde ». Si je compte bien, 1 km2 par seconde égale 31,5 millions de km2 par an. La FAO évaluant à 41 millions de km2 la surface forestière du globe, cela voudrait dire que celle-ci disparaîtrait en moins de deux années. Voilà un gros mensonge médiatique publié par les politiques au pouvoir. La désinformation permet d’abrutir le peuple moutonnier auquel on met de plus en plus de chaînes. Ami, entends-tu le bruit sourd du pays qu’on enchaîne ? Hier il entendait, maintenant il attend de vérifier que demain sera pire qu’hier. 

Si Hulot a reculé sur ses ambitions d’arrêt des 5 centrales nucléaires et des 5 centrales à charbon avant 2022, c’est que l’hiver 2017-2018 pourrait générer un black-out. Un black-out est un effondrement de la totalité du réseau électrique qui peut être la conséquence d’une pénurie s’étant aggravée ou d'un problème technique imprévu. Compte-tenu de l’interconnexion entre les pays européens et même jusqu’au Maroc, le black-out peut même s’étendre sur tout le réseau européen. Le gestionnaire du réseau européen (Entsoe) considère désormais la France parmi les pays les plus exposés à une rupture d’approvisionnement, en cas de combinaison de vague de froid et d’absence de vent. Alors que la France a régulièrement été, il y a peu de temps encore, 1er exportateur mondial d’électricité, on peut constater que la politique énergétique est mauvaise. Hulot a reculé car en effet dans ses fonctions, il est dit : « Au titre de l'énergie et du climat, il élabore et met en œuvre la politique de l'énergie, afin notamment d'assurer la sécurité d'approvisionnement, la lutte contre le réchauffement climatique et l'accès à l'énergie, et de promouvoir la transition énergétique. »

Ce black-out peut se produire malgré les mécanismes d’effacement, qui s’apparentent d’ailleurs à la suppression d’autant de fusibles, et le recours possible à des délestages partiels par zones. Ce mécanisme ne résout pas pour autant le problème de consommation globale à l’échelle d’une journée. Il rend crédible la possibilité d’un blackout total sur le pays, comme celui que la France a frôlé le 25 janvier dernier à 19 heures, malgré des températures tout à fait normales pour la saison. Mais le 4 novembre 2006, vers 22 h 10, une panne de grande importance a touché le réseau de l'UCTE, privant d'électricité environ 15 millions de clients européens à cause de la mise hors service programmée puis différée de deux lignes 400 kV, pour laisser le passage à un navire sur le fleuve Ems, en Allemagne ! Lorsque l’on pilote le réseau européen à flux tendu, tout peut arriver. Le 31 juillet 2012, l'Inde a connu la plus grande panne d'électricité enregistrée dans l'histoire. Celle-ci a touché 670 millions d'usagers, après une première série de décrochages le 29 juillet. De tels événements se sont notamment répétés en Australie en raison de la forte proportion de productions intermittentes. 

Le compte rendu de la panne de courant de grande importance du 4 novembre 2006 qui a affecté l'Europe montre que non seulement le pire ne saurait être exclu, mais il identifie, à plusieurs reprises, les difficultés supplémentaires et incontrôlables qu'entraîne la production décentralisée éolienne en pareil cas. Une panne générale peut s’avérer difficile à rétablir dans un délai de quelques heures. Le coût est énorme. Rien que sur le PIB français, c’est 6,5 milliards par jour sans compter tous les dégâts causés qui ont été chiffrés à 7,6 milliards/jour. Il faut aussi prendre en compte les émeutes et pillages qui accompagnent presque chaque fois de tels événements, et du nombre de décès, dans de telles situations, coincés dans les ascenseurs, dans d’inimaginables embouteillages, mouvements de foule incontrôlés ou absence de toute possibilité de communication.

Ce risque devient donc inacceptable. Or, notre système électrique, capacités d’importations comprises, est actuellement incapable de passer un pic de consommation tel que celui de février 2012 (102 GW), pourtant loin d’être exceptionnel. Il ne s’agit pas ici de faire du catastrophisme sur des potentialités pseudo-scientifique mais de réalités déjà vécues. La possibilité d’attentats sur nos centrales nucléaires, visant les transformateurs et les postes d’interconnexion, ne seraient pas générateurs d’un accident nucléaire, mais priveraient brusquement le réseau d’une puissance de milliers de MW. Il faut bien comprendre que la prétendue « complémentarité » nucléaire renouvelable a pour principale conséquence de fragiliser nos réacteurs, sans permettre la fermeture du moindre d’entre eux, comme le montre l’évolution du parc allemand ou français. Car rien ne garantit qu’à un moment de demande exceptionnelle pour des raisons techniques, climatiques ou autres, l’apport des énergies renouvelables EnRia ne soit pas voisin de zéro.
 
Si Nicolas Hulot a reculé à la COP23 c’est que les EnRia ont été montrées du doigt. La réduction du nucléaire allemand vient en effet d’être stigmatisée dans un rapport qui la classe parmi les pires élèves de la lutte pour le climat, tandis qu’une autre met en évidence le rôle majeur du nucléaire et de l’hydraulique dans les bilans de réduction d’émissions, parallèlement à l’inefficacité du solaire et de l’éolien. Et la France, qui s’est vu décerner le meilleur indice de performance climatique au monde, n’a guère de leçon à recevoir sur la façon d’y parvenir mais comme dans beaucoup de domaines, elle est en train de gâcher l’un de ses fleurons.
 
L’écologie de base est le devoir de chacun.

Mais elle ne peut céder à l’écologisme 

Qui devient une idéologie, comme

Celle de l’accueil sans limite 

Dans un pays qui sombre

Lui-même dans la… 

Pauvreté !
 
Claude Trouvé 
17/11/17