vendredi 27 juin 2014

Le roi est nu et la Vème République évanescente !

A Bruxelles le Président normal Ier est parti à Canossa. Comme les bourgeois de Calais il demande de vivre en paix encore deux ans en remettant les clés de son pouvoir avec le cadeau du vote pour Junker en signe d’allégeance. Il quémande du temps, du temps jusqu’en 2016 pour mettre la France au pas de Bruxelles. Il avait annoncé le changement, il est en cours. Les clés du pouvoir ne sont plus à l’Elysée ! Il y reste les apparences, les dorures, l’apparat de l’accueil des chefs d’État du monde. Il est déjà habité par les spectres de ceux qui vont savoir que l’heure du « Le roi est mort, vive le roi » est proche. La Vals des prétendants œuvre tantôt dans l’ombre tantôt dans la lumière des médias. 

Hollande joue la phase ultime de « l’insouveraineté ». C’est un peuple désabusé qui contemple le strip-tease de son Président devenu un bonhomme « normal » radotant des certitudes de croissance et de ralentissement du chômage comme pour se convaincre lui-même de son infaillibilité. L’habit de grand chef de guerre qui a plastronné au Mali a été remis au placard d’Obama en Syrie. Son aide camp, Fabius, fait du tourisme plutôt que de la diplomatie. Son bras droit n’est qu’un perroquet qui se dissout dans le Hollandisme, attend son heure et complote en sous-main avec un paon qui détient la bourse et vante Alstom pour faire oublier Florange. 

Toute la Cour se répand en confidences, en critiques plus ou moins voilées, en soupirs de lassitude. Les scandales, les promesses non tenues et les couacs depuis l’affaire Cahuzac ont épuisé le crédit donné à l’investiture du Président. Le peuple attend, le corporatisme joue de la faiblesse du pouvoir. On espère dans une providentielle arrivée d’un nouveau chef dont le charisme enchanterait les médias et en qui on croirait de nouveau à des jours meilleurs… comme toujours. 

Hélas la désolation de la classe politique fait que le peuple est comme sœur Anne attendant son chevalier « il ne voit rien venir » dans sa ceinture « d’austérité ». Les affaires de l’UMP ne le cèdent en rien aux affaires du PS. Les partis se divisent en clans. Les forces de répulsion y sont supérieures aux forces d’attraction. Ce sont les contraires qui s’attirent. Les ouvriers communistes finissent par voter FN ! Les français qui votent par répulsion sont de plus en plus nombreux. On a voté Chirac pour ne pas voter Le Pen en 2002, comme Hollande pour renvoyer Sarkozy en 2012 et Bleu Marine pour se débarrasser de l’UMPS en 2014. On n’aime plus, on veut montrer que l’on déteste. 

Les représentants du parlementarisme ont aussi épuisé leur crédit, accrochés qu’ils sont à leur réélection et à la sauvegarde de leurs avantages plus qu’à la défense du Bien Commun. Ils s’y accrochent et ce d’autant plus que leur liberté de manœuvre, donc leur utilité, s’évanouit chaque jour pour passer à Bruxelles. La construction de l’Europe se traduit par la déconstruction de la démocratie au profit d’une technocratie au service de la mondialisation soutenue, non par les peuples, mais par ceux qui en profitent. Le Tiers État des roturiers, ceux des travailleurs et des classes moyennes, s’apprête au pire pour chasser les politiques, les affairistes et les banquiers avant que le licou du servage ne l’étrangle alors qu’on le prend déjà pour un peuple de c…. L’augmentation du chômage n’est pas dû au manque de croissance, comme le prétend le Ministre du travail, mais à l’incompétence et à la flagornerie de ceux qui nous gouvernent de plus en plus mal depuis quarante ans ! 

Le roi est nu et la Vème République évanescente. 

Nous vivons une nouvelle crise de régime, 

La crise identitaire d’une Nation 

Qui ne veut pas mourir !
 
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon


jeudi 26 juin 2014

La décomposition de la France n’est pas un hasard !

Il n’y a pas d’explication logique à la décomposition de la France et à l’émiettement des nations. Notre pays fait partie des nations qui ont les meilleures raisons de vivre dans la prospérité et d’exercer un poids international. Les pays qui ont compté dans le monde ont toujours eu des raisons liées à leur position sur la carte du monde, leurs ressources de leur sol, leur superficie et leur démographie. La puissance du Royaume-Uni tient à son insularité qui lui a fait parcourir les mers, celle de l’Allemagne à sa position au centre de l’Europe, celle des États-Unis aux richesses du sous-sol et à leur ouverture sur deux océans. La France avec sa position au centre des grandes puissances européennes, son ouverture sur les mers du nord, l’océan Atlantique et la Méditerranée, son deuxième domaine maritime mondial, son climat, a tous les ingrédients qui en font un pays privilégié. Alors que se passe-t-il ? 

La France est en décomposition et ses citoyens sont en passe de confier définitivement leur avenir à l’institution bruxelloise, elle-même en phase avec les USA qui la dominent par le dollar et militairement par l’OTAN. Aujourd’hui 26 juin et demain, François Hollande va demander un aménagement des délais de rééquilibrage budgétaire, demande pathétique… de faiblesse et d’aveux d’impuissance. Cette demande s’accompagne du vote de la France pour la candidature de Junker, le candidat soutenu par Angela Merkel. Toute la politique française socio-économique va être encadrée. On va y discuter les recommandations concernant les politiques budgétaires et les réformes structurelles autant dire des domaines essentiels de la politique française.
 
  • Poursuite de l’assainissement budgétaire, confirmation de l’objectif de déficit structurel de 0,5% du PIB et de baisse de l’endettement à 60% du PIB.
  • Plafonnement des retraites, baisse des prestations familiales par la voie de réformes soft. 
  • Réforme des aides au logement pour en faire baisser le coût pour le budget. 
  • Réduction du coût du travail, on sait ce que cela veut dire n’est-ce pas ? 
  • Réforme de nos aides à la recherche. 
  • Déréglementation des professions réglementées.
  • Suppression des niches fiscales. 
  • Suppression des subventions au diésel. 
  • Réforme territoriale pour économiser et supprimer les doubles emplois.
Etc. etc. On peut espérer quelques concessions mais le ministre allemand Schauble a été clair en rappelant que le dispositif « est déjà assez souple comme cela ». On va nous offrir la dernière cigarette du condamné. On voit que la politique de spoliation des travailleurs et de la classe moyenne se poursuit et que l’emprise sur les lois et la politique nationale s’accentue. Les recommandations initiales de Bruxelles deviennent des exigences puisque la crédibilité du pays pour les taux d’emprunt en dépend.

De plus, en même temps que l’on dépouille les nations de leurs droits régaliens, leur découpage, dont le nôtre, en parcelles quasiment autonomes est en cours. La création de « grands duchés », plus facilement manipulables, est en voie de réalisation en France. Une fois le découpage fait, il ne restera plus qu’à transférer l’argent et les pouvoirs. L’État sera nu. Or cela coïncide avec la partition générale des nations faibles ou trop fortes au gré de décideurs supérieurs qui veulent se rendre maîtres du monde. Les deux deviennent la proie d’une politique concertée. 

La Yougoslavie est détruite, l’URSS dépouillée de ses républiques, l’Afghanistan ramené vers le chaos comme la Libye, la Tunisie est asservie, la Syrie se dirige vers une partition de fait, l’Ukraine et l’Irak également. L’OTAN resserre son étau sur le bloc Russie, Chine, Inde. Il devient clair que nous sommes devant un Grand Projet de déconstruction du monde. L’Europe de Bismarck est en devenir et impose ses conditions à toutes ses nations, hors le Royaume-Uni dont la puissance financière de la City est au service du Grand Projet qu’anime les Puissances de l’Ombre des grands banquiers et des multinationales. La puissance militaire des USA garantit la réussite du projet et son maintien dans le temps. Le néolibéralisme, comme système mondial qui a ses clubs (Bilderberg, Trilatérale), est une nouvelle guerre de conquête de territoires, donc des ressources humaines, énergétiques et minières au profit de quelques-uns et de leur Cour ! 

Si la France fait partie du Grand Projet 

De décomposition et de destruction 

D’un monde ancien des États, 

La lecture des évènements 

Devient alors limpide. 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

mercredi 25 juin 2014

Irak, Ukraine, TTIP, TSCG, chômage, la France à la remorque !

Qui ne s’intéresse pas à la géopolitique ne voit que les ombres sur le fond de la caverne, ombres qui masquent les grimaces et expressions des acteurs dans la lumière. Nous sommes saoulés de commentaires sur le Mondial, les basses affaires politiques, les meurtres suspects. Mais l‘information géopolitique se fait rare si ce n’est pour expliquer le bien-fondé de telle ou telle intervention extérieure, de telle ou telle signature de traité, de tel ou tel déplacement réussi du Président à l’extérieur, etc. Mais une analyse critique des axes fondamentaux de la politique étrangère et économique française dans la mondialisation en cours ne fait guère l’objet de commentaires. C’est comme si le peuple ne pouvait comprendre ce qui ne peut l’être que par des élites politiques. 

La politique du mensonge par omission, les promesses non tenues sur le chômage et les impôts, et les chargés d’études qui s’entassent dans les tiroirs mais permettent d’alimenter financièrement les copains et copines, les réformes sur des sujets de société avec déni de démocratie, les incursions en pays étranger sans soutien de l’Europe mais avec la satisfaction d’être remercié par les américains, etc., n’aboutissent qu’à une popularité du Chef de l’État en baisse quasi continue. Le peuple est mis à l’écart et il le lui rend bien. 


La France va mal, les perspectives ne sont pas bonnes. L’INSEE vient de donner sa prévision de croissance pour 2014 avec un 0,7% au lieu du 1% prévu, après une croissance nulle au premier trimestre, qui laisse peu d’espoir sur la baisse du chômage. Les investissements et la consommation des ménages ont baissé de 0,5%, les Français ont retiré plus qu’ils n’ont mis sur l’Épargne en mai, le commerce extérieur est toujours très déficitaire. La croissance de l’UE, hors Allemagne, n’est pas plus brillante et celle mondiale est revue à la baisse, pendant que la croissance américaine incite la Fed à maintenir des taux d’emprunt bas et déverse toujours des dizaines de milliards de liquidités sans souci de la dette américaine qui pulvérise les records. 

Dans ce contexte extérieur, la France affublée d’un contexte intérieur de pays au bord d’évènements graves pour son économie et également pour ses prestations sociales, retraites comprises, remet les clés de son économie entre les mains de Bruxelles, où l’Allemagne impulse sa vision économique. Bruxelles se fait de plus en plus exigeant et le Conseil Européen des 26 et 27 juin va se voir soumettre, en vertu du traité dit TSCG (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance) et dans le cadre procédural du « semestre européen », une série de recommandations par pays, visant à guider les États membres dans leurs politiques budgétaires et de réformes dites « structurelles ». Je laisse la parole à Jean-Pierre Chevènement qui fait une analyse inquiétante du texte proposé par la Commission Européenne :

« Pour la France, c’est une mise à la diète généralisée : effort d’économies budgétaires accru, plafonnement des retraites, rationalisation des allocations familiales et des aides au logement et, curieusement, réforme territoriale, comme si celle-ci pouvait générer des économies propres à réduire le déficit du budget à 3 % du PIB en 2015. Objectif évidemment hors d’atteinte quand on sait que le déficit sera encore de 4,1 % en 2014 du fait d’un tassement de 14 milliards des rentrées fiscales par rapport aux prévisions. 

Viennent ensuite parmi les recommandations la réduction du coût du travail, la mise en cause du crédit impôt-recherche, la déréglementation des professions, l’ouverture des services à la concurrence, la hausse des tarifs du gaz et de l’électricité, la réduction des niches fiscales et l’élimination des seuils, la suppression des subventions au diésel, la réforme du système d’allocation-chômage. » 

C’est la mise en tutelle généralisée de la démocratie républicaine, c’est le resserrement du « cadenassage » de nos choix politiques. La France est à la remorque de Bruxelles et le TSCG montre bien désormais les craintes qu’il avait suscitées. Mais la tutelle de Bruxelles, largement influencée par l’Allemagne, ne touchait guère à notre politique extérieure jusqu’à présent. Avec l’Ukraine, l’UE s’est engagée dans une politique d’extension à l’est largement impulsée par les USA et nous coupe progressivement de la Russie. Le nombre de morts chez les pro-russes et les populations en fuite a largement dépassé ceux du côté ouest de ce pays. Le nouveau président continue à combattre plutôt qu’à œuvrer pour le plan de paix qu’il a signé. Notre action là-bas n’a pas fait avancer la démocratie mais elle permet à l’OTAN de s’approcher des frontières russes en fournissant déjà une aide militaire au nouveau régime. 

Avec l’Irak nous ne faisons que suivre la stratégie américaine qui laisse se développer l’attaque sunnite tout en prétendant soutenir le régime de Bagdad. La France est absente cachée derrière les USA, après avoir voulu intervenir en Syrie pour être finalement abandonnée par Obama. Elle est à la remorque dans une attitude de perroquet des USA. Nous avons voulu être aussi en première ligne et menaçant envers l’Iran alors que désormais les États-Unis sont en phase de pourparlers avec ce pays dans un double jeu sunnite-chiite. La France a le tournis mais pas de politique propre et audible comme si désormais nous n’avions plus d'intérêts propres à défendre. 

Quand le paquebot France prend l’eau 

Quand les matelots n’écoutent plus 

Il doit être remorqué en cale sèche. 

Et leur capitaine mis aux arrêts. 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF Languedoc-Roussillon