dimanche 28 octobre 2012

Quand cessera-t-on d’anesthésier le peuple… au décès de la Nation ou sur les barricades ?


Les débats politiciens n’ont plus que l’intérêt qu’y portent les médias qui en vivent. Il en est ainsi de ceux du Centre qui se régénère pour plus tard s’éclater en centres gauche, centre et droite, quelques mois ou années plus tard comme d’habitude. Il en est ainsi de ceux d’un UMP, rassemblement hétérogène éloigné du gaullisme fondateur et qui va élire un président dans un choix binaire entre Dupont et Dupond. Il en est ainsi de ceux d’une gauche qui trahit son électorat écologiste et Front de Gauche.
L’Europe est bien loin du débat politicien puisqu’une seule direction régit le monde politique : toujours plus d’Europe et de perte de souveraineté. Il me semble que ce débat est dépouillé de sa valeur politique et n'a plus que celle d'un combat d'arrière-garde ou d'une simple mascarade. La Nation n'existe pratiquement plus et il ne nous reste même plus le pouvoir de décider de la guerre depuis notre entrée dans l'OTAN. Nos gouvernants sont suspendus aux lèvres d’Angela Merkel, de Manuel Baroso et de Mario Draghi. La démocratie s’accroche à la lueur de parlementaires européens, que personne ne connait et qui n’ont qu’un petit pouvoir de retouche. Le Parlement français se dirige lui vers le rôle d’une simple chambre d’enregistrement.

La Commission européenne est devenue de fait le véritable exécutif de notre pays en y ajoutant dans ses statuts l'exclusivité des propositions. La BCE et la Commission de Justice européenne viennent compléter un dispositif de mise sous tutelle des nations. C'est l'Europe qui donnera finalement le blanc-seing à l'action du gouvernement français et... les marchés. Tous les gens de bon sens devinent que nous ne tiendrons pas nos engagements économiques mais que deux choses sont sûres… d’une part l’augmentation du chômage et d’autre part les paroles  habituelles d’enfumage des dirigeants : « Le bout du tunnel est proche ». Sur quoi débouche-t-il ce tunnel ? L’abîme… de nations abîmées, déstructurées, finalement repliées sur elles-mêmes dans l’incapacité finale de faire jouer la solidarité quand même son principal pourvoyeur, l’Allemagne, va évoquer l’insuffisance de ses moyens.

Il n'y a plus de démocratie depuis la forfaiture de Nicolas Sarkozy qui est passé au-dessus du peuple pour ratifier le traité de Lisbonne. L'Europe va à grand pas non vers une Europe fédérale, non votée par les citoyens européens, mais vers une Europe unitaire, centralisée et technocratique. Celle-ci renie la démocratie comme un danger de ne pouvoir réaliser les objectifs d'une élite. Elle détient à elle seule la Raison (au sens révolutionnaire du terme) dans une gnose mortifère, comme l'ont bien exprimé ses idéologues fondateurs, Jean Monnet et Jacques Delors !

Arrêtons la politique politicienne pour revenir à la défense du bien commun et à la mise en œuvre de la volonté du peuple. Ce serait là une œuvre de salut public et le seul moyen d'éviter le déclin inéluctable de la France tel que l'a programmé un consensus politique sur l'idéologie européenne. Il est temps que des hommes de tous bords, économistes, politiques, société civile, affrontent, sans complexe et courageusement, l’opprobre jeté sur ceux qui pensent autrement, et sortent de l’ombre politique et médiatique dans laquelle on les enferme.

Le véritable problème de la France c'est l'Europe telle qu'elle se construit, qui voit les nations s'effacer et se découdre dans des revendications régionalistes en Espagne, en Italie, en Belgique, au Royaume-Uni et même en France où l'Europe a redonné à l'Alsace la langue officielle allemande au même titre que le français. On voit ainsi se développer des liens directs entre l'Europe et les régions à l'heure où des politiciens nationaux se disputent sur une politique gauche ou droite dont les fondements européens sont les mêmes.

Le peuple français sent bien que ceci n'a plus de sens et qu'on lui vole ce qu'il a de plus précieux, la démocratie. Il sent aussi que la France s’épuise dans une Europe qui travaille pour les lobbies et s’épuise elle-même dans la globalisation économique et financière qu’elle a appelée de ses vœux. L’euro a profité à l’Allemagne et lui profite encore mais au détriment surtout de la France son principal client. Le Royaume-Uni, en gardant sa monnaie et en appliquant un plan drastique de réduction des dépenses, relève la tête en retrouvant un peu de croissance. La Suède, en gardant sa monnaie et en remodelant son modèle social, caracole en tête des nations européennes. Ceci n’émeut pas nos gouvernements qui persistent et signent dans une politique idéologique européenne dont les résultats sont calamiteux.

Le nouveau modèle français n’est qu’un nouveau slogan

Qui fera pschitt en débouchant les sodas taxés

Ou dans la mise en bière, surtaxée aussi !

Il ne nous reste plus qu’à boire jusqu'à l’hallali…

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon