samedi 27 octobre 2012

L’idéologie qui a cassé l’école !

Nous gardons le souvenir de l’idéologie nazie de perfection de la race et celle plus proche de l’idéologie marxiste, dont les aspects totalitaires ont engendré les pires catastrophes. Mais il reste dans notre Europe et particulièrement en France des pensées idéologiques qui marquent certains secteurs de la politique. On peut y mettre la « pensée unique » qui engendre une perte de démocratie. Il existe aussi un autre domaine où une idéologie pernicieuse règne encore depuis les années soixante et dont on voit les dégâts dans la faillite relative actuelle de l’Education Nationale.

D’une nation réputée pour la qualité de son enseignement et de son élite, nous sommes désormais passés  presqu’au dernier rang de l’Europe pour l’apprentissage de la lecture, du calcul et des sciences de la terre. La reconnaissance de nos universités et de nos écoles sombre dans les profondeurs du classement international. Si l’on exclue le domaine de nos élites mathématiques, le bilan est plutôt désastreux.

Tout avait apparemment pourtant bien commencé en 1947 avec le plan Langevin-Wallon, d’inspiration communiste, de l’égalité des chances en matière d’accès à l’éducation. La mise en œuvre de ce plan fut progressive jusqu’en 1977 pour se terminer avec la réforme Haby sous Valéry Giscard d’Estaing. L’idée voulait que tous les enfants de France, quelles que soient leurs aptitudes intellectuelles ou leur milieu social, puissent avoir les mêmes chances de succès. On a créé un tronc commun, composé de l’école élémentaire, puis du « collège unique ». Lionel Jospin a parachevé ce dispositif en exigeant la limitation maximum des redoublements créant une filière unique donc mais un même temps.

Autrement dit en mettant tous les élèves socialement, intellectuellement différents dans le même moule, on espérait en sortir une pâte beaucoup plus homogène. Malheureusement les sociologues savent que l’on aboutit au résultat inverse. Comme en mathématiques, si vous multipliez chaque nombre d’une série de nombres par trois, vous obtenez une nouvelle série de nombres plus écartés que la série initiale. Le traitement uniforme n’aboutit pas à une réduction des inégalités mais à une aggravation.

Les élèves largués, humiliés sont vite découragés et marginalisés. Ils ne vont quitter la voie royale que par l’échec et sombrer dans la désespérance, voire la délinquance. 20% d’une classe d’âge ne décroche aucun diplôme. Nous sommes bien là devant l’application d’une idéologie qui a une vision abstraite et simplifiée de la réalité, une volonté d’abolir à toutes forces les différences, un objectif utopique de perfection et une injure à la nature qui a fait des individus dont l’intelligence est de niveau et de type différent, qu’on le veuille ou non.

A ces aspects idéologiques s’ajoute celui de l’intolérance, que j’ai pu personnellement apprécier, rejetant avec mépris toute idée contestataire. Le constat que certains élèves pouvaient être avantagés par leur milieu familial dans les disciplines littéraires et le comportement civique a eu pour résultat de diminuer l’effort sur l’orthographe, l’expression verbale et la bonne tenue en général ! Le résultat est que ceci porte plutôt tort aux enfants qui ne retrouvent pas d’aide dans ces disciplines au sein de leur famille. Après l’abandon partiel de la discipline, de l’enseignement moral et civique, seules les familles ayant une solide assise intellectuelle et morale ont pu y suppléer.

Il faut ajouter l’application de toute une série de principes issus d’une pédagogie à prétention scientifique : l’apprentissage de la lecture par la méthode globale, le discrédit des exercices de mémoire, l’abus des mathématiques modernes, les surcharge des programmes par la surenchère des différents spécialistes, etc. La méthode globale, issue du constat qu’un adulte alphabétisé ne lit plus en décomposant les syllabes, en a fait une méthode d’apprentissage de la lecture. On n’interdit pas à un enfant de marcher à quatre pattes sous prétexte que l’adulte marche sur deux.

Si l’on ajoute à cela « le mammouth bureaucratique » et la prolifération de ceux qui savent : conseillers, inspecteurs, chercheurs, vulgarisateurs, on voit que la liberté de manœuvre des enseignants est réduite au minimum et les budgets alourdis au maximum. De plus on crée chaque année un climat de déstabilisation de l’élève et de l’enseignant en changeant les programmes, les méthodes, les rythmes et les temps scolaires, et le cursus scolaire du métier d’enseignant. Enfin le refus de sélections débouchant sur des filières différenciées et ouvrant la voie à l’apprentissage et aux filières techniques avant le baccalauréat crée une population de fin d’études secondaires qui va errer sans succès dans les études supérieures.

On mesure combien une idéologie poussée aux extrêmes peut être perverse et aboutir à des solutions qui défient le bon sens, dont les résultats sont calamiteux. Elle aboutit à une école de la quantité et non de la qualité, à une aggravation des inégalités, à un découragement des enseignants et à une baisse significative des candidats à la profession. Comme on relève les notes des bacheliers pour atteindre le quota de reçus, on fait de même pour les candidats-professeurs. C’est ainsi que devant l’afflux des bacheliers en première année d’université on va relever les notes des copies d’examen pour accéder en deuxième année… et ainsi de suite !

Le but de l’école est de préparer un élève à un métier

Dont la société a besoin et qui lui convient au mieux

Dans une éducation morale et civique de bon citoyen.

C’est là qu’idéologie et pragmatisme se différencient.

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

vendredi 26 octobre 2012

Le dogme européen et le rêve socialiste

Trois évènements importants viennent de se produire en Europe et plus particulièrement en France. Le premier est le sommet européen des 18 et 19 octobre 2012 et les deux autres sont, d’une part l’intervention dans les médias du Président Hollande le 25 octobre, et d’autre part l’affrontement médiatique pour le poste de président de l’UMP entre Fillon et Copé. Ces trois évènements avaient été précédés par l’interview du Président de la République à l’Elysée par les médias.

De cette dernière interview il faut noter ces phrases : « Sur la sortie de la crise de la zone euro, nous en sommes près, tout près. […] Plus personne aujourd’hui ne pense que l’euro va disparaître ou que la zone va éclater. Mais la perspective de son intégrité ne suffit pas. Maintenant, nous devons sortir de la crise économique. L’union politique, c’est après, c’est l’étape qui suivra l’union budgétaire, l’union bancaire, l’union sociale. »
La crise est derrière nous… Refrain maintes fois entendu !

« Les “jeunes pousses” de la reprise sont déjà bien visibles » [Ben Bernanke, 15 mars 2009]
« L’euro est une devise solide, crédible, qui a assuré la stabilité de la zone pendant plus de dix ans. L’euro n’est donc absolument pas en danger. » [Christine Lagarde, Davos, 20 mai 2010]
« L’euro a franchi le cap, et la zone euro a désormais le pire de la crise de la dette derrière elle. » [Christine Lagarde, Davos, 29 janvier 2011]
“Le pire de la crise est derrière nous. Depuis trois mois, nous avons offert des perspectives, il y a une vraie volonté de restaurer la confiance” [François Baroin, 12 mars 2012]

L’Europe politique quand tout sera coordonné laisse à penser que cela va de soi de tout coordonner quand il n’y a pas d’union politique. On sait déjà que la Grande-Bretagne ne l’acceptera jamais et les nationalismes se font de plus en plus jour dans les négociations européennes. Le paysan sait lui qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs et que c’est déjà ce que l’on a fait avec la monnaie unique.

Le « Tout va très bien Madame la Marquise » du sommet européen, enrubanné d’un prix Nobel de la Paix, cache en fait un échec cuisant. L’Union bancaire, que demandait François Hollande dans l’urgence, est repoussée au mieux au 1er janvier 2014 vu les obstacles juridiques et les réticences de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Autrement dit, le projet d’une Union bancaire comme instrument de résolution de la crise des banques espagnoles, grecques et portugaises a lamentablement échoué. Pendant ce temps les mauvaises dettes s’accumulent et seront de 270 milliards d’ici 2014 pour les seules banques espagnoles. L’aide directe du MES, qui était sérieusement envisagée pour l’Espagne, se trouve de fait reportée après la mise en œuvre de l’Union bancaire contrairement au vœu pieux du communiqué final.

En ce qui concerne la Grèce, sa demande de report à deux ans des exigences de déficit public n’a pas été acceptée même si, pour éviter sa faillite à mi-novembre, les 31 milliards promis seront versés. On repousse son problème au mois de janvier 2013, on a seulement gagné du temps. Le bilan n’est pas glorieux et, mis à part la Grande-Bretagne qui donne quelques signes encourageants, tous les pays en difficulté continuent de s’enfoncer dans la crise… et dans le chômage.

C’est toute la différence entre la France et l’Allemagne. La France, particulièrement socialiste, raisonne dans le carcan d’une idéologie, sa voisine dans un pragmatisme anglo-saxon. Cette attitude nous masque les réalités et quand nos élites la voit, il se garde bien de le faire savoir aux citoyens qui ne sont pas suffisamment formés pour la chose politique et encore moins économique.

Hollande a bien glissé une phrase sur une évolution de l’Europe aux cercles concentriques, avec un noyau dur. Fillon a parlé d’une zone euro plus resserrée. Ceci sonne comme un aveu de l’impossibilité de faire fonctionner l’Europe telle qu’elle est construite actuellement. Mais l’euro reste indestructible… sauf que, comme c’est un postulat, cela n’a pas besoin d’être démontré. Circulez, il n’y a rien à voir !

L’avenir se plie rarement à leurs rêves des politiques

Et lorsqu’ils nous font rêver, c’est pour nous endormir !

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

jeudi 25 octobre 2012

Aux commandes de l’avion France, les pilotes sont-ils brevetés ?

Quand on monte dans un avion d’une compagnie reconnue, on a le sentiment de confier sa vie à des professionnels confirmés par des diplômes professionnels garantissant leur compétence. Dans notre pays nous votons pour des supposés compétents et cela pour cinq ans, sans possibilité de changer notre choix. A-t-on vraiment depuis près de quarante ans des pilotes de l’avion France qui soient compétents ? Il est permis d’en douter et le dernier locataire de l’Elysée n’est pas fait pour nous rassurer.

Quelles sont les tâches régaliennes les plus importantes que nous leur confions ?
  • Le Budget de la nation dont nous attendons qu’il soit équilibré tout en étant le gage d’une politique économique qui accroisse notre pouvoir d’achat, qui maintienne au moins la France à son niveau de puissance économique et un modèle social budgétairement équilibré sur la base de la solidarité nationale.
  • La Politique étrangère qui garantisse à la France son indépendance dans les choix stratégiques et lui maintienne un rayonnement facilitant ses exportations et ses approvisionnements énergétiques mais aussi la diffusion de notre langue.
  • La Défense dont l’efficacité est liée aux moyens mis en œuvre et aux avancées françaises technologiques et scientifiques et se concentre sur la défense du territoire français, y compris hors métropole, dans le respect des alliances, en investissant dans les moyens adaptés aux objectifs.
  • La Justice, dotée des moyens nécessaires, dont on attend une indépendance par rapport au pouvoir, une efficacité dans les délais de jugement des affaires et dans la juste application des peines réellement appliquées.
  • La Sécurité intérieure qui garantit à chacun des citoyens de vivre dans un pays apaisé où délinquance, trafic, mouvements religieux et sectes, mouvements populaires soient maîtrisés.
Il est malheureux de constater que sur tous ces points le bilan est calamiteux. Sur le plan économique, tandis que l’Allemagne ou la Suède diminuaient la part de dépenses publiques dans le PIB, la France passait de 52,6 à plus de 56% pendant le dernier mandat, avec une dette qui explosait de 1100 à 1800 Milliards (86% du PIB) et des prélèvements obligatoires qui atteignaient un niveau record. Aujourd’hui comme hier, nos gouvernements semblent prisonniers d’un redoutable effet de ciseau : la diminution des dépenses, notamment en investissements, va amoindrir la demande. L’augmentation des charges et des impôts va affaiblir à la fois l’offre, la compétitivité et la consommation.


Le sauvetage de PSA avec le prêt de 5 à 7 milliards assorti de condition d’introduction de l’Etat dans les décisions stratégiques du groupe n’a de sens que si celles-ci ne sont pas contraires à la santé de l’entreprise et ne visent pas d’autres intérêts. Demander la non-fermeture d’Aulnay et le non paiement des dividendes aux actionnaires est le meilleur moyen de plomber encore plus l’entreprise. Les actionnaires vont fuir, le marché sanctionne déjà l’action, et maintenir un site non rentable ne fait qu’alourdir les charges du groupe. Le sauvetage de Ford par l’Etat américain s’était fait sous condition de fermer les usines non rentables ! 

La politique européenne qui tend au fédéralisme et une politique économique commune ne peut se traduire par le slogan « Achetez français ». Le manque de culture économique et industrielle, se traduit par un amateurisme qui cherche à mettre en œuvre des solutions, non pas tournées vers le bien commun, mais adaptées à des buts électoralistes. En matière économique c’est la politique de gribouille. On augmente le plafond des dépôts d’Epargne au profit de fonds disponibles pour l’Etat donc en moins pour les entreprises. On veut augmenter la compétitivité et on augmente les impôts prévus en 2013 sur les sociétés de 37% par rapport à 2011. On a oublié que la politique de rigueur, c’est la diminution des dépenses publiques avant tout. On a oublié que la politique de l’emploi, ce n’est pas le soutien aux chômeurs mais aux travailleurs. On a oublié que la justice sociale, c’est d’abord du travail pour tous et non l’égalité dans la pauvreté et l’accès au chômage. 

On tergiverse dans des demi-mesures dans la peur de trancher dans le vif. On va préférer le bouclier fiscal à l’abolition de l’ISF, qui aurait été un signal fort, la défiscalisation des heures supplémentaires à l’abrogation des 35 heures. On préfère la gestion hôtelière des prisons et les gadgets électroniques de la Loi Pénitentiaire à une réforme en profondeur du code pénal incluant la révision totale des Ordonnances de 45 sur la Justice des mineurs. On continue le développement coûteux du millefeuille territorial plutôt que de repeigner dans un audit global ses domaines de compétence les mieux adaptés aux différents niveaux territoriaux, de simplifier le circuit et la gestion des dossiers et de supprimer les doublons ou saucissonnages inutiles.

On vide les prisons pour résoudre le problème de surpopulation carcérale. On augmente le nombre d’enseignants, on chamboule une nouvelle fois les jours d’école et les programmes, pour résoudre un problème d’autorité  et de qualité d’enseignants, démotivés et mal payés, et un problème de société. On veut rendre libre la consommation du cannabis dans des lieux adaptés, sous prétexte de santé, pour lutter contre la mafia et les trafics, lesquels sauront facilement attirer les clients par des produits plus attractifs.

On veut garder une voix indépendante de la France dans le monde et on se lit à l’OTAN sous obédience américaine. Ce lien nous engage à ses côtés, ou à sa place, dans des conflits qui n’ont rien à voir avec la défense du territoire et ne sont que des ingérences dans des pays reconnus internationalement et dans lesquels nous envenimons les conflits. On s’épuise dans ces combats où nous perdons notre argent et des soldats pendant que notre armée voit ses moyens vieillir et de moins en moins fiables par manque d’argent pour les renouveler.

On continue une politique d’immigration et de multiculturalisme qui injecte dans notre pays une culture qui s’intègre de moins en moins au fur et à mesure de la croissance de ses représentants. Nous leur offrons le chômage et les ghettos, facteurs favorables au déni d’identité française, à la révolte, à la délinquance et au terrorisme. Nous donnons à des puissances arabes les facilités de s’implanter dans notre pays en fermant les yeux sur les buts cachés de ces puissances étrangères. A cela nous opposons une politique sécuritaire renforcée basée non sur les racines du mal mais sur une augmentation des effectifs policiers.

Comment peut-on espérer qu’avec de tels responsables politiques la France ne soit pas dans la pente descendante dans tous les indicateurs économiques, scolaires, sécuritaires, militaires et de rayonnement mondial ? La France ne le mérite pas et  nous sommes coupables de faire confiance à ces élus qui ont été toujours nourris par l’administration publique, sans expérience économique et industrielle, et dont les visions formatées nous conduisent vers l’extinction de notre pays.

Amateurisme, enfumage, incohérence, incompétence, dépendance

Sont leurs modes de conduite dans un besoin croissant …

De déni de démocratie.

Claude Trouvé
Coordonnateur du MPF Languedoc-Roussillon