jeudi 28 juin 2018

Le mépris pour Macron, la débâcle pour l’UE,


D’interventions en interventions, de discours en discours, d’interviews en interviews, Macron promène un mépris grandissant pour le peuple dont il a la charge. Les blagounettes qui tombent à plat devant des personnalités médusées ne le cèdent en rien aux phrases assassines distribuées sur les personnes pour lesquelles le respect n’est qu’une obligation de politesse et de sens des relations humaines. La dernière sortie de Macron devant le Pape à Rome n’est que le dernier plumet à ajouter à ce notre coquelet dont l’Europe entière se moque. Pour évoquer la présence importante des bretons dans son équipe ministérielle, il a trouvé bon de parler de la maffia des Bretons. Ce terme péjoratif en soi, n’est à utiliser que dans son cercle de collaborateurs proches mais peut donner lieu à une toute autre interprétation dans un pays où la maffia sicilienne est connue du monde entier. Il s’agit là d’une attitude déplacée devant le représentant de la religion encore la plus représentée dans le monde et dans un pays où Macron s’est déjà permis des paroles blessantes vis-à-vis du nouveau gouvernement italien créant un incident diplomatique qu’il a dû colmater.

Si cet incident n’est que la goutte qui fait déborder le vase rempli de propos blessants ou déplacés de Macron, il est significatif de l’attitude globalement méprisante pour les petites gens et les petits pays. Pour le mépris des petites gens, représentant dans son esprit 95% des français, les propos méprisants s’accumulent :


"On met un pognon de dingue dans les minima sociaux"

"Au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d'aller regarder s'ils peuvent avoir des postes",

"Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes",

"Le meilleur moyen de se payer un costard, c'est de travailler",

"Les salariées de Gad sont pour beaucoup illettrées ",

"Une gare, c'est un lieu où l'on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien ",

" Il n'y a d'ailleurs pas une culture française",

"La politique, c'est mystique.",

"Je n'aime pas ce terme de modèle social",

sans compter les termes peu amènes sur les différentes régions et corporations de France peuplées l’alcooliques, de fainéants et de demeurés. 

Campé sur une majorité pléthorique et obéissante pour tout lui devoir à l’Assemblée Nationale, il montre également un profond mépris pour les autres partis s’apprêtant à diaboliser la France Insoumise si le FN ne redresse pas la barre, selon la méthode utilisée depuis Mitterrand. Fort de cette stratégie qui a fait ses preuves, il traite de « lèpre populiste » les mouvements protestataires sur ses actions. Mais il se sait adossé aux grands banquiers dont le plus prestigieux, la banque Rothschild, et là il ne fait sans doute plus le malin. Non seulement Macron est perclus de mépris mais il ne l’est que devant les faibles comme il l’a fait en Côte d’Ivoire devant son Président, Roch Marc Christian Kabore, et des étudiants de l’université de Ouagadougou en répondant à leurs questions par « Mais moi je ne veux pas m’occuper d’électricité dans les universités du Burkina Faso ! C’est le travail du Président ! » et au moment où, le président du pays hôte, quittait la salle, il était interpellé par son homologue français un peu survolté : « Reste là ! Du coup, il est parti réparer la climatisation. » ridiculisant le Président du pays hôte ! Mais Macron fait moins le malin devant Trump, car c’est Trump qui tire Macron derrière lui et le ridiculise en lui époussetant son veston, c’est aussi Poutine qui ne rentre pas dans le jeu des mots à tendance amicale et triviale. On ne le voit pas non plus faire ce genre de sortie devant les hauts représentants chinois. Mais il se permet de plaisanter à Mayotte en pleine déprime migratoire avec cette phrase blessante : « Mais le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent. »


Cette attitude est celle d’un monarque et, si Hollande a dévalorisé la hauteur de la fonction Présidentielle, Macron lui donne ce qui a fait la chute de la royauté et de la féodalité, ce mépris pour le petit peuple sous prétexte de lui assurer travail et sécurité relative. Par son attitude de mépris Macron prépare en fait la France à une monarchie républicaine où la démocratie est mise sous muselière. Ses propos à la BBC sont révélateurs puisqu’il avoue savoir qu’un référendum sur la sortie de l’UE conduirait à cette sortie, et de plus justifie le fait de ne pas faire de référendum. Quelle meilleure illustration que ce mépris de la démocratie, symbole d’une nouvelle « monarchie républicaine ». C’est bien d’ailleurs le fond de sa pensée puisqu’il a dit par ailleurs : « La démocratie ne se fait pas dans la rue ». Toutefois l’occasion est belle pour les français de montrer leur désaccord avec cette dérive et cette attitude, les élections européennes de 2019 où l’introduction des listes nationales peut faciliter un débat de fond et l’approche des urnes. 

L’Union Européenne se déchire pendant deux jours sur l’immigration, sujet brutalement monté en épingle, alors que la sourdine mise tenait compte de la baisse de ce flux migratoire en 2018. J’ai écrit que ce problème est devenu un sujet mobilisant les peuples et certains dirigeants de pays, car c’est le ressenti des peuples dans leur identité contestée par une montée d’une civilisation différente qui devient l’occasion de mettre en cause les migrants en passe de devenir « réfugiés » pour Angela Merkel. C’est dans les quartiers où se rassemblent ces communautés, généralement les périphéries de grandes villes, et les vieux quartiers des villes moyennes, que les populations autochtones ou assimilées prennent conscience de l’arrivée d’un problème devenu désormais difficile à gérer. Si Marseille est la première ville musulmane de France en nombre d’habitants, c’est en Belgique et particulièrement à la périphérie de Bruxelles, le cœur de l’UE, que l’on prend conscience de la transformation en cours. La création d’un parti musulman et les propos d’imams du style ; « on est chez nous, et si vous ne vous y sentez plus bien, vous pouvez en partir ».


En France il faut aller voir des maternités dans les grandes villes du Sud, du Nord et dans la région Ile-de-France pour se rendre compte de la disparité croissante du nombre des nouveau-nés à  prénom musulman avec les autres consonnances. La France ne mène évidemment pas une politique volontariste d’assimilation, elle a donc choisi implicitement une société multi-civilisationnelle comme le souhaite l’UE, donc à l’image des Etats-Unis, géniteurs de l’UE, tout-au-moins avant Trump. Cet abandon de l’assimilation, la nouvelle mouture du service national n’étant qu’une mesurette sans but précis, s’est faite sans l’approbation du peuple français et aucun débat politique n’est soulevé à ce propos par peur de racisme. Mais ce que ressente les français déjà en perte d’identité l’est plus vivement dans des pays de l’Est et du Nord à forte identité. C’est ce mouvement de fond que Macron stigmatise qui ébranle l’UE bien au-delà de l’apport migratoire actuel dont l’importance du flux peut facilement être absorbée si chacun y prend sa part. Mais on assiste aussi à l’effet boomerang du catastrophisme médiatisé à outrance sur l’immigration économique, et sur le réchauffement climatique pour lequel reviennent en boucle l’immigration climatique dont les chiffres sont gonflés au maximum dans les prévisions, déjà non corroborées par les constats actuels.



L’UE se déchire sur un problème gérable mais c’est l’exutoire de divergences plus profondes sur le fonctionnement de l’UE pour lequel on masque en plus l’arrivée de plus en plus probable d’une catastrophe financière et d’explosion de la dette. Le groupe Visegrad est l’illustration du déchirement de l’UE où la présence américaine, devient de plus en plus importante et pose même le problème du poids politique de l’UE dans le monde. Sans armée l’UE ne peut se faire entendre et le projet de défense européenne ne pourra se faire que dans le cadre de l’OTAN selon les traités. Autant de questions qui amènent des différences de point de vue incompatibles entre les pays. L’Allemagne s’opposera toujours à une course vers le fédéralisme qui mettrait en danger ses finances par une mutualisation des dettes. Ce faisant cela repose pour les autres l’intérêt d’une UE où c’est ce pays qui tire le plus de marrons du feu. Les pays se referment sur eux-mêmes, la débâcle de l’UE commence, et l’immigration est l’arbre qui masque la forêt des divergences.



L’UE survivra-t-elle jusqu’en 2019 sous sa forme actuelle ? 

La France par l’attitude méprisante de son chef

A déjà perdu une chance de la sauver. 

Ce peut être une chance d’en sortir

Mais en freinant des quatre fers 

On peut voir le tombereau

Se verser sur nos têtes !


Claude Trouvé 
28/06/18