mercredi 16 avril 2014

50 ans d’histoire entre De Gaulle et Hollande !



50 ans après De Gaulle, Hollande revient d’un voyage au Mexique pendant que Valls relisait sa copie pour lire les instructions dans sa conférence devant les médias. Nul doute que le nouveau Premier Ministre a tristement bien récité sa leçon d’un ton monocorde qui ne révèle pas un grand enthousiasme. La copie est conforme au plan présidentiel et tient compte du refus de Bruxelles de donner un délai supplémentaire. Est-ce un bien ? Oui si faire des économies a un sens pour la ménagère. Couper dans les dépenses de voiture, aller à pied ou en bicyclette, ne pas céder à la consommation fébrile des dernières nouveautés électroniques, aller au cinéma le lundi, diminuer le budget vacances, etc. sont des mesures simples et de bon sens mais manger moins, se chauffer moins ne sont pas les bonnes mesures si l’on n’a pas déjà fait les premières citées. 

C’est pourtant ce que le gouvernement nous propose. Il distribue du social, augmente le nombre de fonctionnaires, renâcle à des réformes structurelles mais fige, donc diminue, les retraites sans remettre en cause les régimes spéciaux, etc. donc il dépense avant de ponctionner. Il n’augmente pas les impôts mais diminue les subventions aux collectivités territoriales qui vont se faire un plaisir de récupérer le manque à gagner sur les taxes locales. Le social représentant pas loin des 2/3 des dépenses des conseils généraux, les gains ne pourront pas se faire sur ce chapitre et la réduction du nombre de leurs fonctionnaires ne peut se faire sur ceux qui sont fonctionnaires d’état. 

Par ailleurs le refus de réformer le SMIC, qui est trop élevé pour l’embauche des jeunes, ne facilitera pas leur embauche et ¼ d’entre eux restera au chômage car il ne faut pas attendre beaucoup de baisse du chômage par le Pacte de Responsabilité. S’il évite que nos industries ferment et délocalisent ce sera déjà bien. Les transferts des sièges sociaux continuent avec Lafarge qui profite de sa fusion avec le groupe helvète Holcim pour l’implanter à Zurich. De même le nouvel ensemble qui doit naître de la fusion de l’américain Omnicom et du français Publicis, dont Elisabeth Badinter est la première actionnaire, va s’installer à Amsterdam, paradis fiscal européen bien connu. C’est autant de recettes fiscales qui s’envolent. Le tapis rouge que Michel Sapin voulait dérouler pour accueillir les entreprises étrangères a du plomb dans l’aile, la France reste dissuasive ! 

Le plan d’austérité touche désormais les parties sensibles des dépenses où la charge des salaires des fonctionnaires représente la plus grande part. Seul le non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite peut générer des économies substantielles et la France a un corps de fonctionnaires pléthorique par rapport à l’Allemagne. Geler les salaires ne peut qu’engendrer des mécontentements, des ras-le-bol, des absentéismes déjà plus élevés que dans le privé et une baisse de rendement. Augmenter le nombre de fonctionnaires de l’Education nationale est un contresens alors que le métier n’attire plus les jeunes, que le recrutement n’est maintenu que par une baisse du niveau d’entrée et que le salaire n’est plus en rapport avec le diplôme et la difficulté grandissante de la tâche. 

La dureté de ce plan d’austérité, mot volontairement omis dans les discours, n’est due qu’à l’injection de dizaines de milliards dans des entreprises dont les grands bénéficiaires seront les plus grandes, exportant à l’international et souvent partiellement ou totalement délocalisées. Ce ne sont donc pas celles qui souffrent le plus. Par contre ce sont les fonctionnaires et les retraités par le gel des salaires et des pensions qui trinquent. D’une façon plus générale ce sont encore les classes moyennes qui vont souffrir par le relèvement des taxes locales, des tarifs d’électricité et de gaz et particulièrement les familles avec le quotient familial supprimé ou abaissé. L’État doit revoir en urgence sa copie pour 2014 et la plupart des actions n’auront pas un effet immédiat, il lui faudra donc faire preuve de l’imagination coutumière pour trouver les ressources nécessaires dans une multitude d’augmentations, type cigarette, boissons énergisantes, parcs de loisir, etc. 

Le rejet d’une discussion sur l’intérêt de la France dans le maintien dans la zone euro ferme la porte à toute évolution rapide. On est loin des décisions sur le franc Pinay, loin de l’image d’une France respectée comme l’image qu’en a donnée De Gaulle dans ses voyages en Amérique du sud et au Mexique du 16 au 19 mars 1964 où il a redonné à ces peuples le goût de la liberté. C’est devant 300.000 personnes délirantes que De Gaulle lâcha son fameux « Marchamos la mano en la mano » (marchons la main dans la main) et qu’il a fait savoir aux USA qu’il ne les laisserait pas seuls agir sur ces pays. Depuis ils ont repris la main ! De Gaulle n’a pas laissé de bons souvenirs chez la plupart des pieds noirs mais l’Algérie était un cancer que personne ne savait guérir. Les évènements actuels ont montré que nous n’aurions pas pu y rester mais ceci ne le dédouane pas d’actes répréhensibles. Pour le reste sa vision économique et géopolitique reste encore la seule qui peut sauver la France du déclin et d’une lente disparition de son identité. La visite de Hollande au Mexique n’avait que l’allure d’un boutiquier… 

Nos politiques manquent du courage nécessaire 

A la sortie d’une situation dangereuse, 

Celui des grandes réformes. 

Chassons-les ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon