samedi 23 novembre 2019

Ça sent Varennes et la fin de règne

Brigitte a peur dit la gazette. Serait-elle plus consciente de la levée du peuple que Marie-Antoinette ?  Son époux, le maître des horloges serait-il moins aveugle que son royal prédécesseur l’horloger Louis XVI qui est resté serein dans un confortable aveuglement ? Pourtant Paris sent la poudre et les fourches se lèvent dans tout le pays. Le Tiers-Etat gronde pendant que la religion écologique se prend les pieds dans ses contradictions et participe au mauvais « climat » actuel. Les bobos, la nouvelle noblesse, sont toujours là pour soutenir leurs acquis et fustiger les fauteurs de troubles. Ils ont de la commisération de bon aloi pour les Gilets Jaunes lorsqu’ils défilent en silence dans les rues des villes et n’arrêtent pas les automobilistes sur les ronds-points, ou mieux lorsqu’ils distribuent des produits du terroir. Les GJ manifestent sans raison valable mais ils ont raison quand ils le font sans bruit ont-ils dit toute cette année. Le Medef a dit avoir tourné la page des Gilets Jaunes, comme Marie-Antoinette disant que si les Parisiens n’avaient plus de pain, ils n’avaient qu’à manger de la brioche. C’est quand les Champs-Elysées sont mis à sac et l’Arc de Triomphe couvert de graffitis aux yeux du monde éberlué poussant Macron à envisager d’être extradé en hélicoptère, que les milliards pleuvent sur les gueux. La violence policière ? C’est regrettable mais ils n’avaient qu’à ne pas détruire le mobilier urbain, on ne leur aurait pas crevé les yeux avec des armes de guerre qui permettent de viser juste. D’ailleurs leur nombre et leur agressivité a obligé l’Etat à utiliser des forces de l’ordre inexpérimentées pour ce matériel d’attaque ciblée. C’est bien la faute des manifestants de pousser les forces de l’ordre à cette extrémité. Non ?

Les 10 milliards lâchés sur les consommateurs à faible revenu n’ont pas fait diminuer la pauvreté mais ont d’une part donné un coup de pouce à la croissance et pour une autre part enrichi les actionnaires et augmenté le butin dans les paradis fiscaux. Les premiers milliards ont donc profité à l’économie montrant que l’économie de la demande faisait mieux que celle de l’offre avec le CICE de 40 milliards ! Au moins certains citoyens peu aisés en ont profité en même temps que les entreprises. Mais le maître des horloges cajole toujours les entreprises avec l’argent du peuple. Les grands financiers, banquiers et multinationales sont encore là pour exiger toujours plus avec leur main mise sur l’Union Européenne et ses Commissaires. La politique d’austérité à l’allemande est toujours là pour exiger de serrer la vis au peuple, pourvoyeur des largesses publiques aux entreprises. On subventionne toujours le privé pour construire des sites de panneaux solaires comme à Piolenc, où on laisse l’exploitation à une entreprise privée qui se fait payer le kWh trois fois le prix du prix de vente imposé par l’Etat qui ponctionne ensuite le citoyen par une taxe sur le kWh ! Tout cela conduit d’une façon générale à acheter des panneaux à la Chine ou à accepter un surcoût d’une fabrication européenne tout en augmentant notre dépendance aux terres rares indispensables que la Chine détient à 80%. L’Etat poursuit des objectifs coûteux dans une idéologie à base de catastrophisme alors que, grâce au nucléaire elle fait partie des pays vertueux en production de CO2. Cette folie, dans un pays qui ne maîtrise même plus son déficit public et vend la France à la découpe, comme les aéroports, Alsthom, qui ont un intérêt stratégique, ou des sociétés qui rapportaient à l’Etat, comme la Française des Jeux, agit comme un surendetté allant vendre ses bijoux de famille chez ma Tante pour payer des dettes de jeux. 

Cette dépense pour sauver le climat qui engage une dizaine de milliards chaque année et renchérit le coût du kWh est-elle si déraisonnable ? L’émission annuelle de CO2 par la France est de 0,93% par rapport à l’émission mondiale. Le pays en tête du volume d’émission en 2017 est la Chine avec 28,2% qui émet deux fois plus que les Etats-Unis. Mais arrêtons-nous sur ce graphique à partir des données fournies par l’OCDE. Le premier constat est que les deux premiers pollueurs représentent à eux deux près de 43% des émissions de CO2. Ce qui veut dire qu’une hausse de 2,2% de leurs émissions efface un effort de 100% sur l’émission française, soit une France complètement décarbonée. Or la Chine a augmenté ses émissions de 2,1% en 2017 effaçant ainsi l’effort français et ses milliards dépensés. On voit combien ceux-ci ont un effet ridiculement faible par rapport à la désinvolture de la Chine qui s’engage… à atteindre le maximum de ses émissions en 2030 tout en signant l’accord de Paris de 2015. De plus la France fustige sans vergogne les Etats-Unis qui se sont retirés de cet accord, alors qu’il est le seul grand pays à avoir diminué ses émissions de CO2. L’effort de réduction des émissions consenti par ce pays depuis 2007 représente un tonnage 15 fois supérieur à celui fait par la France alors que dans le même temps la Chine a augmenté ses émissions d’une valeur 91 fois supérieure à la réduction française. Si l’on vise la décarbonisation, l’augmentation des émissions chinoises réduit à néant les efforts faits par la France qui s’épuise financièrement en vain et augmente sa dépendance au pays le plus pollueur du monde. La France est le Don Quichotte de la décarbonisation. Au passage on peut faire une autre remarque à partir de graphique. Les émissions de CO2 sont visuellement croissantes depuis 1971 avec une croissance de 3,2%/an de 1971 à 1978. Or le réchauffement climatique n’a brutalement commencé qu’après 1978 et dans un premier temps jusqu’en 1998. Ces 7 années ont donc carbonisé la planète sans effet sur la température globale. De même les émissions ont crû de 2,4%/an de 1998 à 2013, période de 15 ans de stabilité des températures. J’attends toujours qu’une explication soit donnée au fait que le CO2 peut croître sans que la température globale évolue sur de longues périodes. 

Mais on peut regarder les choses sous un angle différent en s’intéressant aux émissions par habitant dans les mêmes pays. On constate alors que ce sont les Etats-Unis qui émettent le plus par habitant, ce qui était prévisible mais aussi que le citoyen allemand émet à peine deux fois moins que ces derniers et que le Chinois a eu une rapide croissance de la pollution depuis 2000 puis une stagnation depuis 2013 tout en restant près de trois fois plus émetteur que le Français. Mais on peut faire une autre constatation c’est que pour l’Allemagne et la France la baisse des émissions est continue depuis 1980 alors qu’aucun plan de développement des énergies renouvelables n’était mis en œuvre à cette date. Il n’y a donc pas corrélation entre l’arrivée des EnRia et la baisse des émissions de CO2. Au contraire la corrélation entre le taux de croissance et la baisse des émissions est forte puisque la France est passée d’une croissance à la Chinoise de 2015 en 1980 à une croissance de 1,5% en 2018. On voit nettement l’effet de la chute de la croissance du PIB sur la baisse des émissions et l’effet inverse sur la progression des émissions chinoises. En conclusion non seulement la France ne participe que très peu à la baisse des émissions de CO2, tout en y investissant globalement une centaine de milliards d’argent public et privé d’ici 2030, mais l’effet des énergies renouvelables est largement masqué par la variation du taux de croissance qui est prépondérant sur la variation des émissions.

Si j’ai parlé longuement de la transition énergétique c’est qu’il s’agit de fortes sommes engagées dans un climat général d’austérité où les mesures annoncées ne sont ni de nature à donner globalement un meilleur pouvoir d’achat, ni un meilleur service public, ni des prestations sociales financièrement plus élevées. Une révision complète du plan de transition énergétique s’avèrerait une économie importante car elle est au premier rang des dépenses inutiles quand on en est à vendre le patrimoine de la France. En effet la France est au bord de la révolution et le nombre de corporations qui sont touchées et mobilisées ne cesse d’augmenter et atteint même les professions libérales qui voient leur statut devenir non protégé par rapport à la concurrence étrangère que demande l’UE. Les retraites, la santé et la sécurité sont désormais au cœur des préoccupations des français. L’échafaudage complexe de mise à plat des systèmes de retraite cache mal les intentions du gouvernement qui compte bien continuer à faire ce que lui demande l’UE. Faire travailler plus, pour gagner moins (exemple : les heures de nuit comptées à partir de minuit au lieu de 21 heures), et continuer à éroder les retraites grâce à un système à point. Un point qui ne suit pas l’inflation permet au gouvernement de baisser en douceur les retraites. Mais c’est sans doute dans les professionnels de santé, et dans l’enseignement que le mal est le plus profond. Mal payés, en nombre insuffisant et mal équipés, ces salariés offrent une vision désolante de ce qui représente la base de l’ancienne réussite française. La situation ne peut que se dégrader avec une médecine de ville qui manque de médecins et des enseignants dont le recrutement est de plus en plus difficile par manque d’attractivité de ce métier. Les urgences explosent et les étudiants sont condamnés à privilégier les petits boulots par rapport à leurs études. La qualité du service des hôpitaux se dégrade et le personnel doit faire front à des patients devenus agressifs. Dans l’enseignement les changements frénétiques et l’obligation dans le secondaire de faire des séances multidisciplinaires augmentent le temps de préparation des enseignants qui doivent se coordonner.

Le gouvernement est en pleine panique devant une situation de fond qu’il n’a ni anticipé ni maîtrisé en se lançant dans de grandes réformes comme la réforme de l’impôt qui n’amène rien au quotidien des français et dont le but n’était que récupérer de l’argent et de répondre aux directives de Bruxelles. Il y a de plus en plus de pauvres qui arrivent dans les associations caritatives, les plus pauvres sont de plus en plus pauvres et cette réforme ne leur a rien amené. La panique est telle que Macron annonce que les 3% du budget sont dépassés pour avertir qu’il ne lâchera plus rien, quand son Premier Ministre dit lui que son déficit budgétaire reste à 2,2%, alors que la Commission Européenne annonce que les budgets de la France et de l’Italie ne peuvent être acceptés comme tel. Belle cacophonie annonciatrice d’un pouvoir chancelant. En fait Macron veut faire sauter le blocage du déficit à 3% du PIB mais va se heurter de front à l’Allemagne soutenue par tous les pays qui réduisent drastiquement leur déficit. Le budget ne réduit pas les avantages financiers accordés aux entreprises et en particulier aux multinationales pendant que les Gilets Jaunes se font toujours entendre. L’explosion des sommes gagnées par les grands actionnaires, la croissance des dépenses de l’Elysée, la majoration des avantages financiers aux députés, sont autant de marqueurs symboliques qui montrent aux moins aisés qu’ils ne sont que des vaches à lait par leur travail et le paiement de leurs impôts et taxes.

Le boniment sur la retraite utilise le même faux argument que pour les 35 heures basé sur une logique de 1er degré. Souvenez-vous les 35 heures payées 39 devaient créer des emplois selon une simple règle mathématique dite de bon sens. Cela a eu pour effet d’handicaper les petites entreprises sans pour autant donner une baisse de 10% du chômage selon la règle mathématique évoquée, de désorganiser pour longtemps des services publics comme les hôpitaux, et de porter un mauvais coup au commerce extérieur. On nous a vendu de la même façon le CICE avec ses 50 milliards versés aux entreprises et la promesse de création d’un million d’emplois. Le résultat se serait limité aux mieux à 200 ou 250 milliers d’emplois nouveaux grâce au merveilleux principe du ruissellement. Ce principe veut que les entreprises sont créatrices de richesse, donc si on les aide elles le rendront au centuple. Tout cela se termine en réalité par une simple stagnation du chômage, selon le comptage des demandeurs d’emploi publié par la Dares. Aujourd’hui, c’est une autre fausse évidence qui nous est donnée : « Nous vivons plus vieux donc nous devons travailler plus ». Cette affirmation présuppose que l’espérance de vie continue de croître. Ce n’est plus vrai depuis 2015. De 2014 à 2016, l’espérance de vie a diminué de 0,4 ans passant de 82,67 ans à 82,27 ans selon l’INSEE. Donc ce raisonnement pouvait encore tenir en 2014 mais il n’est plus de mise en 2019. D’ailleurs les tenants du catastrophisme y voient l’effet de la pollution, de la mauvaise alimentation, du stress au travail, de la surutilisation des médicaments, etc. et prévoient le pire.
Si l’on peut justifier le poids financier futur des retraites par l’augmentation de l’espérance de vie, il faut se pencher sur la pyramide des âges qui fait apparaître depuis 7 ans une baisse du nombre d’enfants à la naissance. Entre 2012 et 2018 le nombre de nouveau-nés a diminué de 102 400 soit de 2,21%/an. Ce qui veut dire qu’un problème d’origine démographique va se produire au-delà de 2025. On peut ainsi prévoir que la population en âge de travailler va augmenter de 0,33% par an jusqu’en 2025 et viendra nourrir la population en activité plus que celle des retraités. Enfin le poids de la population des 0-15 ans diminue et donc son poids financier. En conclusion l’urgence de la réforme des retraites pour en diminuer le coût n’a aucune raison d’être avant 2025, car l’espérance de vie n’augmente plus et la population en activité n’est sensible qu’aux variations du chômage et aux apports choisis de population immigrée capable de travailler. On peut raisonnablement mettre en doute les chiffres vagues mais alarmistes du déficit du système des retraites d’ici 2025 à partir de ces constats. Mais la situation démographique de la France est en passe de se dégrader comme en Allemagne, qui a dû faire appel à une immigration massive aves ses conséquences sur la sécurité. Cette dégradation démographique depuis 7 ans va commencer à faire sentir ses effets à partir de 2030 sur le paiement des retraites ! 

En conclusion le pouvoir mène une opération destinée à permettre de globalement diminuer le poids des retraites en repoussant l’âge de fin d’activité et en limant les régimes spéciaux à partir de la fausse raison d’une augmentation de l’espérance de vie et de l’utiisation du sentiment d’inégalité des retraités. Au passage il donne aux entreprises un volant de main-d’œuvre supplémentaire dans une conjoncture où le chômage stagne leur permettant de peser sur les salaires. C’est une arnaque comme celle des 35 heures qui ont eu au moins le mérite de diminuer le temps de travail à défaut de faire baisser le chômage en plombant l’économie française. Pire le pouvoir ne prend pas en compte la situation démographique qui va peser très rapidement sur le nombre de personnes susceptibles d’être au travail par suite d’une sortie pour fin d’activité supérieure à l’entrée des nouveau-nés. Au lieu de relancer une politique familiale permettant de maintenir la population, le pouvoir s’engage dans une politique d’immigration de type allemand sans tenir compte des problèmes sociétaux que cela va engendrer. Enfin repousser l’âge de la retraite présuppose que la France manque de main-d’œuvre, ce qui n’est pas encore le cas globalement quand on a l’on a un des taux de chômage le plus élevé des pays de l’UE. La plupart des personnes en fin de carrière vont se voir préférer des jeunes moins payés dans le privé et vont grossir le chômage. Comme par ailleurs le contexte économique futur est défavorable il n’y a pas d’espoir d’augmenter sensiblement le nombre d’offres d’emploi actuel.

Décidemment Macron ne pense au peuple en dehors de ses beaux discours que comme des bêtes de travail corvéables de plus en plus par les entreprises pour les préparer à l’arrivée massive des robots qui les remplaceront. De plus il prend des dispositions qui mettent la pression sur le montant des salaires dans le public et le privé. On voit le personnel enseignant, le personnel de santé, les pompiers et même les policiers au bord de la révolte. Les usines ferment, les plus stratégiques passent dans des mains étrangères, les campagnes se désertifient et cette désertification est accentuée par la disparition des services publics. La Sécurité sociale passe de plus en plus aux mains des privés, comme les infrastructures de transport routier, aéroportuaires, ferroviaires et barrages hydrauliques, toutes vitales pour le pays mais qui permettront aux privés de disposer d’une arme de subordination de l’Etat. Les verrous du déficit sont en train de sauter, le déficit du commerce extérieur est toujours très lourd et appauvrit la France. De plus l’économie vit principalement sur la consommation intérieure boostée en début d’année par une partie des milliards déversés grâce aux Gilets Jaunes. Elle montre ainsi toujours notre manque de compétitivité. Les initiatives de Macron sur les autres pays européens sont de plus en plus mal reçues et l’Allemagne ne lui pardonnera pas d’avoir voulu prendre le leadership au moment où Angela Merkel est en difficulté. Ses critiques de l’OTAN, sa main tendue à la Russie sont mal perçues par les pays de l’Est autant que sa bouderie envers Trump, comme ses initiatives avortées sur les travailleurs détachés.

J’ai voulu montrer que, dans un contexte de dépenses inutiles et d’orientations conduisant à l’impasse, dans un contexte économique mondial moins favorable et une Allemagne devenue plus prédatrice à cause de ses difficultés économiques, dans une France qui se fracture par le corporatisme, et le choc culturel, et cultuel de l’implantation d’une nouvelle civilisation en cours de développement, dans la montée de la précarité des plus démunis, un mouvement révolutionnaire se prépare. Aies peur Macron !

Ça sent Varennes et la fin de règne

Le temps de tes beaux discours

Se heurte aux dures réalités

Subies par tant de Français

Qui voient leur avenir grec !

Claude Trouvé
22/11/19

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