vendredi 14 mars 2014

Le nucléaire ? Une mine de désinformation !

Nous venons de fêter le troisième anniversaire de Fukushima et nous avons vu cette foule recueillie et silencieuse sur un lieu de mort où le Tsunami a frappé et non celui où la radioactivité a seulement chassé des populations hors de leurs habitations. Le Tsunami du 11 mars 2011 a été d’une rare violence comme en témoigne ce navire retrouvé dans une ville de la préfecture de Miagy. Des milliers de personnes sont portées disparues et des villes rayées de la carte. Si médiatiques soient-elles, les peurs engendrées par le nucléaire (qui jusqu’à ce jour restent au niveau de la menace) doivent être mesurées à l’aune de ces drames. 

Cet anniversaire aurait pu replacer le drame humain à sa vraie place, celle des catastrophes naturelles et l’accident des réacteurs de Fukushima à une autre, celle d’une catastrophe économique et humaine au sens des déplacements de population plutôt qu’au nombre de victimes. Cet accident nucléaire se place au second rang de gravité juste derrière Tchernobyl. Contrairement à celui-ci il n’est pas le fruit de l’incompétence des hommes dans la conception et la marche des centrales. Devant un tremblement de terre dont l’ampleur a dépassé l’historique connu en cet endroit, on peut simplement arguer que la marge de sécurité prise n’a pas été suffisante vu le danger potentiel que représente un réacteur nucléaire. Mais chacun sait qu’une entreprise humaine n’est jamais à l’abri de l’inimaginable devant les actions de la nature, hostile par construction. 

Il faut se souvenir de la violence de ce tremblement de terre de 8,9 de magnitude sur l’échelle de Richter qui s’est produit le vendredi 11 mars 2011. Son épicentre se situait à 300 km à l’est des côtes du Japon. Il a été suivi d’un tsunami dévastateur dont les vagues de 14 mètres de haut ont ravagé les côtes orientales du pays et ont causé l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi. C’était un tremblement d’une ampleur quasi-imprévisible même dans une région très sismique comme le Japon. 

Alors je m’insurge sur l’information qui a circulé sur certaines chaînes de télévision où la radioactivité restante autour de la centrale a vite pris le pas sur l’anniversaire du deuil de milliers de familles. On a montré des personnes qui viennent faire des contrôles sanitaires sur la zone interdite autour de la centrale… au péril de leur vie ! Pire on a placé un compteur dit de Geiger sur le sol pour le faire crépiter devant le reporter et celui-ci d’annoncer sans broncher que la radioactivité sévissait toujours avec une mesure de dose de 6 micro-Sievert ! 

Il s'agit alors de l’utilisation de la désinformation caractérisée, attirant par la peur l’intérêt des téléspectateurs. En effet ces derniers n’ont aucune notion, pour la plupart, de ce qui représente un danger dans ce domaine et on se garde bien de replacer les choses dans leur relativité étant donné que nous vivons toute notre vie dans une radioactivité naturelle et que nous sommes nous-mêmes radioactifs. Alors je vais vous donner quelques chiffres par rapport à ces 6 millionièmes de Sievert qui représentent la dose efficace de radioactivité supposée mesurée sur place. 

Le Sievert (1 Sv) représente la dose de radioactivité censée tuer 50% d’une population qui y est exposée. Avec les 6 µSv annoncés, on en est donc très loin d’un danger d’autant plus que la dose de radioactivité de notre corps est de 170 µSV et que celle communément admise autour d’une centrale en activité est de 10 µSv. En 2000 la dose de réactivité résiduelle de Tchernobyl était de 20 µSv en France et que vous engrangez 30microSv dans un vol Paris-New-York. J’ajoute que la dose de radioactivité à laquelle nous exposent en permanence les rayons cosmiques est de 380 µSv. Voilà quelques éléments de comparaison qui relativisent la peur ! 

Ajoutons à cela que la dose limite d’exposition du public est de 1 mSv (milli) soit près de 170 fois la dose annoncée par le reporter et qu’une simple radio du thorax nous fait engranger 200 microSv ! D’ailleurs il faut savoir que la dose acquise par un scanner est de 9 mSv (milli), que votre médecin ne vous demande que rarement si vous avez déjà passé un scanner depuis un an, que les doses sont cumulatives et que la limite de dose annuelle pour les travailleurs dans le nucléaire est de 20 mSv. Avec 2 scanners vous donc êtes en limite de dose annuelle de ce type de travailleur exposé. 

Donc même si le reporter s’est trompé d’échelle et qu’il s’agissait de milli Sievert et non de micro Sievert, le danger n’était que moyennement élevé mais nécessitait néanmoins l’évacuation des populations pour des raisons de contamination, c’est-à-dire d’irradiation interne, par ingestion par voie buccale surtout, due à la concentration de la radioactivité par les plantes et les animaux. On aurait pu noter dans ce reportage que la vétérinaire allait ausculter ou soigner des animaux qui étaient toujours vivants et que la végétation poussait trois ans après l’accident. 

Loin de moi la pensée ni de nier l'ampleur de l'accident nucléaire de Fukushima, ni de nier le danger que j’ai affronté durant 37 ans mais la peur manipulée est une atteinte intolérable à l’opinion publique qui doit se faire son idée à partir d’informations honnêtes. Les normes internationales de dose de radioactivité que l’on doit respecter pour protéger les individus sont de plus largement calculées avec une marge comme on le fait pour le poids dans les ascenseurs. Arrêtons de diaboliser une industrie qui dans notre pays nous a donné une avance technologique et économique sans accident réputé comme tel sur l’échelle internationale de gravité. 

Quand on manie la peur hors des dangers réels 

C’est que l’on a des objectifs… 

Idéologiques et politiques, 

Non de santé publique ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon