mercredi 23 avril 2014

Quand lobbies et politiques n’utilisent la science qu’à leur profit (1ère partie)


Nous avançons vers une féodalité moderne dans laquelle les fiefs sont constitués par des grandes banques et des entreprises multinationales. La science n’échappe pas à un pillage et une distorsion politique. Galilée a dû se rétracter car la politique religieuse lui a imposé une autre vérité qui est devenue la sienne. C’est ce que l’on peut observer au niveau du GIEC, le groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat qui travaille pour l’ONU.

Les rapports de cet organisme sont proposés sur forme de synthèse politique aux gouvernements. Entre les divergences scientifiques entre les experts hors GIEC et au sein même de ce groupe, le rapport final et la synthèse politique bien des distorsions s’introduisent et très peu de commentateurs se penchent sur le rapport de base. Il s’ensuit des affirmations politiques et économiques qui font allègrement table rase des doutes des scientifiques. Le scientifique est vite marginalisé et sa parole « adaptée »aux besoins des politiques et des puissances de l’argent. » 

Lettre au Président dela République par Robert Badinter, Jean-Pierre Chevènement, Alain Juppé et Michel Rocard

14 octobre 2013.

« Nous assistons à une évolution inquiétante des relations entre la société française et les sciences et techniques. Des minorités constituées autour d’un rejet de celles-ci tentent d’imposer peu à peu leur loi et d’interdire progressivement tout débat sérieux et toute expression publique des scientifiques qui ne partagent pas leurs opinions. 

L’impossibilité de tenir un débat public libre sur le site de stockage des déchets de la Cigéo (site souterrain de stockage des déchets hautement radioactifs proposé par l’Andra) est l’exemple le plus récent de cette atmosphère et de ces pratiques d’intimidation, qui spéculent sur la faiblesse des pouvoirs publics et des élus. 

De plus en plus de scientifiques sont pris à partie personnellement s’ils osent aborder publiquement et de façon non idéologique, des questions portant sur les OGM, les ondes électromagnétiques, les nanotechnologies, le nucléaire, le gaz de schiste. Il devient difficile de recruter des étudiants dans les disciplines concernées (physique, biologie, chimie, géologie). Les organismes de recherches ont ainsi été conduits à donner une forte priorité aux études portant sur les risques, même ténus, de telle ou telle technique, mettant ainsi à mal leur potentiel de compréhension et d’innovation. Or, c’est bien la science et la technologie qui, à travers la mise au point de nouveaux procédés et dispositifs, sont de nature à améliorer les conditions de vie des hommes et de protéger l’environnement. 

La France est dans une situation difficile du fait de sa perte de compétitivité au niveau européen comme mondial. 

Comment imaginer que nous puissions remonter la pente sans innover ? Comment innover si la liberté de créer est constamment remise en cause et si la méfiance, envers les chercheurs et les inventeurs, est généralisée, alors que l’on pourrait, au contraire, s’attendre à voir encourager nos champions ? Il ne s’agit pas de donner le pouvoir aux scientifiques mais de donner aux pouvoirs publics et à nos concitoyens les éléments nécessaires à la prise de décision. 

Nous appelons donc solennellement les médias et les femmes et hommes politiques à exiger que les débats publics vraiment ouverts et contradictoires puissent avoir lieu sans être entravés par des minorités bruyantes et, parfois provocantes, voire violentes. Il est indispensable que les scientifiques et ingénieurs puissent s’exprimer et être écoutés dans leur rôle d’expertise. L’existence même de la démocratie est menacée si elle n’est plus capable d’entendre des expertises, même contraires à la pensée dominante. » 

Robert Badinter Ancien garde des Sceaux, ancien président du Conseil constitutionnel
Jean-Pierre Chevènement Ancien ministre de la Recherche et de la Technologie, ancien ministre de la Recherche et de l’Industrie, ancien ministre de l’Education nationale

Alain Juppé Ancien Premier ministre.

Michel Rocard Ancien Premier ministre.




Le monde médiatique porte aux nues, chanteurs, acteurs, sportifs et politiques, mais le monde scientifique en général ne fait l’objet au mieux que de commentaires rapidement évacués pour des rubriques de faits divers nationaux ou internationaux. Le scientifique est un naïf en matière de politique et de management économique. Son plaisir de chercheur est justement de découvrir, de comprendre le pourquoi des choses, il se désintéresse très vite de la suite qui en est donnée pour chercher encore… D’autres se chargent des suites à leur profit en s’appuyant sur leur notoriété et en tordant les vérités scientifiques à leur profit ou en proclamant vérité indiscutable les écrits de ceux-ci non assortis des doutes scientifiques qui lui sont accolés. Le nucléaire et le changement climatique n’en sont que deux exemples actuels sur lesquels nous reviendrons dans un prochain article. 

La science mal utilisée extirpe l’humanité. 

« Science sans conscience est promesse de ruine. » 
Jean Rostand

« La science conduit au savoir ; l'opinion conduit à l'ignorance. » 
Citation de Hippocrate ; Œuvre : La loi, IV - IVe s. av. J.-C.
 
Claude Trouvé

Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon