dimanche 27 avril 2014

L’Allemagne est-elle toujours le modèle à suivre ?



L’automobiliste français est la vache à lait de l’Etat. La taxe sur les carburants est une variable d’ajustement des recettes françaises et les radars nous mettent non seulement sous un stress permanent pour n’avoir pas ajusté notre vitesse aux injonctions des panneaux routiers mais de plus on nous applique la double peine en cas d’infraction, amende et retrait de points. On envisage même de nous contraindre à une impatience supplémentaire en abaissant la vitesse limite à 80km/h sur le réseau routier secondaire et 120 sur les autoroutes. 

L’argument est que la répression paye puisque le nombre de morts diminue. Il faut donc continuer à diminuer la vitesse des véhicules. Il semble que la limite basse doive toujours être repoussée puisqu’il est prouvé qu’à la vitesse zéro, le nombre d’accidents est nul. Le ralentissement des déplacements routiers doit non seulement paralyser un peu plus l’économie française car les longs déplacements seront plus lents mais il implique que les progrès réalisés par le perfectionnement de la sécurité sur les véhicules et l’amélioration du réseau routier ne sont pas les facteurs principaux de la diminution du nombre et de la gravité des accidents. 

Les conducteurs qui ont changé récemment un véhicule âgé de dix ans ne peuvent que constater les progrès énormes faits par les constructeurs non seulement sur le confort, les performances, la consommation mais surtout sur la sécurité. Il apparaît clairement que le réseau secondaire peut aussi être amélioré en élargissant les routes étroites, en améliorant la qualité du revêtement de la chaussée, en mettant des ronds-points aux endroits dangereux ou utiles (mais pas à tout propos et dans des endroits trop exigus), en remplaçant les glissières de sécurité par des murets incurvés, etc. 

Ce qui doit frapper les esprits et remplir les caisses de l’Etat c’est la stigmatisation de la vitesse, cause principale, jusqu’à dégoûter l’automobiliste de ce moyen de locomotion car la punition est au coin de la rue, avec l’humiliation en plus de devoir compter ses points restants avant de prendre la route. Au moment où l’on cherche à soutenir l’industrie de l’automobile, on peut tout de même penser qu’il est peut-être sage de regarder ce qui se passe ailleurs avant d’aller trop loin. 

Je ne vais pas aller plus loin que l’Allemagne pour faire une comparaison sur la sécurité routière. Ce pays a moins de morts et blessés avec une population de 20% supérieure… Doit-on encore se traumatiser en pensant que les français sont plus indisciplinés et qu’on doit donc leur restreindre leurs libertés au maximum ? Le constat peut toutefois être très différent. Sur le réseau secondaire dont la qualité globale est inférieure à la nôtre, la vitesse est limitée à 100km/h quand nous parlons de la restreindre à 80 km/h. La vitesse est libre sur le réseau autoroutier d’une qualité sensiblement égale à la nôtre. J’imagine le plaisir de pouvoir appuyer sur le champignon avec une voiture de sport programmée pour les 250km/h et qui se traîne en France sur une longue ligne droite à 130km/h derrière une vieille Clio qui ne fait rien pour la laisser passer !

Pas étonnant que les allemands vendent des voitures haut de gamme chez eux d’abord et dans tous les pays du monde. Mais il y a plus intelligent encore en Allemagne car, si la limitation de vitesse n’existe pas sur autoroute, tout tracé qui demande de lever le pied est signalé par panneau. En conséquence le conducteur qui laisse pousser tous ses chevaux doit toujours rester en alerte car les limitations alertent sur des dangers réels qui doivent l’inciter à rouler en conducteur responsable. 

La France de la Liberté des peuples pressurise le conducteur, le spolie de son argent et serre de plus en plus un carcan restreignant sa liberté individuelle. Alors oui l’Allemagne fait preuve sur ce point de plus de discernement mais ce n’est pas toujours le cas pour l’énergie électrique comme on le verra dans le prochain article. 

La privation de liberté n’est-elle pas ce qui justifie la pénibilité de l’incarcération ? 

On dit que même dans ce cas ce n'est pas la bonne solution.

Alors qu'en penser pour l'automobiliste ?

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon