mercredi 26 mars 2014

Quand les mots perdent tout leur sens !



Pacte républicain, Union républicaine, Front Républicain, la République est mise à toutes les sauces électorales. On ouvre une guerre contre les non-républicains. Ceux-ci seraient-ils les communistes, affublés un temps de parti de l’étranger ? Non il s’agit du FN et de tous ceux qui oseraient frayer avec lui. On évoque donc la République contre quoi ? La dictature ? Ce parti est-il sorti de la légalité républicaine et prépare-t-il un coup d’État ? Fascisme me dit-on en oubliant qu’Hitler est issu de la détresse populaire et a porté le national-socialisme ! Alors fascisme, si ce n’est toi c’est donc ton frère… le communautarisme religieux, ethnique et autres. Je n’en perçois pas une once sauf celui des oubliés des lobbies économiques et financiers.

Les « Valeurs républicaines » seraient-elles bafouées comme la sacro-sainte laïcité ? Pas que je sache ! Ceux qui se drapent dans le Front Républicain ne seraient-ils pas ces drôles d’oiseaux Passeriformes qui vivent en communauté dans des nids géants ? Qui sont ces politiques républicains qui bafouent la démocratie en signant un traité de Lisbonne, copie conforme d’une Constitution Européenne refusée par référendum ou en refusant ce dernier pour des réformes sociétales qui divisent profondément le peuple français ? Ce sont l’UMP (Union pour Maintenir nos Places) et le PS (Pas question de S’en aller). 

Ces deux partis, qui plongent la France dans la désespérance après plus de trente ans de règne, ont le front de traiter ceux qui représentent cette désespérance de non-républicains et portent le fer avec un Front républicain qui devient un affront à la démocratie. Les français commencent à comprendre que le clivage traditionnel gauche-droite n’a plus de sens. Les recettes sont les mêmes et mènent le pays à une lente mais inexorable descente vers la pauvreté voire la faillite. La pensée est unique et ne se renouvelle pas. Toute idée sur les causes autres que celle, « c’est la faute de ceux qui nous ont précédés », est bannie du monde de la réflexion démocratique. 

Que l’on parle de l’euro, de l’Europe, de l’immigration, c’est partez il n’y a rien à discuter là-dessus. Rangez les référendums aux oubliettes, nous vous entendons et nous savons ce qu’il y a à faire. Nous n’avons pas besoin de vous écouter. Le Pacte de Responsabilité, après tous ceux qui l’on précédé sous des vocables similaires, va redonner de la compétitivité et baisser le chômage… demain, oui toujours demain puisque forcément la pluie va cesser et qu’il fera beau demain. Alors ne plus croire aux prédictions de cartomanciennes étatiques, c’est sombrer dans le non-républicain (sous-entendu le fascisme et pire le nazisme et la haine raciale). 

La peur est désormais utilisée partout pour formater les esprits dans le sens voulu. La peur est utilisée pour le nucléaire, la grippe aviaire, le réchauffement climatique pour montrer la nécessité d’un gouvernement mondial ou simplement de politique circonstancielle. C’est ainsi que très opportunément on saute sur la pollution atmosphérique pour gagner des voix écologistes. La peur du fascisme, du nazisme, de la dictature (déjà évoquée pour De Gaulle) sont désormais une recette à laquelle les français adhèrent de moins en moins parce qu’ils se rendent compte que la vraie dictature c’est celle de la pensée unique. 

Ceci étant, un regard prudent sur l’évolution de ce parti est nécessaire pour éviter que ce miroir aux alouettes ne nous fasse perdre notre sens critique. C’est ce que le MPF se donne de faire. Mais il faut tourner la page. Nous portons une confrontation d’idées que ceux qui n’adhèrent pas vont devoir contrer par des argumentations solides et non des « sortir de l’euro serait catastrophique », comme on pose un postulat qui en mathématiques n’a pas de démonstration dans l’état actuel des connaissances. 

Les élections municipales de Béziers montrent bien que le clivage se fait entre la pensée unique et son rejet par une coalition locale de Divers droite (dont DLR et le MPF) avec le FN en soutien. L’UMP, pourtant portée par la faillite actuelle du gouvernement socialiste, est arrivée en seconde position et le PS en troisième. Béziers est confronté à un chômage élevé et l’immigration y pose de sérieuses difficultés dans la qualité de vie. Le centre-ville voit les immigrés l’envahir au fur et à mesure que les habitations perdent de leur valeur par leur arrivée. Leur faible pouvoir d’achat fait fermer les commerces d’autant plus que leurs besoins sont autres et liés à leur civilisation. La ville se meurt lentement, les jeunes la fuient car elle les attire de moins en moins. Le recours aux vidéos montre clairement que l’insécurité augmente. Les médecins, infirmiers, pompiers, policiers craignent de pénétrer dans certains quartiers parce qu’ils sont agressés. 

Alors Béziers est victime localement et nationalement du Front républicain, c’est-à-dire de la pensée unique, anti-démocratique par essence. Quelle que soit la valeur du candidat anti-Front républicain, il ne peut pas faire pire. Le ras-le-bol du chômage, de la pauvreté, de l’insécurité, de la perte d’identité voue probablement le Front républicain, localement éclaté, à une défaite méritée. 

Alors il est temps de ne pas chercher la paille dans l’œil du voisin 

Quand on ne voit pas la poutre dans le sien ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon