jeudi 3 septembre 2015

Tainjin le 11 septembre de la Chine et mini-explosion nucléaire ?



Mon passé professionnel me rend très attentif à tout ce qui peut avoir un rapport avec le nucléaire que ce soit dans le domaine civil ou militaire. Dans l’esprit de la plupart des gens l’explosion nucléaire fait référence à Hiroshima et Nagasaki (Littel booy et Fat Man) dont on a célébré récemment le soixante-dixième anniversaire. Les armes ont bien évolué depuis. A côté des bombes de 100 Mégatonnes il existe des bombes nucléaires tactiques de seulement quelques kilotonnes d’équivalent TNT voire moins. Une ogive nucléaire de missile de croisière typiques tels que le ‘Popeye’ israélien porte 6 kilogrammes de plutonium, soit une puissance de 6 kilotonnes. Nous vivons dans une nouvelle ère nucléaire où un grand nombre de pays possèdent les moyens de créer et de déployer des armes nucléaires tactiques et le plus inquiétant de tout, ces armes de faible rendement peuvent être utilisées et ont déjà été utilisées sans crainte de la destruction mutuelle assurée, la doctrine qui a empêché la guerre froide d’aller au conflit nucléaire.

Pourquoi ai-je commencé cet article par ces précisions ? Parce que l’explosion de Tainjin n’a très probablement pas été créée par une explosion accidentelle chimique dans les containers de ce port. Les observations sur l'ampleur des dégâts causés et en particulier du cratère observé (image ci-contre) indiquent qu’il s’agit d’une explosion « criminelle » provoquée par une arme inconnue de très forte puissance ou par une explosion nucléaire. Le premier constat, que l’on peut vérifier sur la saturation de l’image des téléphones portables avec une tache blanche, est due à une boule de feu qui ne peut être provoquée par une explosion chimique incapable de produire la température nécessaire. La réaction a provoqué, une brillance soutenue dans le ciel qui est un indicateur bien connu d’une explosion nucléaire. Les armes non-nucléaires ne fournissent pas une illumination prolongée « Sun-like », car elles ne disposent pas assez d’énergie pour enflammer l’oxygène et  l’azote dans l’atmosphère. 

Le second constat encore visible est la taille du cratère de l’ordre de 120 mètres de large ce qui indique une explosion de 3 à 5 kilotonnes déclenchée à faible altitude. Mais aussi des milliers de voitures ont été grillées, leurs radiateurs au fréon éclatés dégageant une brume pourpre de phosgène, fluorure de deutérium et de gaz, les pneus réduits en poudre blanche. Tout a fondu, le caoutchouc, le verre et l’aluminium. Ce dernier ne fond qu’à 1500°C. Des experts en explosifs chimiques et nucléaires estiment que l’explosion qui a causé ce niveau de dévastation était bien au-delà d’une simple explosion de produits chimiques stockés. Ils s’accordent sur une explosion nucléaire malgré la position officielle de la Chine qui maintient l’accident chimique.

Pourquoi la Chine nie une origine nucléaire à ce qui devient un attentat ? Parce qu’elle n’est pas prête à enclencher un conflit majeur avec les États-Unis dont il lui est de plus difficile de prouver l’implication, heureusement d’ailleurs. Ceci étant, tout cela n’est pas rassurant d’autant plus que la Chine a eu trois « accidents chimiques » en très peu de temps, ce qui n’a pas été relayé par la presse. On sait que des bombes ou ogives nucléaires tactiques ont été utilisées en Syrie, au Yémen et sans doute ailleurs. Des experts prétendent même que les tours américaines du 11 septembre 2001 n’ont pas pu s’effondrer par l’impact des avions et qu’il fallait faire fondre les structures métalliques en sous-sol avec des engins permettant d’atteindre les 3000°C nécessaires. Seuls les engins nucléaires sont capables de le faire ou une arme inconnue. La Chine a peut-être vécu son 11 septembre avec les mêmes causes des dégâts infligés. 

La Chine fête par une grandiose parade militaire la capitulation du Japon. Elle annonce deux choses, la réduction de 300.000 hommes de sa force militaire terrestre mais aussi une ogive nucléaire capable de détruire un porte-avion. Cette annonce n’est pas innocente car elle traduit une politique de défense renforcée sans intention d’engager ses forces terrestres dans un conflit. Par contre la menace est en mer, et dans les airs où les avions et les forces marines US se frottent de plus en plus près aux frontières aériennes et maritimes chinoises. La Chine fait donc un gros effort de modernisation de son armée et dégraisse en nombre d’hommes. Qu’adviendra-t-il lorsqu'elle se sentira prête à un conflit déclaré ?

Mais la pression américaine n’est pas que sur la Chine, la Russie est expressément visée et Poutine plus particulièrement. L'Otan déploie ses « troupes d'occupation dans un pays après l'autre » , et se prépare à la guerre contre la Russie dans les pays baltes. Le premier septembre le porte-parole du ministère lituanien de la Défense, Asta Galdikaite a déclaré à l'agence de presse balte BNS (Baltic News Service), « Nous confirmons qu'aujourd'hui l'Otan a officiellement lancé ses unités d'intégration des forces en Lituanie, en Lettonie, en Estonie, en Pologne, en Bulgarie et en Roumanie ». L'Union européenne annonçait lundi, la mise en œuvre d'une cellule chargée de contrer les informations en provenance de Russie, comme si la propagande massive des chaines de télévision et de la grosse presse n'y suffisait pas. 

La Russie réplique en se mobilisant pour contrer toute entreprise de déstabilisation à la manière ukrainienne. Des exercices militaires, entre parachutistes, baptisés « Fraternité slave », sont lancés auxquels participent la Russie, la Serbie et la Biélorussie afin de prévenir toute opération du genre des « révolutions colorées », telle que celle qui a déstabilisé l'Ukraine à partir de la place Maïdan en 2013-14, avec ses effets tragiques qui se poursuivent actuellement. Grâce à ces exercices anti-terroristes, un plan détaillé des actions à appliquer sera dressé pour prévenir des opérations de déstabilisation dirigées de l'étranger. Mais pourquoi les USA intensifient-ils aussi rapidement leurs actions sur la Russie et la Chine ? Parce que ces deux pays sont en train d’attaquer le dieu-dollar et le temps presse, sans lui les USA s’effondrent. Nous en reparlerons. 

Le nucléaire militaire va malheureusement participer aux conflits 

Ses micro et mini-explosions font partie de la tactique militaire

Elles peuvent aussi servir à des actions hors conflit déclaré 

Pour déstabiliser psychologiquement un pays, une armée.

On comprend que les pays qui détiennent cette arme 

Ne veulent pas que les autres les aient ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon  

mercredi 2 septembre 2015

Les États-Unis seront la vedette de COP21 avec… le nucléaire !



Le Président Hollande déjà en campagne électorale compte tirer le maximum de bénéfices de la conférence sur le climat organisée à Paris en décembre. La France étant l’un des pays les moins pollueurs en CO2 on pourrait penser qu’il est normal que le monde entier se presse à Paris pour prendre en modèle le plan énergétique français si performant. On aurait pu penser que ce pays aurait mis en avant les raisons qui ont conduit à ces bons résultats, dus à l’énergie nucléaire qui économise des dizaines de milliers de tonnes de charbon. Jugez plutôt.

Une centrale nucléaire de 1000 MW produit 8760 milliards de kWh (1000000*24*365). La puissance énergétique de l’anthracite est de 9000kWh/T. La division de ces deux chiffres donne 973300 tonnes d’anthracite consommées par an. La Chine est le premier producteur de charbon au monde. Mais celui aussi où les accidents, dont le fameux coup de grisou, sont les plus fréquents. On estime dans le monde entre 10.000 et 15.000 le nombre de morts dans les accidents miniers. Mais le nombre de mineurs mourant prématurément est largement plus élevé, le chiffre de 500.000 est jugé probable. Donc le charbon tue beaucoup dès son extraction et les catastrophes minières en France sont encore dans les mémoires.

Les mineurs ne sont pas les seules victimes du charbon. Le public aussi. Car le charbon empoisonne l'air – notre air. En brûlant il émet soufre, microparticules, cendres, métaux lourds tels que mercure, arsenic, sélénium, plomb, et… radioactivité : une centrale à charbon ou à fioul rejette dans l’environnement 10 à 100 fois plus de radioactivité dans l'environnement qu’une centrale nucléaire de puissance comparable ! (REVUE TRIMESTRIELLE DE L'AGENCE INTERNATIONALE DE L'ENERGIE ATOMIQUE – Energy for Tomorrow – vol42-2 - Juin 2000 - Page 45 ). Une centrale à charbon de 1000 mégawatts électriques émet 500 tonnes de métaux lourds toxiques dont 5 tonnes d’uranium et 13 tonnes de thorium par an (Le nucléaire : Un choix raisonnable ? Hervé Nifenecker – page 159).

Mais les centrales au charbon sont aussi émetteurs de monoxyde et dioxyde d’azote qui sont des polluants atmosphériques nuisibles à la santé et à effet de serre. Citons aussi le dioxyde de soufre, responsable des pluies acides, qu’il est dangereux d’inhaler, d’ingérer ou d’avoir en contact de la peau et des muqueuses. Mais puisque le CO2 est responsable du cataclysme climatique qui nous est promis, parlons-en pour les centrales thermiques au charbon au nombre d’une dizaine en France. L’émission directe de CO2 est donnée à 88gCO2eq/kWh (chiffre d’EDF). Pour une centrale au charbon de 1000MW on trouve donc une émission annuelle de 770.000 tonnes de CO2. Donc l’objectif numéro un de COP21 devrait être de diminuer la production de polluants et de CO2 par tous les pays dont l’Allemagne qui a choisi la voie inverse et qui augmente sa production thermique, principalement à base de lignite, pour pallier l’intermittence des énergies renouvelables (EnR). L’émission de CO2 par l’Allemagne était de 70% supérieure à celle de la France sur la période 2011-2014 selon les chiffres de la Banque mondiale alors que celle-ci affiche 25% de l’énergie électrique produite par les EnR.

C’est bien dans les pas de l’Allemagne que va le plan énergétique français avec un arrêt progressif du nucléaire et une compensation par les EnR… donc une augmentation incontournable de la production thermique, de la pollution et du prix du kWh. Les responsables politiques allemands commencent à s’émouvoir de la facture énergétique de l’aide aux EnR qui serait de l’ordre de 28 milliards en 2015. D’autant plus qu’avec le prix du kWh le plus élevé d’Europe avec le Danemark, qui a choisi aussi les EnR, la compétitivité des entreprises allemandes est affectée (0,14 €/kWh en 2000 à plus de 0,29 €/kWh aujourd'hui). Certains économistes évaluent à 50 milliards le manque à gagner des entreprises. Promulgué par le gouvernement le mardi 18 août dernier, le texte de loi de transition énergétique porté depuis plus d'un an par Ségolène Royal, se veut l'instigateur d'un nouveau modèle énergétique français basé sur le développement des énergies renouvelables, et le renforcement des mesures d'efficacité énergétique. La France a donc choisi l’accroissement de la production thermique, la pollution, l’accroissement du CO2 et l’énergie plus chère pour se faire l’exemple… à ne pas suivre comme pays organisateur de COP21 !

Mais la fête ne sera peut-être pas aussi complète car le président Obama se dirige vers sa fin de mandat et il lui appartient de mettre les démocrates en bonne position. Il prépare un show sur le réchauffement climatique dans l’arctique mais plus sérieusement il a dévoilé le lundi 3 août dernier ses nouveaux objectifs en matière de réduction des émissions de CO2. Ce plan baptisé "Clean Power plan" prévoit notamment un retrait progressif de la production au charbon et le développement des énergies dé-carbonées, renouvelables et nucléaire. Si les EnR figurent dans le plan pour montrer la bonne volonté des États-Unis, principal pollueur avec la Chine, si les grandes étendues désertiques se prêtent plus facilement aux EnR qu’en France, il débloque des milliards pour conserver les centrales nucléaires actuelles et les deux en construction. Il va même plus loin puisqu’il promet des aides à la construction de centrales nucléaires nouvelles à hauteur de 6 Mds$ maximum. Il va fermer également des centrales… au charbon. Ce plan est évidemment controversé par les républicains qui mettent même en doute la réalité d’un changement climatique dû aux activités humaines et le besoin des EnR. Nous avons bonne mine en France où nous bradons le nucléaire. 

Le pragmatisme américain fera tâche d’huile 

L’Allemagne sera obligée de rétrograder

La Chine poursuit le nucléaire 

Et nous on rêve au soleil

Gare au réveil ! 

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

mardi 1 septembre 2015

Pourquoi Calais pose-t-il un problème migratoire ?



Le flux d’émigrés qui s’agglutinent à Calais est redevenu un problème depuis Sangatte, non pas que ce problème ait disparu pour réapparaître mais parce que le gouvernement s’en est désintéressé laissant la tâche aux municipalités concernées. L’errance de ces populations, la précarité de leur vie, la dangerosité du passage vers le Royaume-Uni étaient avant tout un problème de sécurité pour les autorités et de solidarité pour les personnes et associations qui les aidaient. Comme toujours les gouvernements nagent dans l’imprévision et ne réagissent que lorsque les difficultés ne peuvent plus être politiquement ignorées car elles font le buzz des médias. Mais quel politique se pose la question du pourquoi de Calais et de son goulot d’étranglement d’un flux migratoire qui s’enfle ?

Évidemment il y a la position géographique de cette ville qui est le point d’entrée idéal pour traverser le Channel par le tunnel. Mais pourquoi veulent-ils tous aller au Royaume-Uni, et refusent-ils pour la plupart de faire une demande d’asile en France ? C’est cela la véritable question qui devrait préoccuper nos politiques. Ceux-ci n’ont d’ailleurs qu’un minimum d’informations sur les entrées et sorties de notre territoire pour des périodes d’au moins un an contrairement au Royaume-Uni qui a un suivi mensuel où la distinction est faite entre l’immigration pour raison de travail, pour raison économique, pour raison de santé, pour regroupement familial, ou pour raison politique. Comme de plus nous ne pouvons avoir que des estimations sur l’immigration clandestine par définition, nos responsables politiques peuvent raconter n’importe quoi et ne rien maîtriser en réalité malgré les chiffres officiels sur les naturalisations par exemple. Nous nous moquons des grecs qui n’ont pas de cadastre mais nous n’avons pas en France des statistiques sérieuses et détaillées sur l’immigration. Nous sommes même le seul pays de l’UE à ne pas fournir ces informations à Eurostat, l’organisme européen de statistiques. 

Mais revenons à Calais, de toute évidence, on arrive à Calais parce que c’est au Royaume-Uni qu’est la réponse aux besoins de cette population d’émigrés. Le premier constat est que cette population est essentiellement composée d’européens de l’est, type roumains, bulgares. Le deuxième constat, que révèle les statistiques du Royaume-Uni, c’est que 46% d’entre eux émigrent pour des raisons économiques et que parmi eux 61% ont déjà un contrat de travail. Ce chiffre passe même à 80% pour des pays hors UE. Voilà qui éclaire l’engouement pour le RU alors qu’en France on nous parle de 9% d’immigration pour cette raison. Il est clair qu’il y a plus de possibilités de travail au RU qu’en France.

Le troisième constat c’est que du coup le niveau de qualification de ceux-ci est globalement plus élevé que celui des émigrés qui restent en France dont une très grande partie provient du Maghreb et l’Afrique subsaharienne. En France près de la moitié des émigrés arrivent au nom du regroupement familial et le constat est que dans les lieux de concentration des primo-arrivants le niveau de qualification est faible. On peut constater déjà que le problème migratoire ne se présente pas de la même façon au Royaume-Uni et en France. Par ailleurs l’insularité du RU rend difficile l’immigration clandestine, ce qui n’est pas le cas en France où les frontières sont très perméables par l’Italie et l’Espagne en particulier. 

Mais il y a d’autres raisons à l’attractivité du RU et certaines ne sont pas à notre honneur. L’anglais est un langage international qui est enseigné en Europe et connu en particulier dans le Moyen-Orient. La formation au français est en chute libre en Europe, comme j’ai pu le vérifier en Allemagne, alors que c’est la deuxième langue officielle de l’UE. On peut regretter que la défense du français ne soit plus à l’ordre du jour alors que cette langue ne cesse de progresser en Afrique, ce qui favorise l’émigration africaine vers notre pays. Une autre raison de l’attrait du RU est la qualité des universités anglaises qui attirent un flot d’étudiants. La cote de la France dans ce domaine est en baisse, en particulier par le manque d’investissements dans nos universités. On voit qu’il y a des leçons à tirer qui dépassent le problème migratoire. 

En conclusion le solde migratoire dans le Royaume-Uni est plus important qu’en France mais la nature des immigrés rend globalement plus facile leur intégration dans le monde du travail. On peut faire le même constat pour l’Allemagne. L’immigration française ne nourrit pas l’économie française comme celle du  Royaume-Uni. Le poids d’un regroupement familial d’individus globalement peu qualifiés fait de la France un pays d’accueil où l’on peut survivre sans travailler, ce qui ne veut pas dire que nos immigrés n’en cherchent jamais. Mais la faible croissance, la législation lourde du Code du Travail, et l’importance du nombre de personnes non qualifiées laissent peu d’espoir de ne pas voir cette jeunesse tomber dans la délinquance et le trafic de drogues, d’armes et autres. On ne peut avoir une politique migratoire commune pour l’ensemble des pays européens. Une fois encore on constate que le carcan de l’UE empêche de trouver des solutions rapides et adaptées à chaque pays. 

Calais n’est pas Vintimille et la France n’est pas le Royaume-Uni.

Les flux migratoires sont divers et plus ou moins supportables. 

Chaque pays regarde désormais ses frontières

Et la solidarité européenne devient 

Du nombrilisme ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon