Le 22 mars nous allons voter ou tout au moins nous
sommes sollicités pour le faire, guère par l’Etat mais par les partis
politiques qui n’incitent qu’à voter pour eux, ce qui est différent. Le plus
grand nombre d’entre nous votera par conscience civique, mais le premier parti
de France restera celui de l’abstention. Il est nourri par la désespérance dans
nos partis politiques et par les médias qui pratiquent plus le copier-coller
que le journalisme d’investigation. Alors on reparle du vote obligatoire comme
en Belgique ou en Australie comme d’un remède de médecine alternative quand le
malade a consulté sans succès plusieurs médecins allopathes. Toutefois on
attend toujours la prise en compte des votes blancs qui n’a nul besoin du vote
obligatoire.
Il faut bien reconnaître que notre Président ayant
obtenu une petite majorité avec seulement 75% des votes exprimés n’a finalement
été élu que par 39% de la population. Il ne représente donc pas la majorité du
peuple français. Il est normal qu’avec le mode de calcul sur les seuls votes
exprimés on n’incite pas les hésitants à aller voter. En fonctionnement
vraiment démocratique, ce mode de scrutin où il y a 25% d’abstention et de
bulletins nuls ou blancs, il devrait être exigé plus de 68% des voix. On
repense aux scores du Général De Gaulle. Pour les autres élections, hors
communales, le taux d’abstention est beaucoup plus élevé et donc la
représentativité des élus beaucoup plus faible. Ceci introduit un facteur
d’instabilité qui voit se succéder des majorités gauche ou droite
alternativement, les uns et les autres n’ayant souvent pas eu le temps de faire
leurs preuves ou passant leur temps à rechercher une clientèle plutôt que
d’œuvrer pour le bien commun.
Néanmoins nous associons facilement la démocratie à
la liberté de voter pour désigner des représentants du peuple, ou plus
précisément des citoyens, ce qui n’inclut pas les résidents et pose le problème
du vote des étrangers. Ces représentants sont supposés représenter la volonté
du peuple. Sans contrôle fréquent par la voie référendaire, ceux-ci disposent
de nos votes comme bon leur semble. Nombre de leurs décisions ne sont pas
connues de leurs électeurs. La souveraineté du peuple, le pouvoir du peuple par
le peuple selon Abraham Lincoln, est alors une illusion, un mirage d’où le
peuple sort au gré des élections qui lui sont attribuées. Bruno Le Maire
prétend que nous sommes désormais sous une monarchie technocratique voulant
stigmatiser le poids de l’Administration qu’elle soit française ou européenne.
En fait avec le développement du mondialisme nous
sommes plutôt entrés en oligarchie. Le pouvoir est entre les mains de la
Finance, celui des banquiers, celui des Banques centrales dont ils font partie.
Il n’est que de voir le comportement de la Bourse et de la monnaie pour voir
que ceci n’a qu’un rapport lointain avec la richesse produite par le travail. La
Fed a inondé le monde de liquidités, créées sans contrepartie ce que l’on
appelle de la monnaie de singe, argent qui en fait n’est que contenu dans les
ordinateurs des banques. Cela a fait grimper la Bourse sans relation
équivalente avec la croissance américaine et enrichit les grandes institutions
de spéculation dont les banques. Quand celle-ci juge qu’un effet suffisamment
positif a été obtenu, elle diminue les fameux QE et… passe le relais à
l’Europe, donc à la BCE. Celle-ci contourne ses statuts, qui lui interdisent de
prêter directement aux Etats, et leur achète des obligations. Aussitôt la
Bourse bondit rien qu’à l’effet de l’annonce prochaine et, devant le
déversement de liquidités l’euro plonge car lui ce n’est pas une monnaie de
référence, selon la loi bien connue disant que plus il y a de monnaie émise
plus la valeur de celle-ci diminue.
Tout ceci a-t-il un rapport avec la bonne santé de
l’économie européenne ou française ? Sûrement pas dans la brutalité de ces
actions ni même dans l’impact sur celles-ci. Aux Etats-Unis on a d’ailleurs pu
mesurer que sur 5 dollars émis, un seul nourrissait la croissance. Les maîtres
de notre destin sont désormais entre les mains d’une oligarchie de banquiers
centraux qui n’ont rien à faire de la démocratie et procèdent pas diktats. En
une quinzaine d’années, la soumission des ressorts démocratiques aux méandres
de la finance ne peut être contestée. Les éloges de la démocratie sont
dorénavant réservés aux discours préélectoraux ou justifiant des guerres. Mais
dans les faits le concept démocratique semble bel bien se déliter tendant à
disparaître de pans entiers de la société.
- Pourquoi croyez-vous que le PIB/habitant du Luxembourg est trois fois celui de la France et deux fois celui de l’Allemagne ? Un scandale majeur a éclaté récemment concernant le Luxembourg. Des centaines de firmes -principalement transnationales- auraient signé des accords très avantageux avec le fisc luxembourgeois. Cette pratique -si elle devait être avérée- ferait du Luxembourg un pays de simple domiciliation d’entreprises et de transit financier pour de simples raisons fiscales. L’ironie de l’histoire est que l’actuel président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, n’est autre que le premier ministre qui était en charge au moment où se serait déroulée cette pratique fiscale déloyale.
- Pourquoi croyez-vous que la Grèce est tenue à bout de gaffe ? Ce peuple est débiteur involontaire d’une dette contractée auprès des financiers de la planète. Depuis quelques semaines, les banques grecques capables de racheter de la dette publique n’ont plus accès aux marchés financiers. Celui-ci est bloqué par la BCE. C’est donc une sorte d’embargo qui est mis en place aussi longtemps que la Grèce et son peuple ne se soumettent pas à un budget et une stratégie dictés par des tiers. Que devient la souveraineté du peuple et la démocratie ? Voici la réponse du nouveau président de la Commission européenne au lendemain des dernières élections grecques: « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » Dont acte.
On peut ajouter aux banquiers, les grandes
multinationales qui pratiquent l’optimisation fiscale. Il est tout à fait légal
de créer des sociétés dites « offshores » dans les vrais paradis
fiscaux dont le taux d’imposition ne dépasse pas le 0%. Ces sociétés ne créent
aucun emploi et n’en font perdre aucun non plus. Elles sont juste là pour faire
faire un détour aux flux financiers d’une entreprise réduisant de manière
significative son imposition dans son pays d’origine. Enfin, s’il devait y
avoir le moindre doute sur la fin des démocraties qui met le peuple au cœur de
la vie politique, voici une étude faite par une équipe de Princeton University
qui dénie aux peuples la capacité d’autogestion… Il y est dit ceci : « L’analyse multivariée indique que les élites
économiques et les groupes organisés représentant des intérêts commerciaux ont
des impacts indépendants importants sur la politique du gouvernement des
États-Unis, tandis que les citoyens moyens et les groupes d’intérêt fondées sur
la masse n’ont que peu ou pas d’influence indépendante. Les résultats fournissent un appui
substantiel en faveur des théories de la domination par l’Elite-économique et
pour les théories de pluralisme biaisé, mais pas pour les théories de la
démocratie électorale Majoritaire ou pluralisme majoritaire ».
Voilà tout est dit. Le choc des civilisations du
21ème siècle est bien moins celui du fait religieux que celui de l’abandon de
la démocratie en Occident ! Allons voter pour les jeux du cirque que
proposent nos élus pour un peuple désabusé… Savent-ils eux-mêmes qu’ils n’en sont
que les acteurs, que les meilleurs survivront mais que dans la tribune il y en
a qui peuvent diriger leur pouce vers le sol et sont leurs jouets ?
Plus
le mondialisme avance, plus la démocratie recule,
Et plus
une technocratie est aux ordres pour…
Priver
le peuple de démocratie !
Claude Trouvé
Coordonnateur
MPF du Languedoc-Roussillon
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