mardi 7 novembre 2017

Au nom du grand n’importe quoi !



Le projet de budget 2018 est presque bouclé avec le respect des 3%/PIB pour le déficit public et une cure d’austérité dans les dépenses du gouvernement, austérité toute relative puisque les dépenses augmentent de 1%. L’austérité n’est supportée que par les collectivités territoriales qui voient leur part passer de 44,5 Mds du budget révisé 2017 à 40,3 Mds€, soit une baisse de 10%, une paille ! Ceci n’est d’ailleurs pas compté dans les dépenses mais comme un prélèvement sur les recettes ! La même chose sur les dépenses de l’Etat aurait donné une économie de 38,6 Mds de quoi nous faire passer largement sous les 2%/PIB. C’était évidemment trop demander à un gouvernement dont la tâche est de donner le maximum d’argent du côté des entreprises, et même à fonds perdus pour les plus grosses et pour la plupart de celles très tournées vers l’exportation, pour lesquelles l’optimisation fiscale signifie délocalisation, cabinet d’experts en optimisation et paradis fiscaux.

Mais revenons à nos collectivités qui auront tôt fait de nous demander de mettre la main à la poche. Il faut savoir que les prélèvements sur recettes de ce budget ont baissé par rapport au budget révisé de 2017 seulement de 1,9 Mds malgré les 4,2 Mds pris aux collectivités territoriales. Pourquoi ? Parce que le prélèvement au profit de l’Union Européenne a augmenté de 2,3Mds, soit 12,8% de plus, pour atteindre 20,2 Mds ! Près de la moitié de l’austérité demandée aux collectivités vient de l’augmentation de la somme versée à l’UE ! Le gouvernement Macron s’est bien gardé d’en parler. Mais ce n’est pas tout. On nous a vanté l’arrivée en 2018 dans l’engagement de la France à respecter les 3%/PIB de déficit. Le France n’avait pas cessé de demander le report à plus tard depuis 2012. Dans l’esprit des français cela voulait dire que la France n’aggravait plus autant son déficit et que bientôt, comme l’Allemagne, nous serions en excédent dans le solde budgétaire. ENTOURLOUPE ! Le déficit du budget 2018 augmente de 7,2 milliards par rapport au budget révisé 2017, soit de 9,4%, de 13,8 milliards par rapport au solde de 2016, soit 20% de plus ! L’Etat ne réduit pas ses dépenses mais continue à les augmenter et le déficit budgétaire représentera en 2018 27,4% des 302 Mds de recettes fiscales et non fiscales. Tous ces chiffres sont vérifiables sur le PLF 2018 publié par le Ministère des Finances. 

Notons l’incapacité des partis d’opposition à mettre le gouvernement en accusation devant cette énorme entourloupe de l’opinion. Tout un chacun vit dans le rêve d’un assainissement des Finances de notre pays, d’un retour à l’équilibre budgétaire. On a appris à l’école primaire que dans une fraction, si l’on augmente le numérateur et le dénominateur du même pourcentage, sa valeur reste identique. Si l’on augmente son dénominateur d’un pourcentage plus élevé que le numérateur, sa valeur diminue ou inversement. Cette recette est connue de l’État. Dans le calcul, façon UE, c'est ce qui est retenu comme prévision de PIB et ce qui est retenu dans les dépenses qui détermine le pourcentage de déficit retenu. Par exemple les dépenses des actions militaires faites pour l'UE ne sont pas retenues dans le calcul. 

Évidemment au bout du compte les foyers français vont payer la note de cette entourloupe. D’abord parce que les 10 milliards enlevés aux collectivités territoriales vont devoir être en grande partie compensés et qu’en plus la disparition de la taxe d’habitation prive d’une ressource ces collectivités. Elles ont la double peine… heureusement le contribuable est là. La disparition de la taxe d’habitation n’est en fait que de la communication. Il faudra payer plus partout ou voir diminuer les services délivrés par ces collectivités. Enfin si le déficit augmente cela entraîne l’augmentation de la dette et celle du remboursement des intérêts d’emprunt. Les taux souverains sont aujourd’hui à 0,587% à 10 ans mais plus notre dette est lourde plus le risque est grand si ces taux remontent. La BCE commence à limiter le montant des liquidités Monopoly mises dans le circuit des capitaux, elle pourrait finir par augmenter les taux souverains.

Mais dans le n’importe quoi, il faut dire un mot de la transition énergétique. La tenue à Bonn de la COP23 nous a valu une campagne médiatique sur le réchauffement « prouvé » du climat et sur la nécessité des énergies renouvelables intermittentes et aléatoires, les EnRia. Ceci veut dire que par un jour sans vent en hiver et à 20h du soir, ces énergies ne produisent rien. Or c’est le moment où le citoyen pousse le chauffage et allume la télévision. La consommation fait un bond et ne pourra plus compter que sur 50% du nucléaire et sur l’hydraulique puisque les énergies thermiques seront aussi arrêtées (soi-disant). Il sera impossible de faire appel aux voisins comme l’Allemagne qui a fermé ses centrales nucléaires et dont les EnRia ne produisent aussi plus rien. Cette situation mène tout droit au black-out et tout s’éteindra dans une partie de l’Europe. Mais cette politique coûte cher, c’est de l’ordre de 500 milliards que l’Allemagne a déjà dépensé pour arriver à 27% d’électricité produite par les EnRia. 

C’est pourquoi notre Hulot, adoré de l’opinion, vient de faire une déclaration de rétropédalage en repoussant l’objectif du 50% nucléaire. C’est que ce Ministre vient d’être mis devant le fait accompli de dépenses inutiles si on conserve le nucléaire, puisque nous sommes exportateurs de 10% de la production dont toute celle prioritaire à la vente des EnRia. Sous le couvert de l’austérité nécessaire, la réalité prend le gouvernement à la gorge. Certes le développement de la voiture électrique va faire augmenter la consommation, mais les mesures destinées à rendre les futures habitations moins sensibles aux variations de température viendront la diminuer. Mais le plus grave c’est que les EnRia devaient générer des centaines de milliers d’emplois. En réalité nos quelques rares champions industriels du solaire photovoltaïque ont dû déposer le bilan. EDF Energie a même été prié de racheter Photowatt et Evasol, par exemple, afin de masquer ce gâchis. Les leaders européens vont céder la place aux chinois développant un plan d’EnRia pour inonder l’Afrique, et détenteurs à 80% des réserves de Terres Rares indispensables à la fabrication des EnRia. Mais en plus les chinois ont le plus ambitieux plan mondial de développement du nucléaire avec 23 réacteurs dont 2 en service en 2018.

Macron a fait plaisir aux écologistes en nommant Hulot mais celui-ci est prié d’avaler des couleuvres et l’Assemblée votera ce qu’on lui dit de voter grâce à la « clique-claque » LREM. Comme toujours notre pays navigue à vue. Il prend des solutions d’urgence lorsque l’État doit rembourser aux grandes entreprises 10 milliards d'euros en raison d'une taxe de 2012 sur les dividendes que la justice européenne a invalidée, preuve de l'« amateurisme juridique » du quinquennat précédent. Macron, qui y était pourtant comme conseiller économique à l’Elysée, n’a rien vu venir pour éviter une bévue à son patron !? La solution est du type marchand de tapis. « Je t’ai trop donné, alors je t’en reprends la moitié ». On peut noter la façon cavalière de régler une bourde gouvernementale, tout en sachant que la moitié restante sera pour le porte-monnaie du citoyen d’une façon ou d’une autre. On peut se douter de la réaction des 120 entreprises touchées, en particulier celles qui ne distribuent pas de dividendes comme les Mutuelles.

Au palmarès de la courte vue et du n’importe quoi 

Notre pays est en train de décrocher le pompon.

Tout cela dans un enfumage permanent 

D’un peuple qui ne croit plus à rien

Et attend encore pour revoir… 

Son pays décliner !
 
Claude Trouvé
07/11/17