vendredi 18 avril 2014

Trente ans de déclin alors que les solutions existent



Qui peut affirmer que la France est un pays ayant un lourd handicap géographique, climatique, d’enclavement, de manque d’eau avec le grand château d’eau du Massif central, de voies fluviales, de débouchés sur les mers, de domaine outre-mer, d’infrastructures routières, de culture et de langue peu connues, de rayonnement historique, etc. ? Alors pourquoi la France décline et perd chaque année du terrain par rapport à sa voisine allemande moins bien lotie sur de nombreux plans ? Il n’y a malheureusement qu’une seule réponse possible… parce qu’elle est mal gérée ! 

Se vanter d’un des meilleurs systèmes sociaux du monde n’est pas une gloire quand on finance celui-ci à crédit avec une dette qui augmente. Se vanter encore d’avoir une école renommée d’administration avec l’ENA ne nous a pas donné des dirigeants affichant leur réussite aux yeux du monde. Se vanter d’avoir institué les 35 heures n’a pas mené le pays vers la croissance mais vers le chômage. Se vanter de notre système scolaire avec l’ouverture des esprits à la connaissance tous azimuts, de sa perpétuelle évolution au progrès de l’enseignement ne suffisent pas pour nous éviter de dégringoler dans les différents classements mondiaux de cette discipline. Se vanter d’une volonté écologique n’explique pas pourquoi nous réussissons à vendre des centrales nucléaires. Se vanter de disposer de la dissuasion nucléaire n’explique pas pourquoi nous devons entrer dans l’OTAN, etc.

Gauche-Droite à des degrés divers ont failli depuis trente ans par rapport à l’évolution mondiale et ce n’est pas nous qui disons que la France est le pays malade de l’Europe mais ceux qui nous regardent. La France est mise sous surveillance et Bruxelles est priée de croire à l’efficacité de notre plan de responsabilité, étant entendu que le premier responsable c’est l’Etat. Ceci contrairement à ce rejet implicite de la responsabilité sur les entreprises que le dit Etat cherche à faire croire. La France est orpheline de têtes pensantes, visionnaires, suffisamment détachées du verdict des urnes pour se faire entendre de nos partenaires européens et américains et entreprendre de vraies réformes structurelles. 

J’enrage quand je vois que l’on ne veut même pas regarder les pays qui réussissent en dehors de l’Allemagne et qu’on ne voit son salut que dans l’austérité à l’allemande et la vassalisation aux Etats-Unis. J’ai plusieurs fois fait allusion aux pays scandinaves et en particulier à la Suède. Quand j’entends le dit plus intelligent des UMP, Alain Jupé, vouer au catastrophisme la sortie de l’euro, sans démonstration et droit dans ses bottes, j’hésite entre du machiavélisme ou un intérêt personnel pour tenir ces propos. Avec le dernier plan Hollande, claironné par Valls, ont fait simplement mine de vouloir remettre les choses dans le droit chemin, ce qui provoquera de façon certaine du chômage, des faillites, de la misère. 

Le socialisme a une tare génétique qui brouille notre économie, c’est la passion de l’interventionnisme à tout propos. Il faut se souvenir néanmoins que Lionel Jospin n’est pas intervenu pour sauver le millier d’emplois chez Michelin. Heureusement, Michelin a fait ce que tout bon entrepreneur doit faire, il a débauché et a réembauché le moment venu. Michelin est toujours l’un des rares fleurons de l’industrie française. L’État confond les interventions autoritaires et incessantes sur le management privé et les grands plans de développement de secteurs de pointe comme cela a été fait pour le nucléaire, l’aéronautique et le spatial. Le jour où il comprendra qu’imposer à une entreprise de garder des emplois fragilise celle-ci, fabrique finalement plus de chômeurs alors que son rôle est d’amortir l’effet des licenciements et de mettre en œuvre les moyens pour les réorienter vers des secteurs d’emploi, géographiquement et qualitativement, il aura fait un grand pas vers la compréhension de l’économie. 

Alors qu’a fait la Suède ? Rappelez-vous des années 90 : la Suède connaissait une crise bancaire et financière sans précédent et a dû, à la suite, remettre profondément en question son modèle de société (comme par hasard, socialiste et centralisé) :
  • réduction drastique des dépenses de l’État
  • obligation d’équilibre des budgets de l’État et des collectivités
  • inflation maîtrisée
  • refonte des retraites
  • baisse des impôts sur le revenu
  • dérèglementation et libéralisation de dizaine de secteurs marchands
  • dévaluation
Le refus de sortie de l’euro, de la remise en cause des acquis sociaux comme les régimes spéciaux, de la non maîtrise d’une immigration qui ne vient pas chercher du travail, qui n’existe plus, mais des prestations sociales et se soigner gratis, s’ajoute à l’interventionnisme d’un Etat obèse qui, plus il grossit, plus il enfonce le pays. 

Il est temps de trouver celui qui libèrera les énergies du pays

La France est encore cultivable avant de devenir inculte. 

Seuls le courage, la volonté et la vision manquent !

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon