jeudi 3 août 2017

Arrêtons la gabegie et l’aveuglement ! (5ème partie)



Après la gabegie sur notre souveraineté que montre la ponction sur le budget des Armées et des promesses pour plus tard, dont on se doute qu’elles seront sujettes à un renoncement que l’on justifiera facilement par des circonstances « exceptionnelles », il faut revenir sur un engagement financier très lourd que représente le plan de transition énergétique. On ne parle plus de quelques milliards gagnés une fois pour toutes sur une année mais, d’ici 2025, de dizaines de milliards voire plus. C’est de l’ordre, au bas mot, de 4,5 milliards que l’on engage cette année. La Cour des Comptes a fait savoir que les 50 milliards prévus au plan étaient sous-estimés. Je ne reviens pas sur les arguments qui justifient mon climato-scepticisme. La communauté scientifique est bien loin d’être unanime quant à l’évolution sur le long terme du réchauffement prévisible et à son origine ciblée comme anthropique. Il faut au moins reconnaître que ces choix du réchauffement et du CO2 entraînent des conséquences financières énormes dont on a le droit de se poser la question de savoir si elles sont justifiées.

Admettons néanmoins que ces choix s’imposent. Personne ne peut contester que la France soit en faillite si on lui demande de rembourser sa dette aujourd’hui. Elle devra d’abord prendre dans nos poches nos épargnes et nos assurances-vie pour pouvoir justifier à l’UE qu’elle ne peut pas faire plus. Le principe en est d’ailleurs prévu dans les textes de l’UE et dans la loi française désormais. Par ailleurs la France se vante d’être l’un des pays européens rejetant le moins de CO2 dans l’atmosphère et le diminuer encore aura un effet quasi-négligeable sur la teneur mondiale en CO2 anthropique. Pourquoi se vouloir en pointe quand le premier pollueur, les Etats-Unis, rejette les accords de Paris ? Pour montrer l’exemple ? Bien, mais est-ce vraiment une priorité quand on est en faillite ? Le ministère de l’Enseignement supérieur vient de voir ses crédits de paiement amputés de 331 millions d’euros. Parallèlement, le ministère a annoncé la mise en place d’un programme de recherche sur le changement climatique doté de 60 millions d’euros qui permettra de financer les travaux de 50 chercheurs pendant cinq ans. Si je compte bien, cela veut dire que tous les autres travaux de recherche vont être amputés de 391 millions au total. L’Allemagne a un budget excédentaire et est l’un des principaux pollueurs de l’UE avec un taux de CO2 émis bien supérieur au nôtre. Ne serait-ce pas normal que ce soit elle qui paye cette recherche ? 

Voilà un exemple typique de gabegie pour des raisons d’orgueil mal placé qui n’amènent rien à notre peuple mais qui permettent de parader au niveau mondial en se servant financièrement sur notre niveau de vie.  Mais ce n’est pas tout, la transition énergétique s’est donnée des objectifs coûteux et un plan irréalisable de passage à 50% de nucléaire en 2025 compensé par des énergies renouvelables. J’ai écrit de nombreux articles sur ce sujet mais il faut simplement retenir ceci qui est prouvé par les chiffres officiels publiés par le réseau de distribution d’électricité : la production française de 1 kWh d’énergie renouvelable entraîne celle de 1kWh d’énergie thermique, énergie de compensation de l’intermittence aléatoire des EnR. Par conséquent l’obtention d’une diminution de l’émission anthropique de CO2 est physiquement impossible dans une politique de remplacement du nucléaire, qui n’émet pas de CO2, par des EnR. Le résultat obtenu sera la diminution par 2 du risque de catastrophe nucléaire, mais avec une augmentation de l’émission de CO2 et autres polluants, et un investissement financier très lourd.

Si ce risque, dans le pays le plus nucléarisé par habitant exploitant des centrales nucléaires depuis plus d’un demi-siècle sans accident référencé sur l’échelle internationale des incidents-accidents nucléaires, est néanmoins considéré comme insupportable, c’est un plan de fermeture totale des centrales qu’il faudrait envisager d’urgence. La politique énergétique allemande se solde actuellement par une dépense d’environ 500 milliards pour atteindre 30% de la production électrique par des EnR. Malgré cela l’Allemagne continue d’avoir un taux d’émissions de CO2 comparable à celui d’un des plus gros émetteurs de la planète (les Etats-Unis) : près de 500 g de CO2 par kilowattheure. C’est donc vers une dépense supplémentaire lourde que se dirige notre pays dans une période d’austérité sans espoir d’atteindre l’objectif de diminution du CO2.

Mais de plus des climatologues de renom ont pointé les limites des scénarios reposant exclusivement sur l’utilisation des énergies renouvelables. Selon eux, impossible de rester sous la barre des 2°C sans utiliser toutes les technologies bas-carbone disponibles aujourd’hui comme le nucléaire. L’Agence Internationale de l’Énergie AIE plaide ainsi pour que l’énergie nucléaire soit de nouveau incluse dans les programmes de transition énergétique. L’agence souhaite également que l’atome bénéficie d’un soutien politique « clair et cohérent » pouvant permettre de continuer l’exploitation des centrales existantes et la construction de nouvelles installations. Dans ce contexte, la fermeture anticipée de centrales nucléaires pouvant continuer à produire une électricité sans CO2 est une mauvaise nouvelle. L’AIE qualifie même ces décisions de « menaces majeures » pour atteindre l’objectif des 2°C.
 
Donc que l’on soit pour ou contre le réchauffement climatique, pour ou contre son origine anthropique, la politique énergétique française est incohérente et va nous conduire à une gabegie financière d’un montant équivalent à celui de l’Allemagne qui profitera aux lobbies et fera monter notre prix du kWh au niveau de celui de notre voisine, soit près de deux fois le prix actuel. Le seul problème c’est que malgré cette dépense supplémentaire l’Allemagne a un budget excédentaire, et que le nôtre est déficitaire. C’est toute la différence ! 

Il est très probable que la France ne pourra jamais mettre en œuvre ce programme pour des raisons budgétaires, car l’horizon s’assombrit de plus en plus du côté des faillites bancaires dans l’UE et cette dernière a réellement pris au sérieux le danger. Après la directive prise d’associer les épargnants aux faillites bancaires après ponction des actionnaires pour tous leurs comptes bancaires au-dessus de 100.000 euros comme pratiqué à Chypre à titre d’essai, l’UE envisage le blocage provisoire des comptes bancaires pour éviter la ruée des retraits d’argent qui ont poussé la Banco Popular à la faillite. Ceci vient d’être révélé par l’agence Reuters à partir de documents officiels européens. Ce qui veut dire que le danger est imminent alors que 70% des banques européennes sont en état de faillite selon Charles Gave. D’ailleurs l’Italie vient déjà de renflouer ses banques et demande l’aide de l’UE.

Pendant ce temps Macron visite les enfants qui n’ont pu prendre des vacances, une communication apaisante quand sa cote de popularité fond comme neige au soleil. Il faut vite sortir de l’aveuglement, car nous avons élu un Président qui n’a ni la compétence, ni la volonté de protéger son peuple mais seulement de suivre les directives germano-américaines qui font l’essentiel de l’action de l’UE. Les taux d’emprunt négatifs et le déversement de liquidités par les obligations d’État à compter encore de 60 milliards par mois ne peuvent qu’aboutir à la catastrophe pire qu’en 2008 qui se prépare. L’économie réelle est en très grande partie déconnectée de la spéculation qui se nourrit de cette monnaie de singe.

L’heure des comptes « bancaires » va bientôt sonner. 

La gabegie de l’État montre un pays sans cap

Où l’éclatement de la bulle bancaire 

Va longtemps paralyser le pays

Et nous naturaliser grecs !

