dimanche 4 novembre 2018

Regard révolté sur la France de 2018



La France en marche arrière… mais le peuple n’y voit que du feu, bien plus attiré par les phrases assassines et méprisantes, ou les attitudes inconvenantes ici ou ailleurs de son Président, que la marche arrière qu’il lui inflige. Le mouvement relatif de marche arrière de notre économie est peu perceptible par nos concitoyens. Dans un monde où la compétition est reine notre petite marche avant est en fait une grosse marche arrière. Comment cela est-il possible ? Nos concitoyens sont-ils idiots ou aveugles ? Pour la plupart la réponse est non. Alors est-on réellement en marche arrière ? Pour comprendre il faut donner une image d’une situation que la plupart entre nous ont vécue. C’est celle de deux rames de TGV initialement arrêtées en gare et côte à côte sur deux voies parallèles. Vous êtes assis dans l’une d’entre elles et vous ne voyez aucune des infrastructures de la gare, seulement l’autre rame et le ciel. Soudain votre rame démarre doucement et silencieusement dans la bonne direction et vous voilà rassuré sur votre arrivée à destination. Puis tout-à-coup vous découvrez les infrastructures immobiles de la gare signifiant qu’en fait votre train n’a pas bougé.
C’est ainsi qu’en vous masquant l’immobilité de votre environnement on vous leurre sur la marche avant de notre économie. Mais pire votre rame aurait pu faire une petite marche arrière en vous laissant croire que vous allez de l’avant si ce mouvement se fait moins vite que celui de l’autre rame. C’est ce que réussit ce gouvernement en ne vous donnant pratiquement aucun point de comparaison avec les autres pays sauf si celui-ci peut s’avérer favorable. Toutefois ceci devient de plus en plus rare. On continue à vous parler de la France, 5ème économie de la planète alors qu’elle a reculé de deux places et est repassée derrière le Royaume-Uni. On vous parle d’une croissance un peu moins bonne que prévu en 2018 mais d’un déficit public en-dessous des 3% du PIB. La réalité est que notre croissance du 1er semestre 2018 est la plus basse de toute l’UE. 
Ce qui est ressenti par nous tous c’est le niveau de dépenses que nous pouvons consentir compte-tenu de nos revenus. Il est intéressant de comparer les dépenses des ménages par habitant et par rapport au PIB sur les pays européens. On note d’assez fortes disparités. La France se situe sensiblement au centre du graphique ci-contre et assez proche de l’Allemagne, ce qui signifie que le moteur de la consommation par le PIB est assez comparable. Ce PIB est le moteur des pays en train de profiter de la manne de l’UE comme les pays Baltes. La présence de la Suisse dans ce groupe s’explique par la baisse de PIB engendrée par la dévaluation du franc suisse. Il en est de même pour le Royaume-Uni. Par contre on voit que malgré les dividendes de l’UE certains pays imposent une politique d’austérité et dont le PIB est tributaire de la consommation comme la Grèce, Chypre et le Portugal. Les pays à faible part du PIB tirent donc leur richesse de leur activité commerciale externe. Ce graphique montre que les français ne sont pas encore très touchés dans leurs dépenses mais que la part qui leur revient est néanmoins importante par rapport à la production de richesses du pays, alors que celui-ci s’endette en permanence au contraire de l’Allemagne. La France s’endette pour maintenir le pouvoir d’achat contrairement à l’Allemagne. Ceci implique que la France, comme l’Italie est au bout du rouleau et que son pouvoir d’achat va être désormais impacté.
Le moteur qui permet de faire progresser le PIB sans s’endetter est le commerce extérieur et le graphique ci-contre montre que les soldes des commerces extérieurs par rapport au PIB entraînent des conséquences linéairement liées avec les soldes par habitant. Il faut tout-de-suite dire que le Royaume-Uni et la Suisse paient encore la dévaluation de leur monnaie. Mais s’il apparaît que le Royaume-Uni commence à remonter la pente sur les 8 premiers mois de l’année 2018, elle a accumulé dans ce domaine un retard considérable avec un solde très négatif principalement avec l’Allemagne. Pour les Etats-Unis la politique de Trump commençait seulement à faire ses effets au prix d’un déficit publique important. Mais on voit que la France est à une place très inquiétante, loin derrière les grands pays de la zone euro, Espagne, Italie et Allemagne et d’une façon générale de l’OCDE, de l’UE et même de la zone euro. Au passage la place de l’Australie montre que la zone euro ne donne pas d’avantage dans la concurrence mondiale contrairement à ce que l’on nous laisse croire. De toute évidence l’Allemagne domine les autres pays de l’UE et les dépouille progressivement, et la Suisse nous montre que l’on peut réussir en dehors de l’UE et de la zone euro. 
En conclusion on voit que la France se prépare à une descente qui va affecter obligatoirement notre pouvoir d’achat car les recettes précédentes sont épuisées et sans effet notable sur notre rayonnement commercial. Nous sommes entrés dans une encore lente mais exponentielle perte de richesse globale avec un moteur économique en décomposition où les puissances étrangères viennent faire leur marché au fur et à mesure des faiblesses des entreprises. Par ailleurs le gouvernement devient de plus en plus en main des lobbies, en particulier par le dernier remaniement. Si ceux-ci savent comment manager une entreprise, ils ont surtout le sens des profits que peut en tirer cette frange des grandes entreprises multinationales. Le peuple est alors considéré comme une vache à lait qui est là pour permettre d’augmenter les profits mais en même temps en diminuant au maximum leur retour par l’impôt. La politique d’austérité se nourrit ainsi d’elle-même par une surenchère de taxes nouvelles et d’augmentation des anciennes.
Nul doute que la réforme des retraites ne se fera pas à bilan nul pour les retraités tout en créant de nouvelles inégalités. La retraite à 60 ans est déjà dans les oubliettes mais l’acquisition d’une retraite à taux plein demande de travailler plus longtemps. L’argument de disposer d’un supplément de main d’œuvre ne tient pas dans un pays à fort taux de chômage. Elle va même à contre-sens puisqu’elle prend la place des jeunes en recherche d’emploi. La véritable raison est de diminuer la charge des retraites pour l’Etat car les retraites coûtent plus cher que les allocations chômage. Quand un Etat en arrive là c’est que l’on commence à ne plus avoir d’autre solution que l’austérité tout azimut mais sur le peuple principalement puisque l’entreprenariat est l’objet de tous les cadeaux. 
Macron surfe sans difficulté sur ce programme puisqu’il n’est que l’application des directives européennes et, malgré toute l’incompétence avérée du personnage, un autre président ne serait pas à même de faire autrement qu’à la marge. Macron vient d’annoncer le renforcement de nos liens avec l’OTAN qui devient le centre de décision sur nos participations aux opérations militaires qu’elle décide. Notre marge de manœuvre se réduit chaque mois et Angela Merkel ou pas l’Allemagne donne le ton des directives acceptables pour elle. Le temps où celle-ci se rendra compte que l’UE n’est plus son intérêt n’est plus très loin mais la France est pour elle encore le gros morceau à exploiter. On en reparlera.
 
Les français ne voient pas encore notre déclin, 
Les faux-pas de Macron cachent l’important.
La France s’appauvrit et sur la croissance 
Les mesures prises n’ont aucun effet
Autre que générer la pauvreté !
Claude Trouvé 
20/10/18