mercredi 6 juin 2018

Grâce à Macron, ça va mieux ?


On nous enfume de rafales de modifications dans tous les domaines avec, mis à part l’Education Nationale, un climat d’austérité et de mesures libérales. On y trouve aussi bien les cadeaux aux plus riches et aux entreprises, surtout les plus grandes, et la marche vers la privatisation des services publics, qu’une avalanche de taxes nouvelles ou augmentées, un renoncement écologique, une politique énergétique dispendieuse, et une limitation à 80km/h dont on a du mal à croire qu’elle ne vise que la sécurité. Tout cela mené tambour battant avec un grand souci de la communication-consultation donnant droit à la possibilité de changer les virgules de place avant le texte final. C’est d’ailleurs par une consultation permanente de ce type que l’on pratique la démocratie en évitant définitivement le référendum réellement inenvisageable dans un peuple de rien incapable même de répondre à la question posée. Le pouvoir « macronien » gère les affaires dans une verticalité laissant le peuple sans « voix ». On peut d’ailleurs plutôt parler d’un pouvoir macron-nique le peuple aime ça.

Trêve de plaisanteries, macron était attendu comme le petit génie sortant de la lampe d’Aladin amenant la France dans une modernité radieuse. Qu’en est-il aujourd’hui ? L’INSEE venant de publier les chiffres clés du 1er trimestre 2018, la réponse est dans le tableau ci-dessous.
Réjouissons-nous les salaires du secteur privé n’augmentent que du cadeau de la CSG des retraités et encore, car cela va permettre à nos entreprises… d’éviter de licencier plus. Ceux du secteur public sont ravis par un sentiment d’égalité car les salaires n’augmentaient pas, ou si peu, chez eux. Le peuple de rien ne croyant pas à la nécessaire austérité pour redresser la France, va enfin pouvoir mettre un bémol sur leurs dépenses, bémol dû au 2% d’inflation. 

Avec 9,2% de taux de chômage la France est toujours bien au-dessus de la moyenne de l’UE à 7,1% et de la zone euro à 8,6% par ailleurs depuis Novembre 2017, le taux est plutôt reparti à la hausse alors qu’il est baisse constante dans l’UE. La politique ultra-libérale de Macron, dite du ruissellement du haut vers le bas, n’a donc aucun effet sur le taux de chômage au sens du Bureau International de l’emploi, soit la Catégorie A des demandeurs d’emploi. Les dernières statistiques françaises sur les demandeurs d’emplois toutes catégories montrent une légère augmentation sur le 1er trimestre 2018. La politique menée n’a pour l’instant aucun résultat sur le chômage. Les ménages ont-ils eu la possibilité de dépenser plus ? La croissance en un an de leur consommation est de 1,5% pour 2% d’inflation sur un an selon Eurostat. En Allemagne c’est une augmentation de 2,8% pour une inflation comparable. Cette politiqué n’a donc pas d’influence positive sur le pouvoir d’achat des français. Le choix de l’augmentation globale des taxes et impôts sur les consommateurs et contribuables en est essentiellement la cause. L’augmentation de l’essence et du gas-oil, par suite d’une raréfaction actuelle des productions due à la situation en Iran et au Venezuela, et les taxes à 70% dont la taxe carbone ne peut qu’aggraver cette situation.

Le fiasco actuel de la politique ultra-libérale est d’autant plus patent que la croissance n’est non seulement pas au rendez-vous avec 0,2% sur le premier trimestre 2018 ciblant une croissance annuelle autour de 1% au lieu des 1,7% prévus initialement dans le budget prévisionnel 2018. Le plus grave est que, dans un contexte favorable actuel de croissance au niveau mondial, la France fait beaucoup moins bien que la zone euro tout en continuant à creuser la dette. Le graphique ci-dessous est très parlant sur en plus notre retard relatif.


La santé économique du monde occidental tient beaucoup à celle des États-Unis, or la politique menée par Trump commence à porter ses fruits et sa croissance est supérieure à tous les pays européens, hormis l’Irlande. Celle-ci bénéficie de la dérogation autorisée par l’UE sur les faibles taux d’imposition sur les sociétés, avantage attirant de nombreux sièges d’entreprises. Parmi les grands pays moteurs de la croissance mondiale, citons la Chine à 1,4%, et l’Inde à 1,8%. La dynamique des pays européens est bien plus faible et on peut noter qu’appartenir à la zone euro n’apporte pas un avantage bien au contraire. Dans les grands pays européens seul le Royaume-Uni fait moins bien mais il est encore en passe de rééquilibrer les débouchés de son économie et l’UE lui savonne la planche. Les pays les plus dynamiques sont évidement les pays aidés de l’UE, mais l’Allemagne et la Belgique font néanmoins deux fois mieux que nous.

La réponse sur la santé de la France est malheureusement claire, elle continue à perdre pied. La flopée de réformes menées au pas de charge procure pour l’instant plus de désordres que de bénéfices. Ça ira mieux demain ? On ne voit pas comment d’autant plus que l’avenir de la croissance mondiale n’est pas brillant pour 2019 selon le FMI et la Banque Mondiale. Aladin va devoir rentrer le petit génie Macron dans l’urne de la lampe électorale car l’avenir de l’UE est très assombri. 

La désinformation et la manipulation permanente

  Risquent de ne plus suffire à masquer la réalité.

Nous passons des promesses aux résultats

Et ceux-ci ne pointent pas à l’horizon

Embrumé dans l’austérité imposée

Et à odeur de ceinture grecque !
Claude Trouvé
06/06/18