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

mercredi 2 août 2017

Arrêtons la gabegie et l’aveuglement ! (4ème partie)



Après avoir montré à quel point la France a été mal gouvernée et à quel point l’enfumage du peuple masque sa réelle situation économique et financière, qui nous donne la perspective grecque plutôt qu’allemande, j’espère avoir modestement contribué à donner des arguments à ceux qui n’ont pas fermé les yeux. Pour le autres seul un choc frontal touchant à leur porte-monnaie peut encore les réveiller mais pour eux le réveil sera encore plus brutal et destructeur. Le ciel leur tombera sur la tête car ils croient encore que les nuages qui s’amoncellent vont pleuvoir de l’or dès le Printemps promis. Dans l’article précédent j’ai affirmé que l’État ne montre pas l’exemple car il refuse les restructurations en profondeur du millefeuille administratif et se refuse à couper dans la gabegie des dépenses de copinage dans les missions, commissions et groupes de travail créés et maintenus en dehors de tout contrôle d’efficacité et même d’utilité. Je pense par exemple à notre nouvelle ambassadrice des Pôles qui jette un froid sur la politique d’austérité.

Mais il y a d’autres sources de gabegie et il me faut une nouvelle fois pointer la politique économique française qui s’est axée sur un pillage des ressources de la classe moyenne avec des résultats dont désormais par l’expérience on voit qu’ils n’ont d’impact significatif que sur le niveau de vie des français. Ce privilège d’échapper à l’impôt donné aux grandes fortunes et aux multinationales, ne fait qu’augmenter les inégalités. De plus une grande partie sort du territoire français. 46% des cadeaux fiscaux toucheront les ménages des 10% les plus aisés tandis que 4,5 milliards (chiffre du gouvernement) à 10 milliards (étude indépendante) de baisses d’impôts sur le capital concernent uniquement les 0,1 % les plus riches. Penser, que la loi travail, par la flexibilité plus grande du marché du travail, va donner un grand coup de pouce à l’économie est un leurre selon les derniers rapports de l’OCDE. Ce qui est sûr c’est qu’elle augmente la précarité d’emploi des salariés et diminue la défense de leurs droits, ce qui est en réalité le but recherché. D’ailleurs cette loi n’est pas la priorité des PME-TPE et est même le dernier de leur souci selon l’enquête de l’INSEE conduite auprès de 10 000 chefs d’entreprises de taille variées. Ce n’est évidemment pas le cas du Medef qui représente essentiellement les multinationales. 

Ces PME-TPE se soucient d’abord des carnets de commande comme premier frein à l’embauche, suivi de la formation des candidats et enfin du coût du travail. Leurs carnets de commande sont d’autant mieux remplis que le peuple a les moyens de consommer, car leur marché est majoritairement tourné vers l’intérieur. La voie dans laquelle nous nous engageons plus avant encore profite essentiellement aux riches et aux multinationales dont l’argent fuit notre pays pour aller vers les paradis fiscaux et les investissements à l’étranger permettant entre autres les délocalisations. Il s’agit d’une gabegie mais voulue et organisée. Donald Trump, dont la presse occidentale s’ingénie à dire pis que pendre, a pourtant bien compris que l’argent du peuple donné ainsi lui échappe définitivement et sans retour. Il a compris qu’attirer l’argent et les entreprises étrangères par des facilités fiscales non seulement vient en concurrence de ses entreprises américaines mais enlève de la sécurité économique. De même chez nous ces investisseurs se livrent toujours au plus offrant et retirent leurs billes encore plus vite que pour les mettre, et du jour au lendemain nous nous trouvons gros jean comme devant. C’est sur notre territoire que l’accroissement de notre tissu industriel, d’innovation et de recherche, doit être privilégié. « America first » c’est aussi « France d’abord ».

Ce n’est pas une victoire de voir nos vignes passer sous contrôle chinois mais au moins notre sol ne peut pas être délocalisé. On voit apparaître en filigrane la notion de frontières qui délimite la zone de souveraineté d’un Etat. C’est bien elles qui sont dans l’objectif de destruction d’une « élite » mondiale car elles constituent un frein à l’augmentation de sa richesse et à l’asservissement global des peuples. La France tombe par perte de son patrimoine et de ses richesses de savoir-faire industriel sur son territoire. La délocalisation est un acte de défaite dans un contexte de croissance molle. Combler le déficit budgétaire par une perte de patrimoine est une action de facilité, comme les taxes et impôts, action qui se répète sans cesse dans le court terme. C’est une gabegie qui montre que l’objectif de nos gouvernants n’est que de satisfaire ceux qui pompent notre travail et notre argent vers le haut grâce à Bruxelles et à la BCE, les vrais capitaines du navire France. 

Cela se voit aussi dans le choix des coupes budgétaires sur les ministères. Le rabot sur la formation et la recherche est contraire aux désirs des entreprises lesquelles font la part stable de notre richesse. Si l’allocation des ressources à la formation ne donne pas les résultats escomptés, c’est qu’elle mérite vraiment d’être repensée en incluant l’apprentissage qui a montré son efficacité en Allemagne. Il en est de même sur l’Education où le rabot passe aussi sur ce qui est l’essence même de la politique à long terme pour un pays. Les promesses de dédoublement des enseignants dans des classes difficiles demandent un effort budgétaire, car pratiquement on ne peut pas donner beaucoup de crédit à une mesure de redéploiement des enseignants même si le nombre d’élèves s’avère un peu moins important que pour l’année écoulée. C’est du bricolage qui va se terminer par quelques opérations pilote. Avec moins d’argent, l’Education nationale doit trouver plus d’argent pour être réellement efficace ! Cela n’attendra pas le Printemps Macron, il le faut en septembre 2017. Je pose simplement la question suivante : « Pourquoi a-t-il fallu embaucher plus d’enseignants sous Hollande si cela pouvait être résolu par un « redéploiement » ?

Mais on peut parler des Armées où là on est en train de noyer le poisson en faisant croire que si le budget est raboté cette année plus que sur les autres, il va croître comme par enchantement dès 2019 jusqu’en 2025. Voilà un Président, qui comme son prédécesseur, fait des promesses au-delà de son mandat. Veut-il simplement dire par là qu’il sera le prochain Président en 2022 ? Si ce n’est pas le cas les promesses tomberont à l’eau. Macron pratique honteusement le « demain on rase gratis ». A mon avis ce qui est prévu est bien plus grave encore que l’appauvrissement de nos Armées qui se voient chargées de missions de plus en plus lourdes et diverses tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. La perspective d’une Armée européenne prend corps dans la stratégie allemande. L’Allemagne augmente substantiellement son budget militaire, la France le diminue. L’Allemagne va vers des budgets publics excédentaires, la France vers des budgets déficitaires ou équilibrés par des coupes sombres sur les dépenses et investissements publics. Que croyez-vous qu’il se passera si les deux pays accolent leurs armées ? Qui amènera l’argent nécessaire à la maintenance des matériels, à l’augmentation des effectifs, à la modernisation des équipements ? L’Allemagne en prendra la plus grande part tout simplement parce qu’elle a la puissance financière pour le faire. Qui commandera réellement cette armée européenne ? L’Allemagne. 

Comment peut-on imaginer que l’Allemagne accepte de n’avoir alors aucune influence sur l’utilisation de l’arme nucléaire française ? Nous sommes devant une gabegie de notre souveraineté, car notre présence dans l’OTAN suggère déjà que nous ne pouvons rien faire réellement seuls sans un blanc-seing américain. Sous la double tutelle germano-américaine, la France versera son sang sur ordre de puissances étrangères. Nos équipements sont déjà de plus en plus européanisés ou américanisés et nous devenons de moins en moins autonomes. La production d’armes sur notre territoire va dans le sens de la décroissance, le nombre d’emplois et ces rentrées fiscales aussi.

La France de Macron fait de la communication nationale et internationale, comme le coq qui chante avec les deux pieds dans la me… . Le Printemps des promesses ne dure pas longtemps. En effet la France se débat dans le carcan d’une monnaie trop forte et une incapacité à mettre en œuvre des réformes structurelles significatives dans son fonctionnement. Nous n’échapperons donc pas à la dure réalité d’une France dont la compétitivité ne peut être soutenue par l’aide publique financée par l’impôt et les taxes prélevées en majeure partie sur la classe moyenne active ou retraitée.

On ne peut mener une politique d’austérité 

Et augmenter les dépenses publiques

Que de deux manières évidentes : 

Augmenter les recettes fiscales

Ou continuer à s’endetter 

Quand on n’a pas la clé

De la compétitivité.

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF Languedoc-Roussillon