lundi 17 octobre 2011

A droite il va falloir en mettre beaucoup à gauche !

Les primaires viennent de donner leur verdict et François Hollande sera le candidat du parti socialiste au moins. Les promesses allaient bon train mais la réalité ne permet pas beaucoup d’écarts. La réforme du système fiscal n’a de sens que si elle permet des ressources supplémentaires à l’Etat. Le resserrement des inégalités, louable en soi, ne peut être le but prioritaire dans un Etat au bord de la faillite. L’apport sur l’imposition supplémentaire sur les riches ne suffira pas et il faudra donc imposer plus les classes moyennes qui sont l’éternelle vache à lait.

Le grand discours sur la jeunesse ne résiste pas au constat du chômage de près de 10% et du taux d’emploi de 64,0%, loin derrière l’Allemagne qui est à 71,1%. C’est la création d’emplois qui est la priorité et nous disposons d’un volant de main-d’œuvre qui ne nécessite nullement l’apport d’une population étrangère. Le grand défi est d’intégrer et de qualifier une masse de jeunes français issus de l’immigration avant que ceux-ci ne soient majoritaires dans nos villes et rejettent leur pays d’accueil. La paix sociale, la sécurité et la relance de l’économie en font un passage obligé.

La France va mal et notre dette s’accroît d’une façon vertigineuse, plus de 100 Mds€ en un semestre 2011. A ce rythme elle atteindrait 1795Mds€ à fin 2011 soit plus de 90% d’un PIB annuel d’environ 1980Mds€. Les 3 à 4 milliards de ressources supplémentaires espérées avec les dernières mesures gouvernementales ne changeront pas grand-chose sur ce pourcentage dont a dit qu’il nous faisait rentrer dans une zone à risque.

Le mot « rigueur » n’est plus tabou dans le langage mais si l’on regarde les chiffres de l’endettement, on voit que notre dette a crû globalement de 4% entre juin 2010 et juin 2011, se répartissant en +5% pour l’Etat, +2% pour les administrations locales et +8% pour la Sécurité sociale. Le mot « rigueur » reste un mot ! La seule dette de la Sécu se montait à 189Mds€ à fin juin 2011.

La croissance n’est pas là puisque les 1,2% seront difficilement atteints alors que les prévisions initiales tablaient sur 2%. La consommation des ménages faiblit et la croissance n’est toujours pas là non plus. Mais l’Europe ne va pas bien non plus, il va falloir « monétiser » la dette des pays en difficulté, c’est-à-dire effacer de la dette soit probablement au moins 50% pour la Grèce, 25% pour l’Irlande et 10% pour les dettes espagnoles et italiennes.

Ce n’est pas fini, il conviendrait de recapitaliser les banques. AXA détient 30 milliards de dettes souveraines dont 800 millions sur la Grèce, CNP 31 milliards sur le PIIGS dont 1,5 milliard sur la Grèce, Allianz et AGF 38 milliards dont 772 millions sur la Grèce, Generali 63 milliards dont 2 milliards sur la Grèce, etc., etc. Comment pensez-vous que l’on va trouver l’argent que l’on n’a pas ? En imprimant de la monnaie ! Cette mauvaise monnaie devra finalement être payée un jour… par les contribuables !

Les 70.000 postes de François Hollande n’ont pas encore trouvé leur financement en dehors de l’aggravation de la dette ! Gauche et Droite sont devant un problème sans précédent où des orientations nouvelles vont devoir être mises en œuvre. La survie du pays en dépend. La monnaie unique, qui ne tient plus qu’à un fil malgré les dénégations des personnages qui nous ont conduit dans ce probable cataclysme, ne peut survivre qu’en s’adaptant à une situation nouvelle d’une zone euro moins grande où (et) une flexibilité ajustable de monnaie commune. De la même façon les traités vont devoir voler en éclats.

Entre une paix sociale de plus en plus fragile où les « indignés » seront de plus en plus nombreux, la gauche ou la droite devra faire preuve de courage et d’initiative dans une situation où le consensus d’une unité nationale devient chaque jour une évidente nécessité. A situation exceptionnellement grave, il faut s'unir et cesser de faire croire au miroir aux alouettes ! L’enfumage des populations est en cours mais il risque de demander l’emploi des gaz lacrymogènes.

Savez-vous comment un gouvernement se procure l’argent qu’il n’a pas ?

En achetant des obligations pourries déjà sur le marché

Et en faisant croire, pour les replacer, qu’elles valent encore quelque chose !

Claude Trouvé